• Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 26.06.2020 à 20h35 | Mis à jour le 01.07.2020 à 14h41
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    Photo Archives J.-A.G.-L.

    Deux cent soixante-treize jours d’attente. D’espoir et de crises d’angoisse. Neuf mois jour pour jour après la découverte du corps d’Edgard Chenot, retrouvé à l’arrière de sa maison d’Auteuil (Dumbéa) poignardé, sa famille peut enfin espérer connaître la vérité et croire en une justice qui n’a jamais lâché ce dossier. Autant de jours douloureux pour la famille de ce père de quatre enfants que de temps pour les gendarmes de la Section de recherches (SR) à remonter le temps et le fil d’une matinée, celle du 25 septembre 2019, où un homme a perdu la vie dans des circonstances bien mystérieuses. « Les enquêteurs sont partis de rien ou de vraiment pas grand-chose. Un minutieux travail a été réalisé », confie une source proche du dossier.

    « Cibles » identifiées
    Mercredi, le dossier a basculé. Après des semaines d’investigations, la SR a accéléré. Le feu vert d’une opération judiciaire d’importance, mobilisant plus de soixante gendarmes (SR, brigade de recherches, compagnie de Nouméa, mobiles), est donné. Plusieurs « cibles » sont identifiées. Dont l’une est aujourd’hui au centre de cette intrigue criminelle : l’ex-compagne d’Edgard Chenot. Cette femme d’une quarantaine d’années a été arrêtée et placée en garde à vue (lire ci-contre) avant d’être déférée et présentée devant une juge d’instruction qui lui a notifié, au cours de l’interrogatoire de première comparution, sa mise en examen pour assassinat, jeudi soir. D’après nos informations, cette suspect, qui se présente en « coach » de « bien-être » sur les réseaux sociaux, aurait tenté de poignarder la victime une semaine avant les faits. Le juge des libertés et de la détention a ensuite décidé d’un placement en détention provisoire.

    Quel est le mobile ?
    Outre l’ex-compagne, trois autres personnes - deux hommes dont un mineur et une femme - ont été appréhendées par les gendarmes. Après quarante-huit heures de garde à vue, celles-ci ont été emmenées devant le magistrat instructeur. Tandis que la femme s’est vue reprocher le délit de non-dénonciation de crime et a été placée sous contrôle judiciaire, l’homme majeur a été mis en examen pour assassinat. Quant au mineur, les débats devant le juge des libertés et de la détention n’étaient pas terminées à l’heure où nous écrivions ces lignes, hier soir. « Le magistrat instructeur comme le ministère public ont sollicité son placement en détention provisoire », a indiqué le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas.
    Cette avancée majeure dans ce dossier n’en fait pas oublier une question : quel est le mobile du crime ? Secret de l’instruction oblige, aucune information n’a filtré des murs de la gendarmerie. Edgard Chenot, fils de Reine-Marie Chenot, conseillère municipale de Dumbéa et présidente du centre communal d’action sociale, a-t-il été tué pour une histoire d’amour ? Les relations entre le couple étant décrites dans le voisinage comme compliquées, voire même conflictuelles. Est-ce une affaire crapuleuse ? « Les faits reprochés aux trois mis en examen apparaissent s'inscrire dans un contexte d'expédition punitive d'une extrême violence », a ajouté le représentant du ministère public. L’enquête vient donc de connaître un tournant décisif après neuf mois de silence et de zones d’ombre. 

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