- Charlie Réné / Radio1 Tahiti | Crée le 26.08.2026 à 13h44 | Mis à jour le 26.08.2026 à 13h44ImprimerLes plaisanciers étrangers qui naviguent sur un bateau de moins de 24 mètres pourront mouiller un an maximum à partir du 1er septembre en Polynésie français. Photo Radio1 TahitiUne nouvelle disposition du Code des douanes réduit de 24 à 12 mois la durée d’admission temporaire des navires de plaisance étrangers de moins de 24 mètres. En clair : les voiliers de passage devront quitter les eaux polynésiennes au bout d’un an, ou s’acquitter des coûteux droits de douane. Une réponse face à la saturation des infrastructures, rapporte notre partenaire Radio1 Tahiti.
La disposition était passée inaperçue, le 28 juillet, au beau milieu d’un arrêté modifiant divers articles du Code des douanes. Mais elle a fini par faire débat, ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, après que le ministère de l’Économie et des Finances a diffusé une "note aux opérateurs". Le gouvernement a acté l’abaissement de la durée de l’admission temporaire des navires de plaisance de 24 à 12 mois.
Concrètement, les voiliers de passage, et notamment ceux qui effectuent un tour du monde, pouvaient jusqu’à présent rester jusqu’à deux ans dans les eaux du fenua, avant d’être obligés de payer les taxes de douane sur leur navire. Une "papeetisation" qui n’implique pas un changement de pavillon, mais qui coûte tout de même entre 7 et 8 % de la valeur du bateau. Cette durée de tolérance a donc été ramenée à un an sur décision du ministère des Finances.
L’exécutif précise que ce changement fait suite à plusieurs discussions, ces deux dernières années, avec des élus de l’Assemblée de Polynésie, dont certains, du côté du Tavini notamment, demandent, et comptent même proposer, de ramener cette admission temporaire à six mois seulement. Les 12 mois désormais prévus par le Code des douanes pour les entrées de voiliers de moins de 24 mètres après le 1er septembre seraient donc un compromis entre la préservation de l’activité de plaisance, et des recettes qui y sont liées, et les demandes récurrentes de représentants ou de maires sur le sujet.
De trois à un an depuis 2020
Ce n’est pas la première fois que le curseur bouge pour les voiliers de passage. Après avoir oscillé entre 6 et 24 mois, la durée d’admission des navires de plaisance avait été fixée à trois ans, dans le cadre de la stratégie de développement du tourisme 2015-2020. La "Route des 36 mois", alors promue jusque dans la presse européenne, devait attirer des plaisanciers sur de nouveaux itinéraires, vers des îles touristiquement isolées, et être accompagnée d’investissements dans les infrastructures d’accueil des voiliers et le développement des services et prestations qui pouvaient leur être proposés. Un effort qui n’a pas réellement été développé par les autorités.
Mais en 2020, alors que la crise Covid empêche de nombreux navires étrangers de quitter le fenua, et que les tensions montent, sur certains lagons, envers les voiliers mouillés au long cours, le gouvernement fait marche arrière. Estimant que le dispositif a été "détourné" par certains, il oblige à un dédouanement au bout de 24 mois au lieu de 36. Le gouvernement poursuit donc la tendance à la restriction de ses prédécesseurs.
Une "bonne mesure", mais pas une fin en soi
Sur les réseaux sociaux, les commentaires d’habitués de la voile vont bon train. Sur les raisons de ce nouvel abaissement – les voileux "paient le défaut d’infrastructures" ou sont pointés du doigt "à cause de quelques irrespectueux" –, ses conséquences pour le tourisme dans les archipels, l’image qu’elle envoie à l’étranger – "la Polynésie se referme" – ou le choix de cette durée de 12 mois, pas forcément adaptée vu les habitudes des "tourdumondistes".
Mais la mesure du gouvernement est aussi applaudie, y compris par des propriétaires de voiliers locaux. Arnaud Jordan, président de l’association des Voiliers en Polynésie, s’étonne même que le gouvernement n’ait pas davantage communiqué sur cette "bonne mesure pour réduire rapidement le manque de bateaux", face à la saturation et au manque d’infrastructures comme les marinas et mouillages régulés.
Le responsable note tout de même que la baisse du nombre de plaisanciers internationaux va peser sur certaines activités économiques, notamment du côté des chantiers navals des îles. Difficile, en 12 mois, de programmer un carénage : les tourdumondistes le feront ailleurs, "peut-être pour moins cher". Arnaud Jourdan parle surtout d’une "petite mesure", qui règle le problème "très partiellement", et qui appelle d’autres décisions. L’AVP se dit disponible pour discuter avec le gouvernement de la réforme, des infrastructures d’accueil des voiliers, et même d’un "cruising permit" payé dès le mouillage dans les eaux d’autres territoires, comme aux Galápagos.
À noter que la durée d’admission temporaire a été maintenue à 36 mois pour les voiliers de plus de 24 mètres, le plus souvent des yachts de luxe.
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