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    Grand Nouméa
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 06.08.2026 à 18h30 | Mis à jour le 06.08.2026 à 18h30
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    Elizabeth Rivière, présidente de la CMA, et Sonia Lagarde, maire de Nouméa, ont signé une convention de mise à disposition de l’ancienne école Mauricette-Devambez, à Rivière-Salée, au bénéfice du Centre de formation des apprentis. Photo Anne-Claire Pophillat
    Après Adolphe-Boutan, à Yahoué, le Centre de formation des apprentis va s’installer, dès la semaine prochaine, dans les locaux de l’ancienne école Mauricette-Devambez, à Rivière-Salée. Quelque 177 élèves sont concernés par ce déménagement. La Chambre de métiers et de l'artisanat et la mairie de Nouméa ont signé une convention de mise à disposition du site, ce jeudi 6 août.

    Les 177 alternants vont retrouver un peu de stabilité. Après la destruction du Centre de formation des apprentis lors des émeutes de 2024 à Nouville, les élèves avaient intégré en septembre de la même année l’ancienne école Adolphe-Boutan, à Yahoué, au Mont-Dore, fermée depuis 2023. Mais seuls les enseignements généraux pouvaient y être dispensés, obligeant les apprenants ainsi que l’équipe pédagogique à effectuer de nombreux déplacements entre ces locaux et les sites où se déroulaient les ateliers pratiques. "L’établissement était trop petit, témoigne Elizabeth Rivière, présidente de la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA), en charge de la gestion du CFA, nous obligeant à louer des ateliers chez des artisans. Les jeunes étaient éclatés à différents endroits, or, tous ne sont pas véhiculés, et cela avait un coût. Tout le monde perdait du temps et de l’énergie."

    Il était donc devenu nécessaire de trouver un autre emplacement afin d’installer le CFA, ajoute Elizabeth Rivière. Le choix retenu ? L’ancienne école Mauricette-Devambez, située à Rivière-Salée et fermée fin 2021. Un endroit idéal, affirme la présidente de la CMA. "Quand on l’a visitée, on a trouvé que ça convenait parfaitement. Seize salles de classe, un plateau sportif, ce qu’on n’a jamais eu, et même un jardin, souligne Elizabeth Rivière. Un environnement qui permettra aux jeunes de s’épanouir avec plus de confort et de place." Et ce, pour un loyer symbolique de 1 000 francs par mois.

    Deux pôles

    Cette mise à disposition, pour une période de six ans renouvelable, a été actée par la signature, ce jeudi 6 août, d’une convention entre la CMA et la mairie de Nouméa. Sonia Lagarde apprécie la continuité. "C’était un centre de formation pour les petits, puisque c’était une école. Elle a d’ailleurs aussi accueilli le lycée Petro-Attiti pendant un temps. Là, on passe à un autre type de formation pour les plus âgés des jeunes", sourit-elle.


    Les 177 actuels alternants du CFA vont intégrer leurs nouveaux locaux la semaine prochaine. Photo Anne-Claire Pophillat

    Dès lundi 10 août, les 177 apprentis vont intégrer les lieux, afin de suivre leurs cours dans les filières des métiers de bouche, de bien-être, de production de bâtiments et mécaniques. "On va commencer par reconstruire un salon de coiffure, un salon d’esthétique et certainement une boulangerie, indique Elizabeth Rivière. Les jeunes du quartier pourront découvrir ces métiers, visiter, et pourquoi pas profiter des produits cuisinés."

    Seuls restent sur la ZAC Panda les ateliers électricité, clim froid et automobile. "On n’aura plus que deux pôles contre plusieurs avant."

    Un nouveau CFA à Nouville en 2029

    Parallèlement, la CMA planche sur la reconstruction du CFA à Nouville, les nouveaux bâtiments étant prévus pour 2029. La Secal vient de remporter la délégation de maîtrise d’ouvrage, annonce Elizabeth Rivière. "Nous allons commencer à travailler sur la sécurisation et la démolition du site. On espère un démarrage des travaux avant la fin de l’année." Le budget prévisionnel s’élève à 3,3 milliards de francs, financé à hauteur de 1,6 milliard par l’État, 1,3 par les assurances, et un peu plus de 400 millions par le gouvernement.

    Cela n’empêchera pas la CMA de conserver une partie de son activité à Rivière-Salée. En effet, la chambre compte y laisser son dispositif de "préparation à l’alternance", lancé cette année à destination des jeunes très éloignés de l’emploi. "On a organisé une première session avec dix personnes. L’objectif est de remettre les participants à niveau en français et en maths, de les accompagner pour passer le permis, pour reprendre confiance en eux…", développe la présidente de la CMA, afin de les aider, ensuite, à intégrer le CMA. Huit y sont entrés. "Les deux autres n’ont pas pu, parce qu’ils n’ont pas trouvé d’entreprise pour leur alternance." In fine, l’idée est de favoriser la réussite. "Cet outil sert à mieux se préparer pour rentrer dans une formation, et donc d’avoir plus de chances de la réussir et d’aller jusqu’au bout, parce qu’on a encore trop de jeunes qui abandonnent en cours de route avant d’avoir leur diplôme, à peu près 25 %."

    "Ce quartier mérite qu’on s’occupe de lui"

    Ce n’est pas la première concrétisation du partenariat entre la CMA et la mairie de Nouméa. Depuis deux ans, ce dernier s’exprime lors du marché de Noël des artisans, proposé dans le cadre de la féerie, et plus récemment, au niveau du nouveau parc de l’anse-Vata, où les artisans exposent leurs créations chaque mois. Un accompagnement qui prend, avec la mise à disposition du site Devambez, une autre dimension.

    "On franchit un cap, il faut continuer la formation avec les jeunes, ils en ont besoin, et le quartier aussi", insiste Sonia Lagarde, qui voit dans cet emménagement un moyen de le faire "revivre". "On ne peut pas abandonner Rivière-Salée. On va reconstruire le pôle de services publics, dont les travaux vont commencer, on lance les appels d’offres, et on va rénover le parc pour en faire un lieu de vie. Ce quartier populaire mérite qu’on s’occupe de lui, qu’on ne le laisse pas tomber et qu’on fasse mieux qu’avant."

    La ville porte un autre projet dans une école à Logicoop

    "On a une école vide sur Logicoop, Daniel-Talon", indique Sonia Lagarde. Là aussi, la municipalité ne compte pas la laisser vide. "On est en train de réfléchir, de travailler sur un projet, mais je ne peux pas tout dévoiler…", glisse la maire de Nouméa. Une chose est sûre, l’exécutif est déterminé à utiliser ces espaces. "Il faut occuper ces écoles, des investissements ont été faits, il faut qu’ils servent. On a des perspectives, cela peut être des demandes associatives, des cours de soutien scolaire, etc."

    Un peu plus loin dans le même quartier se trouvent les Orchidées. Des travaux ont été menés, "tout ce qui était détérioré a été enlevé, et on va se réorganiser pour la rentrée prochaine", assure Sonia Lagarde, qui indique que la commune a "récupéré un petit peu d’élèves en cours d’année, par rapport à la rentrée".

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