
Des patients hospitalisés dans les couloirs et qui attendent d’être pris en charge pendant des heures. Au Médipôle, cette scène est devenue quotidienne. "On n’arrive plus à apporter des soins humains et corrects aux Calédoniens. On a l’impression de ne pas bien faire notre travail", confie Olivier Muller, secrétaire du Syndicat des médecins urgentistes, à la sortie du Congrès.
Ce mercredi 14 octobre, son organisation était reçue par le bureau élargi de l’institution, à l’initiative de sa présidente, Virginie Ruffenach. Les doléances des médecins sont simples : ils demandent d’ouvrir davantage de lits d’hospitalisation pour éviter que des patients restent bloqués aux urgences. Ce qui suppose également de recruter des soignants. "Nous avons besoin de plus de lits, de plus de moyens, de médecins, d’infirmiers, de plus de moyens humains", résume-t-il.
L’épidémie de grippe, qui surcharge actuellement le service [1], a aggravé des difficultés déjà bien installées. "C’est juste la goutte d’eau qui a fait déborder le verre", insiste Olivier Muller. Selon lui, les passages aux urgences ont augmenté de 77 % en une vingtaine d’années. Dans le même temps, le vieillissement de la population, les maladies plus lourdes et la raréfaction des médecins dans les trois provinces poussent davantage de patients vers le Médipôle. En janvier 2025, 110 des 380 lits de l’hôpital [2] avaient déjà été fermés faute de personnel.
Les annonces et les décisions se succèdent pourtant depuis plus d’un an. En août 2025, la direction du Médipôle annonçait des recrutements pour septembre. En février 2026, le gouvernement promettait un "Ségur de la santé" [3], qui sera finalement baptisé Gallieni de la santé, pour améliorer les conditions de travail et rendre les métiers plus attractifs. En avril, le Congrès votait une prime de stabilité [4]et une bonification d’ancienneté pour les paramédicaux, ainsi qu’une hausse de 2,45 % du taux d’évolution des dépenses [5] hospitalières. Fin mai, le fameux Gallieni débouchait lui aussi [6] sur de nouveaux engagements.
En août encore, la direction du CHT estimait "remonter la pente" [7]. Pourtant, sur le terrain, Olivier Muller peine à constater une amélioration. "Nous, en pratique, on ne voit rien qui change, ou très peu", se désole-t-il.
A l’issue de cette énième rencontre, les urgentistes repartent sans réponse concrète. Aucune mesure n’a cette fois été annoncée, ni aucun calendrier fixé. Si Olivier Muller assure que les groupes politiques se sont montrés sensibles à leur situation, il n’évoque aucun engagement concret.
Les élus n’ont pas davantage apporté de précisions. Alors que le Congrès avait annoncé une séquence d’interviews à l’issue de la réunion, aucun d’entre eux n’a souhaité répondre aux questions des journalistes.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/grippe-le-gouvernement-appelle-a-la-vigilance-face-a-une-reprise-de-la-circulation-du-virus
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/sante/le-medipole-confronte-a-une-situation-de-tensions-inedite-provoquee-par-la-penurie-de-personnel
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/sante/le-gouvernement-annonce-la-tenue-d-un-segur-de-la-sante-caledonien
[4] https://www.lnc.nc/article/le-congres-vote-un-texte-pour-essayer-d-enrayer-la-fuite-des-soignants
[5] https://www.lnc.nc/article/hopitaux-le-taux-d-evolution-des-depenses-est-fixe-a-2-45-pour-2026
[6] https://www.lnc.nc/article/on-ne-jugera-que-sur-piece-le-gallieni-de-la-sante-attendu-au-tournant-par-les-soignants
[7] https://www.lnc.nc/article/le-medipole-remonte-la-pente-deux-ans-apres-les-emeutes
[8] https://www.lnc.nc/user/password
[9] https://www.lnc.nc/user/register
[10] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements