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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 16.10.2026 à 11h58 | Mis à jour le 16.10.2026 à 11h58
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    À Pouembout, le manque de pluie fait peser une pression croissante sur les ressources en eau et l’alimentation du bétail. Photo Anthony Tejero
    La Calédonie n’avait pas connu de mois de septembre aussi frais depuis 1994 et le nord de la côte Ouest traverse une sécheresse désormais installée depuis six mois. Le dernier bilan de Météo-France cumule les chiffres remarquables.

    6,4 °C à Lifou

    Le thermomètre est descendu très bas à Lifou. Le dernier bulletin climatique de Météo-France NC met en avant un mois particulièrement atypique. Les 7 et 8 septembre, il a été relevé 6,4 °C à Hapetra, sur Drehu, la température la plus basse relevée sur le Caillou au cours du mois.

    Une fraîcheur qui ne s’est pas limitée à quelques matinées. À l’échelle du pays, la température moyenne de septembre s’est établie à 20,2 °C, soit 1 °C sous les normales de saison. Il faut remonter trente-deux ans en arrière, à 1994, pour retrouver un mois de septembre aussi frais.


    Les mois de septembre 1969-2026. Infographie Météo-France NC

    C’est surtout la nuit que la fraîcheur s’est fait sentir. Les températures minimales y ont été inférieures de 1,3 °C aux normales, avec une moyenne de 15,1 °C. Et six stations ont connu leurs nuits de septembre les plus fraîches jamais enregistrées en moyenne sur le mois : Tadine, Poingam, Bouraké, Pouébo, Col des Roussettes et Tango.

    Dans le monde : le deuxième septembre le plus chaud depuis 1940

    Le contraste est saisissant : pendant que la Calédonie grelottait davantage qu’à l’habitude, septembre 2026 s’est classé au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds de la planète depuis 1940, derrière 2023. La température mondiale a atteint 16,27 °C, soit 0,82 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Et la température moyenne de la surface des océans, hors régions polaires, a même atteint un record pour un mois de septembre (21,05°C).

    Météo-France attribue en partie la fraîcheur calédonienne au phénomène El Niño, installé depuis juillet. Un puissant anticyclone maintenu sur la mer de Tasman a dirigé vers le pays un vif flux de sud pendant une grande partie du mois. Autour de la Calédonie, la température de l’océan est également restée légèrement sous la normale, à 21,7 °C.

    Cependant, les prévisions saisonnières présentées fin septembre tablaient plutôt sur des températures proches des normales d’ici la fin de l’année, mais surtout sur moins de pluie.

    20 mm de pluie : un déficit de 64 %

    Car l’autre anomalie de septembre est bien à chercher du côté de la pluviométrie. Il n’est tombé en moyenne sur le pays que 20 mm, soit 64 % de moins que la normale. Septembre 2026 se classe ainsi au neuvième rang des mois de septembre les plus secs depuis 1955.

    Une moyenne qui cache parfois d’énormes écarts. Si seulement 4,2 mm ont été recueillis dans le mois à Ouégoa, à l’autre extrémité de la Grande Terre, la station de Goro usine à reçu 330,1 mm, essentiellement en raison de la dégradation orageuse de la fin du mois.


    Écarts aux normales des précipitations. Infographie Météo-France NC

    La comparaison avec les normales est elle aussi parlante à Gomen (4,6 mm, soit un déficit de 82 %) ou à Poya (67,1 mm, soit un excédent de 117 %). La sécheresse n’a donc pas sévi uniformément l’ensemble du pays.

    Alerte à la sécheresse dans le Nord-Ouest

    Dans le Nord, en revanche le manque d’eau s’installe durablement, en particulier sur la côte Ouest. Ouégoa et Gomen sont restées sous les 5 mm de pluie pour le deuxième mois consécutif. Sur août et septembre, elles n’ont reçu respectivement que 6,2 et 7 mm. Météo-France considère désormais qu’une sécheresse sur six mois touche le Nord-Ouest de la Grande Terre.

    Les signes d’alerte étaient déjà visibles. Le 15 septembre, la zone VKP avait été placée en vigilance sécheresse et pénurie d’eau en raison de l’état des rivières, des nappes, des captages et des forages.

    Dès le mois d’août, la Chambre d'agriculture appelait les exploitants à préparer leurs réserves de fourrage et d’eau. Fin septembre, l’Agence rurale a ensuite présenté un plan doté de 110 millions pour accompagner les agriculteurs face à la sécheresse, notamment pour le fourrage, l’alimentation du bétail ou l’irrigation.

    Enfin, le manque d’eau aggrave le risque de feux à l’approche de la saison chaude. Après plusieurs incendies dans le Nord, le gouvernement a interdit, fin septembre, l’usage du feu à des fins non domestiques sur l’ensemble du pays.

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