• © 2019 AFP | Crée le 14.01.2019 à 20h09 | Mis à jour le 14.01.2019 à 20h10
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    Photo fournie par la police bolivienne le 13 janvier 2019 de l'ex-activiste d'extrême gauche italien Cesare Battisti Handout-Polizia di Stato/AFP

    L'Italie attendait lundi à la mi-journée Cesare Battisti, ex-activiste d'extrême gauche condamné à la réclusion à perpétuité en Italie pour sa participation à quatre meurtres, expulsé de Bolivie après des décennies de cavale.

    L'avion qui doit ramener cette figure des "années de plomb" en Italie a décollé dimanche vers 17H00 locales (21H00 GMT) de Santa Cruz (est de la Bolivie), où il avait été arrêté samedi soir.

    L'appareil - un Falcon 900 siglé du drapeau italien - est attendu à l'aéroport romain de Ciampino vers 11H30 (10H30 GMT), ont annoncé les autorités lundi en début de matinée.

    Une photo diffusée par l'Italie le montre assis dans l'avion, l'air calme et apparemment sans menottes, une couverture sur les jambes.

    Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), et son collègue chargé de la Justice, Alfonso Bonafede, seront à l'aéroport, de même qu'une escorte de policiers pénitentiaires qui doivent conduire M. Battisti, 64 ans, à la prison de Rebibbia à Rome.

    "Cet infâme qui a passé des années sur les plages au Brésil ou à boire du champagne à Paris, a tué (entre 1978 et 1979) un maréchal de 54 ans, un charcutier, un joaillier et un jeune policier de 24 ans. Il doit moisir en prison jusqu'à la fin de ses jours", a déclaré M. Salvini dimanche soir à la télévision.

    "Maintenant, les victimes peuvent reposer en paix", a déclaré Alberto Torregiani, fils du joaillier assassiné sous ses yeux quand il avait 15 ans, et lui-même tétraplégique après avoir été blessé lors du drame.

    - "Criminel" et "arrogant" -

    En Italie, l'arrestation de M. Battisti a été unanimement saluée en Italie, à droite comme à gauche, en particulier parce que l'ancien chef des Prolétaires armés pour le communisme (PAC) clame son innocence et n'a jamais exprimé de remords.

    "Un criminel et un arrogant", a ainsi commenté Nicola Zingaretti, principal candidat à la présidence du Parti démocrate (PD, centre gauche), tout en réclamant la même fermeté contre les militants fascistes qui donnent de la voix et du poing en Italie ces derniers temps.

    Dans un communiqué dans la nuit, le ministre des Affaires étrangères, Enzo Moavero Milanesi, a remercié les autorités boliviennes et brésiliennes pour leur collaboration.

    Cesare Battisti avait été condamné une première fois au tournant des années 1980 à 13 ans de prison pour appartenance aux PAC, un groupuscule d'extrême gauche particulièrement actif à la fin des années 1970 et considéré comme "terroriste" par Rome.

    Evadé en 1981, il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtres. Après avoir passé près de 15 ans en France -- le président de l'époque François Mitterrand ayant promis de ne pas extrader les anciens militants ayant renoncé à la lutte armée --, il vivait au Brésil depuis 2004.

    Il avait refait sa vie dans ce pays où il a un jeune fils mineur de mère brésilienne, une paternité sur laquelle il comptait d'ailleurs pour le protéger légalement d'une extradition du Brésil.

    - "Il y en a tant d'autres" -

    Le 13 décembre, un juge de la Cour suprême du Brésil avait ordonné son arrestation "en vue d'une extradition". L'acte d'extradition avait été signé le lendemain par le président conservateur Michel Temer, auquel Jair Bolsonaro (extrême droite) a succédé le 1er janvier.

    Mais les autorités brésiliennes avaient perdu sa trace. Selon une source gouvernementale bolivienne, il est entré "de manière illégale dans le pays".

    Il a été repéré la semaine dernière à Santa Cruz, où les polices bolivienne et italienne ont préparé son arrestation.

    Une vidéo prise par la police italienne peu avant l'arrestation le montre déambulant dans la rue, titubant légèrement, méconnaissable derrière des lunettes noires et portant barbe et moustache.

    Il avait demandé le statut de réfugié politique à la Bolivie mais La Paz n'avait pas donné suite à sa requête.

    Pour M. Salvini, ce retour d'un ancien adepte de la lutte armée doit être "le début d'un parcours, parce qu'il y en a tant d'autres qui se promènent en Europe et dans le monde. Des gens condamnés trois ou quatre fois à la perpétuité et qui ont ouvert un restaurant, qui écrivent des livres...".

    Le ministre italien a précisé qu'il avait ainsi des noms à réclamer à la France.

    burs-fcc/lch

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