- Anne-Claire Pophillat | Crée le 02.09.2026 à 16h06 | Mis à jour le 02.09.2026 à 16h07ImprimerÀ la suite d’un mouvement de grève organisé fin mai pour dénoncer les conditions d’apprentissage jugées indignes au lycée professionnel Auguste-Escoffier, l’État avait annoncé une enveloppe d’un milliard de francs afin de procéder à une remise en état, dans le cadre de la deuxième vague du plan de relance. Une opération que le gouvernement vient d’inscrire dans le budget supplémentaire. Photo Baptiste GouretLors de sa séance collégiale hebdomadaire, le gouvernement a inscrit, dans son budget supplémentaire, le lancement de trois chantiers, dont la remise en état du lycée Escoffier, la construction du centre médico-social Iamele à Lifou, et la rénovation du lycée agricole Michel-Rocard de Pouembout, prévus dans le cadre de la deuxième vague des opérations financées par le plan de relance de l’État.
Peu de dossiers à l’ordre du jour de la séance collégiale du gouvernement, ce mercredi 2 septembre, alors qu’une partie de ses membres est actuellement à Paris dans le cadre de la mission transpartisane, si ce n’est des délibérations d’ordre budgétaire.
Un budget supplémentaire de "régularisation"
L’une d’entre elles a porté, ce matin, sur le budget supplémentaire (BS). Il s’élève à 32 milliards de francs, portant ainsi le budget propre 2026 de la Nouvelle-Calédonie à 187 milliards.
Le BS, dit de "régularisation", ne prévoit pas de nouvelles dépenses, précise l’exécutif, mais vise simplement à trois choses : inscrire l’affectation du résultat de l’exercice 2025, régulariser une erreur comptable détectée (lire ci-dessous) et prendre en compte ce qu’il reste à réaliser de l’année passée.
3,4 milliards de francs de chantiers
Toujours dans le cadre du budget supplémentaire, une autre délibération a permis d’approuver certaines dépenses, qui ne font cependant pas sortir d’argent supplémentaire des caisses du pays.
Tout d’abord, la création d’une autorisation de programme d’un milliard de francs, une somme accordée par Paris fin mai, après un mouvement de grève du personnel et des étudiants, afin de remettre en état le lycée Escoffier, à Nouméa. "Un financement intégralement pris en charge par l’État", souligne le communiqué, dans le cadre de la deuxième vague du plan de relance, un des axes du pacte de refondation économique et sociale.

Les membres de la délégation transpartisane ont notamment rencontré Gérard Larcher, président du Sénat, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, à Paris, le mardi 1er septembre. Photo page FB Virginie RuffenachUn engagement de 2,4 milliards de francs est également autorisé pour trois autres opérations : la finalisation de la sécurisation du barrage de Dumbéa ; la construction du centre médico-social Iamele à Lifou, et la rénovation du lycée agricole de Pouembout, ces deux derniers chantiers étant également inclus dans la deuxième vague du plan de relance.
Un BS encore en construction
Le budget supplémentaire, censé passer au Congrès après le compte administratif, pourrait cependant encore évoluer, en fonction notamment du résultat de la mission transpartisane actuellement à Paris.
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Menée par le président de l’exécutif, Milakulo Tukumuli, son objectif est de parvenir à dérocher une aide supplémentaire de l’État afin de boucler 2026, mais aussi pour sécuriser le financement nécessaire pour 2027. En cas de nouvelle subvention, celle-ci pourrait être inscrite au BS à venir.
La délégation, composée de neuf élus, négocie âprement sa priorité, affichée depuis plusieurs mois et réaffirmée par la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach, sur sa page Facebook. "Nous voulons que le soutien à la Nouvelle-Calédonie soit inscrit dès le projet initial du budget 2027, et qu’un véritable contrat pluriannuel de responsabilité, de désendettement et de reconstruction soit construit avec l’État." Parmi les autres sujets évoqués par les représentants calédoniens, le fait de trouver "des solutions durables pour la filière nickel", ainsi que le développement économique.
Correction d’une erreur comptable
Une des trois délibérations arrêtées ce mercredi a concerné l’affectation du résultat net de l’exercice 2025 du budget de la Nouvelle-Calédonie, qui s’établit à près de 2,4 milliards de francs.
Cela a été l’occasion d’opérer une régularisation portant sur les avances consenties par l’État en 2024 pour couvrir ses besoins de trésorerie, et dont le remboursement n’avait pas été pris en compte en 2025, en conséquence de quoi la section investissement dégageait un excédent "artificiel".
En clair, les prêts avaient été comptabilisés dans la section investissement, alors qu’ils ont servi à financer du fonctionnement, expliquaient les élus lors de l’examen du compte administratif au Congrès, fin juillet. Son vote avait d’ailleurs été ajourné au vu de cette difficulté. Le texte doit à nouveau être étudié en septembre.
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