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    Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche | Crée le 21.01.2022 à 16h00 | Mis à jour le 21.01.2022 à 16h30
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    Yves Dupas a souligné "l’engagement soutenu des enquêteurs dans la conduite de cette enquête particulièrement dense, et la détermination du parquet à cerner l’ensemble des niveaux de responsabilité dans la commission de ces exactions totalement inacceptab Nicolas Petit
    Le procureur de la République vient de communiquer sur cette affaire.

    Une "enquête particulièrement dense" qui a conduit à l’interpellation du grand chef.

     

    Dans un communiqué de presse, le procureur de la République a confirmé la mise en examen du grand chef Henri Dokucas Naisseline et son placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une information judiciaire "visant les commanditaires des exactions commises à Maré du 02 au 17 novembre 2020".

     

    À l’issue des auditions de garde à vue "conduites sous le régime juridique de la criminalité organisée", cinq personnes ont été déférées au palais de justice de Nouméa.

     

    "Il ressort de l’enquête diligentée par la brigade de recherches de Nouméa et les gendarmes de la compagnie de Nouméa que la famille Hnassil de la tribu de Roh ainsi que le pasteur Baebae et leurs proches ont subi des violences par projection de pierres, des vols de biens mobiliers ainsi que des dégradations ou destructions par incendie de leurs biens, tant mobiliers (sept véhicules, meubles, effets personnels…) qu’immobiliers (douze habitations détruites, un hangar et une case)", décrit Yves Dupas.

     

    D’après les premiers éléments, une cinquantaine de personnes auraient participé aux violences et à l’expulsion d’une centaine de personnes "sur les instructions données par le grand chef du district de Guahma, Henri Dokucas Naisseline, apparaissant comme le donneur d’ordre, assisté de cinq chefs de clan ayant relayé les directives du grand chef".

     

    Le conflit avait éclaté le 28 octobre 2020 lorsque, toujours d’après le parquet, Henri Dokucas Naisseline avait notifié à Daniel Hnassil, petit chef de la tribu de Roh, et son frère Alain Hnassil leur expulsion du district de Guahma "en raison manifestement de leur opposition à la décision du grand chef d’installer un pasteur, qui selon eux, ne respectait pas les usages".

     

    Le patron du parquet explique que "lors d’une réunion organisée à la grande chefferie, il aurait été décidé de 'chasser les Hnassil, de les dégager', certains chefs de clans donnant ces directives aux plus jeunes en disant notamment 'le feu fait peur à l’homme'".

     

    En garde à vue, le grand chef de Guahma a contesté "son implication dans les faits reprochés, en tant que donneur d’ordre, en dépit de sa mise en cause par les victimes, des auteurs des faits comme des commanditaires de second rang qui ont admis leur participation aux faits, en relayant les consignes du grand chef, et en agissant dans un esprit de stricte obéissance vis-à-vis de lui".

     

    Enfin, Yves Dupas a souligné "l’engagement soutenu des enquêteurs dans la conduite de cette enquête particulièrement dense, et la détermination du parquet à cerner l’ensemble des niveaux de responsabilité dans la commission de ces exactions totalement inacceptables, ayant eu un retentissement certain sur le territoire".

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