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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 30.10.2026 à 15h01 | Mis à jour le 30.10.2026 à 15h02
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    Marc Oremus (à gauche), responsable du bureau WWF France en Nouvelle-Calédonie, et Yann Laurans, directeur des programmes de conservation du WWF France, reviennent sur vingt-cinq ans d’action de l’antenne calédonienne et les priorités des prochaines années. Photo Julien Mazzoni
    Créé en 2001 autour de la sauvegarde de la forêt sèche, le bureau calédonien du WWF France travaille aujourd’hui aussi sur les rivières, le lagon et les espèces menacées. Cinq salariés et quelque 350 bénévoles font vivre l’antenne, qui fête ses 25 ans le samedi 31 octobre au parc zoologique et forestier.

    Des racines dans la forêt sèche

    C’est dans la forêt sèche que l’antenne calédonienne du WWF a pris racine. À la fin des années 1990, plusieurs missions menées par le WWF France et le WWF américain s’intéressent à cet écosystème déjà fortement menacé. Quelques projets plus tard, l’organisation décide de s’implanter durablement.

    En 2001, elle installe un bureau permanent en Nouvelle-Calédonie. "Le choix a été fait de s’installer de façon plus pérenne pour y développer des projets de conservation de la nature", retrace Marc Oremus, qui dirige l’antenne.

    L’antenne compte aujourd’hui cinq salariés. Une petite équipe locale, mais qui peut s’appuyer sur des compétences et des financements extérieurs. "À Paris, on s’occupe de mettre tout ça en musique, de trouver l’argent, de lancer les opérations et de guider la stratégie générale. Mais les mains sur le terrain, ce sont eux", résume Yann Laurans, le directeur des programmes de conservation du WWF France, actuellement en visite sur le Caillou.

    Il a ensuite fallu adapter ces moyens au contexte calédonien. Réglementations, financements, partenariats… "On ne fonctionne pas et on ne travaille pas de la même façon dans le Pacifique Sud que dans les Alpes", souligne Marc Oremus.

    Après toutes ces années, la forêt sèche reste l’un des dossiers historiques de l’antenne. En juillet 2025, la province Sud et le WWF formalisaient ainsi plus de vingt ans de partenariat autour de sa préservation.

    Vingt-cinq ans de protection et de restauration

    Depuis, l’association a considérablement élargi son action. Forêts humides, rivières, tortues, dugongs, récifs… Le WWF s’est progressivement investi sur d’autres fronts.

    Sur la terre ferme, la ligne est toujours la même : protéger ce qui peut encore l’être et restaurer ce qui a été dégradé. Cela passe par les pépinières, la production de plants, les opérations de reboisement ou l’accompagnement d’acteurs locaux.

    Mais Marc Oremus ne mesure pas le chemin parcouru en hectares sauvés ou restaurés. "Une des grosses satisfactions du travail qui a été réalisé, c’est d’avoir noué et entretenu des liens sur ce temps long, qui permettent de travailler dans une relation de confiance et d’aller plus loin."

    Le WWF a également accompagné plusieurs démarches d’aires protégées, du Ouen Toro aux réserves naturelles et intégrales du parc naturel de la mer de Corail, en passant par les premières aires marines cogérées de province Nord.

    Parmi les autres chantiers auxquels participent également le WWF, le financement ou l’accompagnement de travaux sur les tortues marines, certaines plantes rares ou encore les dugongs.

    Enfin, depuis plus de dix ans, la problématique des incendies mobilise activement le bureau calédonien de la fondation. "On a besoin de réussir à la fois à sensibiliser, mais aussi à mobiliser le grand public et les associations pour pouvoir inverser la tendance" sur ce sujet, insiste Marc Oremus.

    Pour mener tous ces combats, les cinq salariés ne sont pas seuls. Ils peuvent notamment s’appuyer sur une petite armée de 350 bénévoles, sans oublier le soutien de nombreux donateurs. "Les Calédoniens font partie des publics très généreux", relève à ce propos Marc Oremus, qui reste cependant sévère quant aux moyens engagés dans la protection de l’environnement, qui est encore à ses yeux "un parent pauvre, trop souvent une variable d’ajustement".

    La feuille de route 2026-2030

    D’autant qu’en vingt-cinq ans, les priorités ne sont plus le mêmes. Si au début des années 2000, rappelle Yann Laurans, les atteintes étaient surtout visibles à terres - incendies, érosion, activités humaines… - et que "le milieu marin se portait encore relativement correctement, depuis, il y a vraiment une urgence à agir également sur ce milieu".

    Le mode d’action a lui aussi évolué en parallèle. Il y a trente ou quarante ans, explique le directeur, il fallait encore obtenir des lois, des normes et des espaces protégés. Désormais, beaucoup de textes existent, et la "question reste celle de leur mise en œuvre. Et pour ça, il faut de l’argent." Car modifier une pratique agricole, un mode de production ou une habitude de consommation implique souvent d’accompagner ceux à qui l’on demande un effort. "Il ne suffit pas d’interdire ou de réglementer pour que ça fonctionne", insiste Yann Laurans.

    C’est dans ce contexte que le WWF prépare son programme 2026-2030. Et pas question pour Marc Oremus de disperser l’énergie. "L’idée, ce n’est pas de faire des listes au père Noël avec des ambitions inatteignables, prévient-il, mais plutôt de passer la seconde" sur les dossiers déjà en cours.

    Les ripisylves, ces forêts qui bordent les cours d’eau, en font partie. À Bourail, le WWF travaille avec des agriculteurs et plusieurs partenaires à la restauration des berges de la Néra, notamment au travers du projet Perenne.

    Reste un défi qui dépasse tous les autres, l’adaptation. "Le Pacifique, c’est l’avant-poste du changement climatique", rappelle Yann Laurans. Peu responsables des émissions, mais parmi les plus exposés, les petits États insulaires ont dû apprendre plus tôt que les autres à composer avec ses effets. La Nouvelle-Calédonie, elle aussi, doit faire face à cet enjeu et le WWF compte bien y apporter sa contribution.

    Samedi, trois heures pour parcourir la biodiversité locale

    Le WWF fête ses 25 ans ce samedi 31 octobre à partir de 14 heures au parc provincial zoologique et forestier, à Nouméa. L’entrée y sera gratuite pour l’occasion.

    Jusqu’à 17 heures, trois pôles seront proposés autour des forêts de la côte Ouest, des forêts humides de la Chaîne et des récifs, du lagon et de l’océan profond. Caledoclean, l’Agence calédonienne de la biodiversité, Dumbéa Rivière vivante, l’OEIL, SOS Mangroves, le parc naturel de la mer de Corail ou encore l’Office français de la biodiversité proposeront jeux et animations.

    À partir de 17 heures, place aux prises de parole, au gâteau d’anniversaire et à un théâtre-forum consacré à la biodiversité avec la troupe Pacifique et Compagnie. Enfin, Juliette Collet, Miss Calédonie 2025 et première dauphine de Miss France 2026, est également annoncée.

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