- Baptiste Gouret | Crée le 03.09.2026 à 18h55 | Mis à jour le 03.09.2026 à 18h56ImprimerDans le cadre d’une formation, des pompiers de Nouméa ont pris part à un exercice d’évacuation d’une victime depuis le toit des tours du Ramada, jeudi 3 septembre, à l’Anse-Vata. Photo DROrganisée ce jeudi 3 septembre, l’évacuation simulée d’une victime depuis le toit des tours de l’hôtel Ramada, à l’Anse-Vata, est venue conclure treize jours de stage suivis par huit pompiers du centre d’incendie et de secours de Nouméa. Une fois formés, ils intégreront le Grimp, une unité spécialisée dans les interventions en milieux périlleux. Reportage.
Entre les deux tours, un système de cordes et de poulies guide doucement la civière, perchée à près de 80 mètres de haut. Sur chacun des toits, les pompiers manœuvrent, calmement, pour faire traverser la victime. Suspendue dans le vide sur une dizaine de mètres, elle finit par rejoindre le second bâtiment, dont la connexion avec le parking, destination finale, est bien plus aisée. En quelques minutes, elle retrouve la terre ferme, où elle peut être prise en charge par les secouristes et conduite à l’hôpital.

Un système de cordes et de poulies a permis de guider la civière au-dessus du vide. Photo DRPas de blessé ni de vie menacée, ce jeudi 3 septembre, à l’hôtel Ramada de l’Anse-Vata, mais un exercice grandeur nature spectaculaire réalisé par le centre d’incendie et de secours de Nouméa. La simulation vient conclure 13 jours de stage visant à former huit sapeurs-pompiers aux interventions dans des environnements difficiles d’accès ou en hauteur. Une fois la certification en poche, ils intégreront le Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp), une unité spécialisée créée en 2015 au sein du CIS de Nouméa. Actuellement composé de 13 pompiers, le Grimp réalise "une dizaine d’interventions par an", indique Géraldine Bourgoin, chef de corps des pompiers de Nouméa.
Varier les terrains d’entraînement
Outre les opérations dans les airs, ces professionnels sont en mesure d’intervenir dans des zones naturelles difficiles d’accès ou encore sur des sites industriels. "Dès lors qu’on est appelé sur une intervention qui sort de notre lot de sauvetage commun (secours à personne, incendies et opérations diverses), alors on déclenche une unité du Grimp", détaille Géraldine Bourgoin.

Deux formateurs venus de l’Hexagone ont guidé les pompiers nouméens ces treize derniers jours lors d’exercices organisés dans sur des sites variés. Photo Baptiste GouretLe matin même, les stagiaires se sont prêtés à un autre type d’exercice sur le site de la SLN, en portant secours à une fausse victime coincée en haut d’une grue. L’Arène du Sud, l’usine Riz de Saint-Vincent… Des sites d’entraînement très divers ont été retenus, "de façon qu’ils soient confrontés à tous types de lieux et qu’on colle à la réalité du terrain", expose le major Frédéric Pascal, responsable du Grimp de Nouméa. Mercredi, "nous étions à Yahoué, pour une intervention sur le chemin du pic Malawi, où nous avons énormément de randonneurs qui se promènent et des incidents réguliers", rapporte le major.
Six tyroliennes ont été déployées, pour environ "20 minutes de brancardage". Durée totale de l’intervention : plus de six heures. Sur les toits du Ramada, deux heures et demie auront été nécessaires pour réaliser le repérage et installer le système de cordes. "Ça prend souvent du temps, mais ce qui prime, c’est la sécurité", poursuit Frédéric Pascal. Le stage suivi par les huit pompiers nouméens aborde "toutes les techniques de secours dans ce genre de milieux, adaptées au matériel dont on dispose".

L’installation du dispositif de sécurité a pris environ deux heures et demie. Photo Baptiste GouretLa formation a également permis à deux pompiers, déjà membres du Grimp, de se remettre à niveau. "L’un des risques dans ce genre d’interventions, c’est de tomber dans une forme d’habitude qui peut conduire à des accidents. On cherche aussi, avec ce stage, à casser les réflexes", souligne Géraldine Bourgoin.
Pas de formateurs locaux
C’est la première fois, depuis la création du Grimp en 2015, qu’un stage est organisé à Nouméa. En cause : l’impossibilité de former localement. "Il nous manque l’agrément pour pouvoir délivrer nous-même les formations", dévoile la chef de corps. La faute au statut singulier des pompiers calédoniens, qui dépendent d’une commune et pas, comme leurs collègues de l’Hexagone, d’un Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), seule entité autorisée à encadrer ces stages.

S’élevant à 75,90 m et 72,28 m, les tours du Ramada font partie des plus hautes de Nouméa. Photo Baptiste GouretDeux formateurs ont par conséquent été envoyés de Métropole par l’École d’application de la sécurité civile pour former les huit pompiers nouméens. "On espère obtenir bientôt l’agrément", indique Géraldine Bourgoin, qui permettrait, à terme, aux cinq pompiers de Nouméa détenteurs du Grimp de niveau 3 de former leurs collègues.
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