- Anne-Claire Pophillat | Crée le 16.09.2026 à 18h58 | Mis à jour le 16.09.2026 à 19h11ImprimerSonia Lagarde a proposé, lors du conseil municipal de Nouméa le lundi 14 septembre, que la ville se retire de l’Association française des maires de Nouvelle-Calédonie, en raison notamment d’un "manque de considération". Capture d’écran vidéo Ville de NouméaLe conseil municipal de Nouméa a adopté, le lundi 14 septembre, une délibération actant la sortie de la ville de l’Association française des maires de Nouvelle-Calédonie, estimant notamment que "le coût des cotisations" était trop élevé par rapport "au bénéfice retiré par la collectivité".
"On ne s’y retrouve pas et on n’est pas les seuls", réagit vivement Sonia Lagarde, alors que le conseil municipal examine, le lundi 14 septembre, la délibération relative au retrait de la ville de l’Association française des maires de Nouvelle-Calédonie (AFM-NC). La maire répond à Jordan Courtot qui défend, lui, l’adhésion de la commune à l’AFM-NC au nom du groupe "Pour Nouméa, une énergie nouvelle", dont les cinq élus sont les seuls, sur les cinquante-trois que compte l’assemblée, à voter contre le texte, adopté à la majorité.
Une structure qui "n’a plus de sens"
Un des principaux reproches adressés par Sonia Lagarde à l’association afin d’expliquer sa décision de s’en retirer : l’absence de résultat. "À quoi ça sert d’être à l’AFM-NC pour avoir ce qu’on nous donne depuis trois ans ?", interroge la cheffe de l’exécutif municipal, évoquant le maire de Boulouparis, Pascal Vittori, à sa tête depuis 2024. "On a été le principal contributeur et le président de l’AFM reprend mot pour mot ce que dit la commune de Nouméa devant les médias, lâche-t-elle. On peut se débrouiller tout seuls." La maire reproche "le peu d’égards vis-à-vis de ceux qui payent", et indique par ailleurs que "beaucoup d’autres maires se posent la même question", déplorant une structure qui "avait du sens au départ et n’en a plus".

Pascal Vittori, maire de Boulouparis, a remplacé Sonia Lagarde – qui y avait été élue en 2022 – à la tête de l’Association française des maires de Nouvelle-Calédonie en 2024. Photo Archives LNC / Julien MazzoniEn outre, Sonia Lagarde juge que la qualité des débats qui animent les assemblées générales de l’AFM n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels sont confrontées les communes, condamnant le fait que "la politique se soit souvent invitée au sein de l’AFM-NC".
La maire souligne également le montant de la cotisation de la ville, qui s’élève à 12 millions de francs par an – dont 3 millions sont consacrés au financement du déplacement des élus de la ville au Congrès des maires, selon Pascal Vittori –, ce qui représente un coût "dans le contexte actuel", ajoutant que Nouméa est déjà membre de l’Association des maires de France (AMF).
"Nous devons être présents"
Le groupe "Pour Nouméa, une énergie nouvelle" s’interroge sur les raisons de ce retrait, qui n’irait pas dans l’intérêt des Nouméens. "L’AFM-NC est un outil collectif de représentation des communes, dont il porte les revendications, expose Ludovic Talia. On peut être en désaccord avec des positions ou l’organisation interne, mais si nous voulons faire entendre la voix de Nouméa et faire évoluer la structure, nous devons être présents. Quel message envoyons-nous aux autres communes ? La capitale doit rassembler." Prenant pour exemple la mission transpartisane qui revient de Paris, Virginie Ruffenach regrette pour sa part, qu’on "n’arrive pas à se fédérer au sein de l’association historique des maires de Nouvelle-Calédonie".

Virginie Ruffenach, du groupe "Pour Nouméa, une énergie nouvelle", a déclaré regretter et ne pas comprendre la volonté de Sonia Lagarde de quitter l’association, qui "permettait une défense collective des communes". Capture d’écran vidéo Ville de NouméaLes tensions au sein de l’instance ne datent pas d’hier. L’année dernière, la commune de Bourail quittait l’AFM-NC, dénonçant une "politisation" de la structure, Pascal Vittori ayant participé aux discussions sur l’accord de Bougival. L’ancien maire de Dumbéa, Yoann Lecourieux, relevait, lui, une "aseptisation des débats".
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"La ville ne paye plus sa cotisation"
Si Pascal Vittori "regrette" le départ de Nouméa, il ne constitue pas pour autant "une surprise". "Je constate simplement, et c’est un fait, que la ville ne paye plus sa cotisation depuis plus de deux ans et demi, depuis qu’elle n’a plus la présidence." Pascal Vittori rappelle aussi que si Nouméa quitte la structure, celle-ci a gagné deux nouveaux adhérents cette année, les communes de Koné et Sarraméa, et représente onze municipalités. "C’est la vie d’une association", commente-t-il.
En séance, lundi, Philippe Dunoyer, pour "Nouméa : l’après !", a rappelé son souhait de voir un jour les deux instances de représentation des maires, avec l’Association des maires de Nouvelle-Calédonie, l’autre organisme à dominante indépendantiste, regroupées. "Une nouvelle structure utile pourrait voir le jour pour se consacrer aux problématiques spécifiques des communes calédoniennes." En commission, Sonia Lagarde avait déclaré ne pas y être opposée, afin que "les trente-trois maires parlent d’une seule voix pour défendre leurs intérêts, dont les dotations du FIP, le reversement des centimes additionnels, ou encore l’évolution du code des communes de Nouvelle-Calédonie".
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