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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 16.04.2026 à 16h11 | Mis à jour le 16.04.2026 à 16h14
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    Le taux directeur fixe chaque année l’évolution d’une partie des financements des hôpitaux publics pris en charge par l’assurance maladie. Photo Archives LNC / Thierry Perron
    Après deux années à zéro, le taux d’évolution des dépenses hospitalières publiques est fixé à + 2,45 % pour 2026. Adoptée ce jeudi 16 avril par les élus du Congrès, cette hausse encadre l’évolution des financements de la santé, sans toutefois couvrir l’ensemble des besoins des établissements de soins, et ce dans un contexte budgétaire contraint. Explications.

    Le Congrès a adopté, ce jeudi 16 avril, le taux directeur d’évolution des dépenses hospitalières (*) pour 2026. Il est fixé à + 2,45 %, après deux années à zéro. Le texte a recueilli 33 voix pour et 5 abstentions. Derrière ce terme technique se cache un levier central du financement du système de santé. C’est ce taux qui détermine l’évolution d’une partie des financements versés aux établissements de soins, notamment au travers du régime d’assurance maladie et maternité (Ruamm).

    Mais, plusieurs élus l’ont rappelé au cours de la séance, il ne reflète pas le budget réel des établissements. "Il peut donner le sentiment qu’il représente l’évolution du budget des hôpitaux. En réalité, ce n’est pas le cas", a souligné Philippe Dunoyer (Intergroupe Éveil océanien – Calédonie ensemble). Une partie importante des dépenses échappe en effet à ce cadre, ce qui fait que, même en hausse, le taux directeur ne suffit pas à couvrir l’ensemble des besoins.

    Équilibre délicat

    Le montant de + 2,45 % s’inscrit dans un équilibre délicat. "Le taux directeur était à zéro en 2024 et en 2025. Les hôpitaux ne pouvaient plus tenir", justifie le membre du gouvernement en charge de la santé, Claude Gambey. Mais toute augmentation a un impact direct sur les comptes sociaux. "Plus on augmente le taux directeur, plus on creuse le déficit du Ruamm, qui s’élève à 18,5 milliards", précise-t-il.

    Concrètement, une hausse du taux entraîne une augmentation des dépenses prise en charge par l’assurance maladie, sans que ces recettes augmentent automatiquement. Sauf financements extérieurs, le déficit se creuse donc mécaniquement.

    Au-delà du taux lui-même, les échanges ont mis en lumière la situation des établissements. "Avec ce taux, le budget du CHT en 2026 sera équivalent à celui de 2019", a fait remarquer Philippe Dunoyer. Parmi les difficultés évoquées, une trésorerie sous tension, des retards de paiement et un sous-investissement dans les équipements. "Vous allez voter un taux directeur qui ne va pas changer la situation de l’hôpital", a résumé le cadre de Calédonie ensemble.

    "Des besoins énormissimes"

    Pour plusieurs élus, dont Philippe Dunoyer, le texte ne répond pas à l’ampleur des besoins. "Les hôpitaux ne seront pas sauvés par cette mesure", a estimé l’élu en annonçant l’abstention de son groupe. En cause, un écart important entre les montants en jeu et les besoins réels, évalués à plusieurs milliards de francs.

    Là encore, le gouvernement assume cette mesure limitée, en attendant des évolutions plus profondes. "Les besoins du système hospitalier sont énormissimes", reconnaît Claude Gambey, qui évoque plusieurs chantiers, comme la réorganisation du système de santé, le développement de la "e-santé" ou encore une réflexion sur la prévention et les dépenses.

    Note

    (*) Il s’agit de l’Oceam, objectif calédonien d’évolution des dépenses d’assurance maladie, un outil destiné à maîtriser les dépenses de santé.

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