- AFP | Crée le 05.05.2026 à 15h18 | Mis à jour le 05.05.2026 à 15h18ImprimerDes bénévoles de la clinique Moonlight, installée dans un minibus aménagé qui sillonne la banlieue de Suva, effectuent des dépistages et échangent avec ceux qui hésitent à se faire tester. Photo AFP / STRÀ la tombée de la nuit dans la capitale fidjienne, Suva, le public afflue vers une clinique de fortune, première ligne de défense contre le VIH dans le pays, où l’épidémie connaît l’une des plus rapides progressions au monde.
Dans l’archipel, destination touristique prisée comptant un peu moins d’un million d’habitants, plus de 2 000 nouveaux cas de VIH ont été recensés l’année dernière, soit une augmentation de 26 % par rapport à 2024. Le gouvernement a déclaré une épidémie de VIH et a qualifié la situation de crise nationale. "Ça se propage comme une traînée de poudre", déclare Siteri Dinawai, 46 ans, venue se faire dépister.
La clinique Moonlight, dans un minibus aménagé garé en banlieue à Suva, vise à rapprocher le dépistage des quartiers. Des bénévoles du Survival Advocacy Network (un groupe de soutien aux travailleurs et travailleuses du sexe) et de Rainbow Pride Fiji (qui œuvre auprès des communautés LGBTQ +) sont présents pour échanger avec les plus réticents.
Ana Fofole et son équipe, qui gèrent la clinique, distribuent des préservatifs et réalisent aussi des tests de dépistage pour la syphilis et l’hépatite B. Mais si les résultats s’obtiennent en seulement 15 minutes, la peur reste un obstacle majeur. "Beaucoup ne viennent pas par crainte d’obtenir un résultat positif", explique Ecelina Lalabaluva, 28 ans, qui a franchi le pas du dépistage.
Plaques tournantes pour les drogues
Des cliniques comme Moonlight permettent de sensibiliser la population, d’évaluer plus précisément le nombre de cas et d’orienter les personnes testées séropositives vers des traitements. Le pays a comptabilisé environ 5 000 cas, selon Renata Ram, directrice nationale pour Fidji et le Pacifique à l’Onusida, qui affirme que la crise s’aggrave depuis des années.
Le taux de transmission a commencé à grimper vers 2019, avec l’apparition d’un groupe d’utilisateurs de drogues injectables à "très haut risque", principalement parmi les travailleurs et travailleuses du sexe. "Fidji, comme d’autres îles du Pacifique, a longtemps été une des plaques tournantes pour les drogues en provenance d’Amérique latine et d’Asie à destination de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande", explique Virginia Comolli, responsable du programme Pacifique pour l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC).
Le flux de drogues hautement addictives (méthamphétamine, cocaïne) vers ces marchés lucratifs a fortement augmenté après l’accalmie de la pandémie de Covid-19. Ces substances ont également fini par alimenter les îles du Pacifique, notamment du fait que les organisations criminelles paient souvent leurs facilitateurs locaux "en nature".
Un retard de "15 à 20 ans" dans la lutte contre le VIH
Pour ceux qui vivent avec le virus à Fidji, où les valeurs conservatrices restent prédominantes, le stigmate social est un fardeau pesant. Mark Lal, diagnostiqué séropositif il y a deux ans, est l’un des seuls à parler publiquement de cette crise. "À Fidji, dès que le sujet du sexe est abordé, tout le monde se disperse", explique ce jeune homme de 24 ans, qui précise ne pas être un consommateur de drogues. "Quand j’ai reçu mon diagnostic, la première chose que j’ai demandée aux médecins, c’était : 'Et maintenant ? Est-ce que je dois juste attendre de mourir ?'", raconte-t-il.
Via sa page Facebook Living Positive Fiji, Mark Lal a déjà répondu aux interrogations de plus d’une centaine de personnes. La plupart sont âgées de 17 à 20 ans et hésitent à révéler leur séropositivité par crainte des discriminations, selon lui.
Pour Renata Ram de l’Onusida, la tâche s’annonce ardue, car Fidji a un retard de "15 à 20 ans" dans son effort de lutte contre le VIH. "Un programme d’échange de seringues est ce dont on a vraiment besoin en ce moment", affirme-t-elle.
Le gouvernement a annoncé l’adoption d’un plan pour prévenir la propagation liée aux drogues injectables, mais sa mise en œuvre a pris du retard. Pour Irinieta Foi, venue se faire tester à la clinique Moonlight, la tâche la plus importante est simple. "Il est vraiment important que tout le monde se fasse dépister", martèle-t-elle.
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