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    Environnement
  • Outremers360 | Crée le 29.12.2023 à 09h32 | Mis à jour le 29.12.2023 à 09h32
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    Selon un expert de l'Institut de relations internationales et stratégiques, la France et l'Australie ont tout intérêt à accroître leur collaboration dans le Pacifique. Photo Outremers360
    Pour Alexandre Dayant, directeur adjoint de l'Indo-Pacific Development Center, au sein de l'Institut Lowy, basé à Sydney, l'Australie et la France ont des impacts significatifs sur la stabilité et la prospérité de l'Indopacifique. Aussi doivent-ils travailler en étroite coordination afin de contribuer au développement et à la sécurité de cette immense région, écrit-il dans une note pour l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Explications avec notre partenaire Outremers360.

    Après le couac sur l'échec de la vente des sous-marins français à l'Australie en 2021, les relations se sont progressivement réchauffées entre Paris et Canberra : visite en France le 1er juillet 2022 du Premier ministre australien Anthony Albanese, et feuille de route signée le 4 décembre dernier entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays pour " redynamiser la relation bilatérale et les échanges dans de nombreux domaines clefs : la défense, l'action climatique, l'éducation et la culture. La création d'un Centre d'excellence conjoint pour l'Indopacifique (Australia-France Center of Excellence for the Indo-Pacific) devrait notamment favoriser la constitution et les interactions de réseaux d'experts et de praticiens visant à une meilleure connaissance mutuelle ", selon Alexandre Dayant.

    Le rôle de l'ambassadrice

     Pour le chercheur, la collaboration et la coordination entre les deux pays est indispensable concernant les impacts du dérèglement climatique, les lacunes en infrastructures, les disparités économiques et la gestion durable des ressources dans la zone. " La mise en place par la France depuis septembre 2023 d'une ambassadrice pour le Pacifique à Nouméa alors que jusqu'à présent le poste était basé à Paris devrait faciliter la mise en place d'initiatives franco-australiennes en faveur du développement régional ", souligne l'auteur.

    Bien que l'Australie soit en tête dans le domaine du développement (40% de l'aide totale allouée à la région entre 2008 et 2021, contre moins de 1% pour la France -en excluant ses territoires-), Alexandre Dayant relève cependant que " les deux pays collaborent déjà sur divers fronts dans la région, notamment au travers d'organisations et d'initiatives régionales, tels que le Forum des îles du Pacifique (FIP) et la Communauté du Pacifique (CPS) ".

    Canberra et Paris coordonnent également leurs efforts en cas de catastrophe humanitaire au sein de l'accord tripartite Franz, regroupant la France, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour organiser une aide civile et militaire immédiate dans le Pacifique en cas de crise (comme ces dernières années au Vanuatu, Tonga, Fidji et en Papouasie-Nouvelle-Guinée). C'est aussi le cas au sein du Pacific Quad (France-États Unis-Australie-Nouvelle Zélande) au bénéfice des États insulaires du Pacifique pour tout ce qui relève des patrouilles en mer et d'opérations de police des pêches.

    Davantage de présence

    Se basant sur un récent rapport du centre de recherche Asia-Pacific Development, Diplomacy and Defence Dialogue (AP4D), le chercheur suggère plusieurs pistes de travail pour que l'Australie et la France envisagent une meilleure coopération et coordination en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique. " Dans le Pacifique, l'Australie devrait encourager la France à poursuivre l'expansion de ses contributions au développement, en se concentrant sur les initiatives environnementales et climatiques au-delà de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française ", écrit-il.

    Par exemple, même si la France a un statut d'observateur dans l'initiative " Partners in the Blue Pacific " (consortium de pays occidentaux - Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis - engagés à faire progresser les thématiques de développement dans le Pacifique, ndlr), Paris devrait y participer pleinement, notamment pour aborder des questions telles que la pêche illicite. Pour Alexandre Dayant, " cela est d'autant plus pertinent compte tenu des importantes zones économiques exclusives du Pacifique dont dispose la France et de ses capacités de surveillance du domaine maritime ". 

    La "troisième voie"

    Enfin, constate-t-il, " en Asie du Sud-Est, la position indépendante de la France, souvent qualifiée de 'troisième voie', offre à l'Australie une opportunité précieuse pour engager des acteurs qui cherchent toujours à équilibrer leurs relations dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine ". Cela pourrait concerner des pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), de l'Union européenne et de leurs institutions, sur " des sujets tels que la sécurité maritime, la situation au Myanmar, la promotion de la connectivité, la poursuite des objectifs de développement durable des Nations unies et le renforcement de la coopération économique ".

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