• | Crée le 01.08.2020 à 11h03 | Mis à jour le 01.08.2020 à 19h46
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    Photo Gislaine Arlie / archives LNC

    C'est une figure de Farino et de tout le Caillou qui vient de s'éteindre. Mamie Fogliani est décédée chez elle, cette nuit, à l'âge de 81 ans.

    Connue pour sa table d’hôte, mais aussi pour la création du marché de Farino, Eliane est née le 30 avril 1939, à Poindimié. Elle est la fille de Gaston Obry, réputé pour la hauteur de ses ignames et d’Eugènie Letocart. Elle est la neuvième de 14 enfants.

    En 1979, elle s’est installée à Farino, et quelques années plus tard, elle crée la fameuse table d’hôte « Chez Mamie ». Afin de faire gagner quelques sous à toutes les femmes de la région, elle monte avec sa fille Ghislaine, alors secrétaire de mairie, le marché de Farino. Mamie a eu en tout quinze enfants.

     

    De Poindimié à Farino

     

    L'histoire de Mamie Fogliani prend racine dans la vallée d'Ina, à Poindimié. « Mes grands-parents y sont arrivés en 1896 pour planter du café. Mais en fait, il sera plutôt question de bétail. J’ai eu une jeunesse merveilleuse. Nous étions pauvres comme Job mais très aimés », a-t-elle livré dans nos colonnes. De 9 à 13 ans, elle va à l’école, « mais après, il a fallu se mettre au travail. C’est pour cela que je me suis mariée à 16 ans avec Henri Fogliani », explique-t-elle.

    Séparée de son époux seize ans plus tard, Mamie rencontre André Crevissier avec qui elle va élever « sa tribu ». « Tous les jours, je remercie le Seigneur de m’avoir permis de rencontrer André qui a élevé mes enfants sans me faire un seul reproche. Sa seule exigence était qu’ils aillent à l’école. Aujourd’hui, ils sont tous diplômés et c’est notre fierté. »

     

    Mon but, en créant le marché de Farino, était d’attirer les gens de Nouméa.

     

    Arrivés en 1963 à La Foa, André et Mamie vont acheter quelques années plus tard un terrain à Farino, sur lequel ils construisent leur maison. Au départ, nous n’avions ni électricité, ni eau courante, encore moins de téléphone. Il fallait, par exemple, laver le linge à la rivière. Mais nous étions tous ensemble et très heureux. »

    C’est en en parlant avec ses enfants qu’elle trouve la solution pour permettre aux femmes de Canala, de Sarraméa et de Couli de gagner un peu d’argent : en ouvrant un marché. « Mon but, en créant le marché de Farino, était d’attirer les gens de Nouméa. Le premier dimanche, il n’y a eu que sept exposants. Aujourd’hui, le marché en compte quatre-vingts en moyenne. Et ce sont presque uniquement des femmes qui travaillent », ajoute-t-elle avec fierté. Et qui dit marché, dit visiteurs à nourrir… Mamie ouvre donc sa table d’hôte en mai 1988, et rencontre le succès qu’on lui connaît encore aujourd’hui.

     

     

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