- Julien Mazzoni | Crée le 16.10.2026 à 16h18 | Mis à jour le 16.10.2026 à 16h18ImprimerL’Autorité de la concurrence est de nouveau confrontée à un préavis de grève, déposé par la Fédé pour le lundi 19 octobre. Photo d'illustration Baptiste GouretDeux mois après un premier mouvement, finalement suspendu, la tension remonte au sein de l’Autorité de la concurrence. La Fédé appelle les agents à cesser le travail lundi 19 octobre et réclame désormais explicitement le départ de Stéphane Retterer.
La crise interne à l’Autorité de la concurrence (ACNC) n’est pas près de se refermer. Dans un préavis adressé le lundi 13 octobre à son président, Stéphane Retterer, la Fédé annonce une journée de grève lundi 19 octobre, à partir de 7h30. Le mouvement, qui concernera "l’ensemble des personnels", pourra être reconduit, prévient le syndicat. Un rassemblement est prévu devant les locaux de l’institution, rue Gallieni.
Avec une revendication explicite au sommet de sa liste : "le départ immédiat du président actuellement en fonction", Stéphane Retterer. La Fédé estime que les conditions ne sont plus réunies pour rétablir "un fonctionnement serein, indépendant et respectueux des personnels".
Car le conflit n’est pas nouveau. Un préavis de grève avait déjà été lancé puis suspendu le 25 août à la suite d’engagements pris lors de discussions avec la direction. Le syndicat énumère plusieurs griefs : atteintes supposées à l’indépendance de l’Autorité et de son service d’instruction, problèmes d’organisation, absence de dialogue social ou encore dégradation des conditions de travail.
La question de l’indépendance de l’institution avait déjà émergé en août, alors que le gouvernement annonçait vouloir réformer en profondeur l’Autorité de la concurrence, notamment en renforçant les pouvoirs de son président. La Fédé s’inquiétait déjà d’un possible affaiblissement de la séparation entre les fonctions d’instruction et de jugement.
Des difficultés déjà relevées en 2024
Certains problèmes de fonctionnement ne sont pas nouveaux non plus. En 2024, la Chambre territoriale des comptes avait relevé un turn-over annuel supérieur à 30 % au sein du service d’instruction. Elle estimait également que l’absence d’outils de pilotage avait contribué à dégrader les conditions de travail et appelait l’Autorité à clarifier son organisation interne.
Dans son préavis, la Fédé va encore plus loin, en mettant directement en cause la gestion managériale du président et de sa directrice de cabinet et demande à la Direction des ressources humaines de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie de contrôler les conditions d’engagement et de rémunération de cette dernière.
Pour le syndicat, les réponses apportées depuis la suspension du précédent préavis ne suffisent plus. La Fédé affirme que les engagements pris le 25 août n’ont pas été respectés et fait désormais du départ de Stéphane Retterer sa revendication centrale. Sollicité, ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer.
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