• © 2020 AFP | Crée le 01.07.2020 à 19h26 | Mis à jour le 01.07.2020 à 19h30
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    Des policiers anti-émeute entourent une manifestante, qui participait à un rassemblement, à Hong Kong le 1er juillet 2020 DALE DE LA REY-AFP

    Moins de 24 heures. Un contestataire porteur d'un drapeau favorable à l'indépendance de Hong Kong est devenu mercredi la première personne arrêtée dans le territoire en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée la veille par Pékin à l'ex-colonie britannique.

    Au lendemain du vote historique du parlement chinois qui fait craindre la fin de l'autonomie hongkongaise, la police a dispersé à l'aide d'un canon à eau de petits groupes de manifestants rassemblés au coeur de la métropole financière, qui marquait le 23e anniversaire de son rattachement à la Chine.

    Un important dispositif policier a été déployé à travers les rues de la ville alors que la manifestation à laquelle prennent traditionnellement part les Hongkongais à l'occasion de cet anniversaire était, pour la première fois, interdite par les autorités.

    Auparavant, un homme qui avait posé sur un trottoir un drapeau noir avec les mots "Indépendance de Hong Kong" en chinois et en anglais avait été arrêté, selon une photo diffusée par la police.

    L'opposition hongkongaise redoute que le texte ne porte un coup fatal aux libertés et à l'autonomie dont jouissait le territoire depuis sa rétrocession le 1er juillet 1997 par le Royaume-Uni.

    Mercredi matin, au cours de la traditionnelle cérémonie de lever de drapeau qui marque cet anniversaire, la cheffe de l'exécutif hongkongais fidèle à Pékin, Carrie Lam, a salué cette loi qui constitue "l'événement le plus important dans les relations entre le gouvernement central et Hong Kong depuis la rétrocession".

    Promulgué par le président chinois Xi Jinping, il permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat: subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures.

    - "Détention arbitraire" -

    La loi prévoit que la justice chinoise soit compétente pour certaines infractions et réserve la prison à vie aux crimes les plus graves contre la sécurité nationale.

    "La promulgation de cette loi vise à lutter contre les très rares criminels qui mettent gravement en danger la sécurité nationale, et non l'ensemble de l'opposition", a affirmé mercredi à Pékin le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du régime communiste, Zhang Xiaoming.

    La veille, dans la foulée de l'adoption de cette loi, le gouvernement chinois se montrait plus comminatoire, affirmant que "pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête".

    De nombreux pays occidentaux, parmi lesquels 27 membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ont condamné ce texte, redoutant qu'il n'entraîne la répression de toute opposition politique.

    De leur côté, les Etats-Unis ont menacé la Chine de représailles, promettant de ne pas "rester les bras croisés".

    Mercredi, le Canada a mis en garde ses ressortissants à Hong Kong contre un risque de "détention arbitraire" et d'extradition vers la Chine continentale.

    De son côté, Taïwan a annoncé l'ouverture d'un bureau destiné à accueillir les habitants de Hong Kong désireux de s'installer sur l'île.

    - "Logique de bandits" -

    M. Zhang a qualifié les Etats qui menacent certains responsables chinois de sanctions, d'avoir une "logique de bandits". Des propos qui visent les Etats-Unis.

    La loi est entrée en vigueur un peu plus d'un an après le début des manifestations monstres dans l'ex-colonie britannique contre l'influence du gouvernement central. Echaudée par ces événements, la Chine aura imposé en quelques semaines seulement cette loi qui contourne le conseil législatif local.

    Pour Pékin, il s'agit d'assurer la stabilité, de mettre fin au vandalisme ayant émaillé les manifestations de 2019 dans ce territoire de 7,5 millions d'habitants, ainsi que d'y réprimer le courant militant pour l'indépendance.

    "Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait", a réagi sur Twitter Joshua Wong, l'une des figures du mouvement pour la démocratie. "La ville se transformera en un #étatdepolicesecrète."

    Conséquence, le parti Demosisto, qu'il a fondé avec d'autres militants en 2014, a annoncé sa dissolution. Cette formation appelait notamment à l'auto-détermination et pouvait donc potentiellement tomber sous le coup de la nouvelle loi.

    Depuis plus de vingt ans, Hong Kong jouit en effet d'une large autonomie, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", ses habitants bénéficiant de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une justice indépendante.

    Les gouvernements occidentaux disent s'inquiéter pour le statut international de la ville, l'une des principales places financières mondiales.

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