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  • AFP | Crée le 13.05.2026 à 07h38 | Mis à jour le 13.05.2026 à 11h19
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    Dirigée par Andrew Forrest, la société Fortescue a été condamnée à verser 100 millions de dollars au titre des préjudices subis par les populations aborigènes, victimes de l’activité minière. Photo AFP/Adrian Dennis
    Le géant du minerai de fer, Fortescue, a été condamné mardi 12 mai par la justice australienne a versé 100 millions de dollars (10 milliards de francs), la plus importante indemnisation jamais ordonnée en Australie, pour les dégâts causés par son activité sur les terres ancestrales autochtones.

    La justice australienne a condamné mardi 12 mai le géant du minerai de fer Fortescue à verser une importante indemnisation de plus de 100 millions de dollars (10 milliards de francs) pour les atteintes culturelles subies par un groupe autochtone, dont les terres ancestrales ont été détruites par l’activité minière. Il s’agirait de la plus importante indemnisation jamais ordonnée en Australie en vertu des lois reconnaissant les droits fonciers des peuples autochtones.

    Quatre grandes mines à ciel ouvert, une voie ferrée, un remblai de résidus miniers, des décharges et un stock de matériaux, ont été disséminés sur les terres du peuple Yindjibarndi dans la région de Pilbara (ouest), décrit le juge fédéral Stephen Burley.

    En raison du danger, une zone de 135 km2 a également été clôturée pour empêcher tout accès au hub minier de Fortescue, baptisé "Solomon". Quelque 124 sites classés du patrimoine autochtone ont été "complètement détruits" par les activités minières de l’entreprise australienne et d’autres ont été excavés, recouverts par des routes ou noyés par le barrage de résidus, détaille le juge dans un résumé écrit de ses conclusions.

    S’il a accordé une indemnisation financière "relativement faible" d’environ 100 000 dollars australiens, indexée sur la valeur du terrain, le juge Burley a évalué séparément la perte culturelle à 150 millions de dollars australiens (11 milliards de francs).

    "Source d’inspiration"

    Cette indemnisation reste bien inférieure à la demande de la Yindjibarndi Ngurra Aboriginal Corporation, qui réclamait plus de 800 millions de dollars australiens (59 milliards de francs) pour les pertes économiques et 1 milliard de dollars australiens (74 milliards de francs) pour le préjudice culturel.

    Fortescue, présidée par le milliardaire Andrew Forrest, a assuré par la voix d’un porte-parole "se souci (er) profondément de tous les peuples Premiers, y compris de la communauté Yindjibarndi". "Fortescue reconnaît que le peuple Yindjibarndi a droit à une indemnisation", a ajouté la société minière, assurant travailler main dans la main avec les peuples autochtones de la région de Pilbara pour gérer leur patrimoine culturel "de manière durable et responsable".

    Pour le NNTC, le comité représentant les propriétaires terriens aborigènes, cette affaire illustre l’ampleur des compensations encore dues aux peuples autochtones. "La persévérance du peuple Yindjibarndi est une source d’inspiration pour les autres propriétaires traditionnels qui continuent de se battre pour obtenir ce qui leur revient", a commenté Jamie Lowe, directeur général du NNTC.

    "Traumatisé toute ma vie"

    Leur titre foncier autochtone sur ces terres était reconnu depuis plus de deux décennies, mais ils ont dû passer quatre ans devant les tribunaux pour obtenir réparation, a rappelé Jamie Lowe. "Des centaines d’organisations de propriétaires traditionnels à travers le pays" attendent encore "une indemnisation pour des actes passés et présents", a-t-il ajouté. Selon lui, "les sommes non versées représentent une perte en termes de développement économique et d’opportunités d’investissement pour les communautés des Peuples Premiers".

    Statistiquement, les peuples autochtones, dont les ancêtres vivent sur le continent australien depuis plus de 60 000 ans, sont davantage susceptibles d’être incarcérés ou de mourir en détention que le reste de la population australienne, et leur espérance de vie est inférieure d’environ huit ans à celle des autres Australiens.

    Dans son jugement, le juge Stephen Burley cite ainsi le témoignage d’un membre du peuple Yindjibarndi, Middleton Cheedy : "J’ai été traumatisé toute ma vie par le racisme, les décès dans ma famille, l’arrivée de l’alcool dans notre communauté, en voyant les anciens essayer de sauver la rivière Harding… mais (l’affaire de) la mine est comme une mort pour moi." "Elle (la société Fortescue, NDLR) a détruit tout ce qui est important pour le peuple Yindjibarndi", conclut-il.

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