• Jean-Alexis Gallien-Lamarche | Crée le 07.12.2018 à 11h42 | Mis à jour le 07.12.2018 à 12h29

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    Faute de preuves comptables du préjudice subi, les employés du magasin Super U de Kaméré, poursuivis pour une série de petites « combines » entre 2014 et 2015, ont été relaxés en première instance. En appel, ils ont été reconnus coupables et ont écopé de peines d'amendes dont le montant va de 100 000 francs à plus de 300 000 francs. En réaction, les avocats ont formé un pourvoi en cassation. Photo Archives LNC

    Certains ont fondu en larmes à l'énoncé du délibéré.

    Dix hommes et femmes, anciens salariés du magasin Super U de Kaméré, devaient être jugés ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour « vol aggravé » et « vol en réunion » commis du 25 septembre 2014 au 28 septembre 2015. Un procès qui intervenait à la demande de Super U, ses avocats, Mes Xavier Lombardo et Fabien Marie, ayant opté pour une citation directe, une procédure judiciaire rapide qui permet de saisir directement le tribunal.

    Pour rappel, ce n'est pas la première fois que cette affaire est évoquée devant la justice. En octobre 2016, poursuivis pour escroquerie, huit employés du magasin avaient été relaxés en première instance en raison de « l'absence de préjudice ». Il était reproché à ceux-ci des ventes organisées en interne sur des produits périmés ou encore de petits arrangements sur les promotions de certaines marchandises. En août 2017, nouveau procès devant la cour d'appel : six d'entre eux avaient été reconnus coupables, écopant de peines d'amendes allant de 100 000 francs à 300 000 francs.

    Avant même que le procès ne commence, les avocats des dix salariés ont soulevé la nullité de la citation directe. « Super U s'acharne, ne fait qu'enfoncer ces petites gens. Derrière ce dossier, ce n'est pas la justice, c'est de la haine », a plaidé l'avocate Me Cécile Moresco. Mes Martin Calmet, Barbara Brunard, Denis Casies, Juliette Micoine et Nicolas Ranson ont tour à tour pris la parole dans ce sens.

    Le procureur de la République a également reproché « une citation imprécise voir incompréhensible » et demandé au tribunal d'écarter la citation.

     

     

    Après vingt minutes de délibéré, le tribunal a constaté la nullité de la citation et débouté le supermarché. Les juges ont par ailleurs condamné Super U à verser plus de trois millions de francs pour violation du principe de « non bis in idem » (selon lequel on ne peut être jugé plusieurs fois pour les mêmes faits).

    « C’est un soulagement. Cela fait trois ans qu’on crie notre innocence, qu’on nous traite de voleurs », a réagi un salarié devant le palais de justice.

    La réaction de Me Cécile Moresco, avocate de trois ex-salariés de Super U Kaméré.

    Plus d'informations dans votre édition du week-end, samedi 8 et dimanche 9 décembre. 

     

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