• © 2019 AFP | Crée le 22.11.2019 à 20h57 | Mis à jour le 22.11.2019 à 21h00
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    Manifestation des salariés de Whirlpool, lors de l'arrivée d'Emmanuel Macron dans sa ville de naissance, à Amiens, le 21 novembre 2019le DENIS CHARLET-AFP/Archives

    "J'ai dit la vérité": de retour sur le site de l'ex-usine Whirlpool, dans sa ville natale d'Amiens, Emmanuel Macron a défendu pied à pied à son engagement face à d'ex-salariés, ulcérés et l'accusant d'avoir été "berné" par le repreneur en liquidation.

    Peu après son arrivée dans l'usine, Macron a eu un échange musclé avec les ex-Whirlpool. "Tout a été vérifié", leur a répondu Emmanuel Macron, affirmant n'avoir "aucun regret".

    Avec eux, le député Insoumis de la Somme François Ruffin. L'élu avait estimé, peu avant l'arrivée du chef de l'Etat, que "venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu'ils seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron, comme s'il était un citoyen lambda (…) est déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois".

    "Moi j'ai dit la vérité à Whirlpool. (...) Est-ce que j'ai dit: on va tous vous sauver, on va garder l'entreprise ? Non. J'ai dit: ceux qui vous disent ça vous mentent", avait martelé le chef de l'Etat, quelques minutes avant de se revenir sur les lieux de son déplacement de campagne le plus emblématique.

    "Je leur ai dit: on va s'engager pour vous", a ajouté le président, qui fait face à un contexte social tendu avant la journée de grève du 5 décembre.

    En visite à Amiens dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2017, M. Macron avait été devancé de quelques heures par un déplacement surprise de sa rivale Marine Le Pen, venue au contact des salariés en colère de l'établissement en grande difficulté. M. Macron lui avait répondu en échangeant à son tour avec des employés sur le parking de l'usine, dans une ambiance de fumée de pneus et sifflets stridents.

    M. Macron était revenu en octobre 2017 pour une visite avec un repreneur, largement aidé par l'Etat. Mais cette entreprise (WN), de l'industriel picard Nicolas Decayeux, a été liquidée en août 2019, faute de débouchés commerciaux. Elle employait alors 182 personnes.

    "Il y a eu un premier projet mais il n'a pas été au bout. Ce n'est pas la faute de l'Etat ou des services de l'Etat", a plaidé M. Macron, soulignant que ce n'est "pas l’État qui embauche les gens quand les choses vont mal".

    Le chef de l'Etat a entamé dans la foulée une nouvelle visite du site désormais occupé par l'entreprise Ageco Agencement, spécialisée dans l'agencement pour la grande distribution et les collectivités, qui a embauché 44 anciens WN.

    Jeudi, certains ex-salariés de l'usine ont défilé avec des "gilets jaunes", lycéens, militants CGT et Sud-Solidaires dans le centre-ville d'Amiens. Une petite centaine de manifestants ont tenté de rallier la Citadelle où le chef de l'Etat a inauguré le site de l'université mais ont été bloqués par les forces de l'ordre.

    - "Demander des comptes" -

    "À #Whirlpool, #Macron viendra contempler le fiasco de SA politique: celle qui ne met aucune limite à la mondialisation sauvage et qui abandonne l’industrie française", a twitté son adversaire à la présidentielle Marine Le Pen.

    Pour sa première journée de visite à Amiens, Emmanuel Macron avait tenu jeudi à vanter les mérites de la France, regrettant un "pays trop négatif". "On a l'impression si on s'écoute collectivement, si on branche la radio ou qu'on allume la télé, que tout est terrible (…) En ce moment notre pays est, je trouve, trop négatif sur lui-même", a déclaré le chef de l'Etat en répondant à des étudiants lors de l'inauguration du nouveau site universitaire.

    Vendredi, le chef de l'Etat se rendra ensuite dans les quartiers populaires du nord de la ville pour inaugurer une maison France Services, qui regroupe plusieurs services publics comme la Poste, Pôle Emploi ou l'assurance-maladie.

    Et pour entamer sa journée, il s'est penché sur l'amélioration des dessertes ferroviaires dans la Somme, en s'entretenant avec le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Il devrait aussi annoncer la finalisation du financement, évalué à cinq milliards d'euros, du canal Seine-Nord, conçu pour faciliter le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. Ouverture prévue dans une dizaine d'années.

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