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    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 08.09.2026 à 15h15 | Mis à jour le 08.09.2026 à 15h15
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    Philippe Boquet, vice-président de la Ligue d’escalade de Nouvelle-Calédonie, souhaiterait que les collectivités publiques s’emparent du dossier de reconstruction du mur d’escalade. Photo Anne-Claire Pophillat
    Lors d’une conférence de presse le lundi 7 septembre, la Ligue d’escalade de Nouvelle-Calédonie a réaffirmé qu’elle portait toujours le projet de reconstruction du mur d’escalade à Nouméa, aujourd’hui à l’arrêt faute de financements. Son vice-président, Philippe Boquet, en appelle au soutien des collectivités pour faire avancer le dossier, plaidant pour cette "structure d’utilité publique".

    "Le projet est toujours en cours, mais plus selon les mêmes modalités." C’est le message que souhaitait faire passer le vice-président de la Ligue calédonienne d’escalade, lors d’une conférence de presse le lundi 7 septembre, afin de répondre "aux bruits qui courent" concernant un potentiel abandon de la reconstruction du mur d’escalade incendié au début des émeutes en mai 2024. S’il est "au point mort, il n’en est pas pour autant abandonné".

    Une mise au point de Philippe Boquet qui nécessite de revenir plus de deux ans en arrière. À l’époque, l’exécutif municipal indique ne pas vouloir reconstruire, mais propose de mettre un terrain à disposition, celui situé derrière le parking de la piscine de Magenta, et de reverser ce que la ville a perçu de l’assurance, à savoir 200 millions de francs. La ligue, en charge du dossier, a ensuite adressé des demandes de subventions à l’ANS (Agence nationale du sport), sans résultat. "Notre dossier a été recalé pour deux raisons. Il fallait non pas une délibération allouant le terrain, mais signer une convention, et la demande de subventions était trop importante."


    Voilà à quoi pourrait ressembler le futur mur d’escalade. Photo Anne-Claire Pophillat

    Une question de portage

    Les membres de la ligue comprennent alors que l’association n’a pas les moyens de porter seule le projet. C’est également, en substance, ce que le cabinet d’Emmanuel Macron a répondu aux courriers que lui a adressés Philippe Boquet. "L’État nous dit que ce serait mieux que ce plan soit porté par les collectivités publiques." Autre proposition du président de la République : phaser la reconstruction. "Trois agrès sont prévus. On peut en faire un cette année ou l’année prochaine, puis un autre celle d’après, pour aboutir, petit à petit, à la structure définitive."

    Le budget estimé pour reconstruire une structure d’escalade "complète et performante", pointe Philippe Boquet, s’élève à 600 millions de francs, dont "au moins deux tiers iraient aux entreprises calédoniennes". Réaliser le terrassement, raccorder aux réseaux, payer la maîtrise d’œuvre, etc., viendraient largement grignoter l’enveloppe de 200 millions de francs issue des assurances. Il manquerait, afin de pouvoir aménager le premier agrès, plusieurs dizaines de millions de francs.


    Le mur de Magenta a été incendié une deuxième fois au début des émeutes de mai 2024. Photo Archives LNC / DR

    Philippe Boquet entend ainsi mobiliser les collectivités – "ce qu’elles avaient fait à l’époque" -, afin de les inciter à s’emparer du dossier, seule condition pour obtenir un soutien national. Le représentant de la ligue a déjà, dans ce sens, rencontré la province Sud, "qui est intéressée", et doit également s’entretenir, le 18 septembre, avec le haut-commissaire.

    Un modèle quasi autonome

    Philippe Boquet insiste sur la "volonté" et la "motivation" de la ligue à reconstruire pour une troisième fois l’installation sportive (aménagée en 2009, elle a été détruite une première fois dans un incendie fin 2013, avant de renaître de ses cendres quelques mois plus tard), et met en avant la "réussite" du modèle économique, qui fonctionnait à plus de 90 % en autonomie. "J’y crois parce qu’on sait que ça marche, on a fait nos preuves", témoigne le vice-président.


    Le nouveau mur, s’il était aménagé, le serait toujours à Magenta, mais cette fois-ci sur le terrain derrière le parking de la piscine. Photo Archives LNC / Waldemar de Laage

    Il faut dire que le mur comptait quelque 100 000 entrées et près de 1 000 licenciés chaque année, embauchait quatorze salariés (il n’y en a plus aujourd’hui), accueillait tous les publics – scolaires, personnes en situation de handicap, etc. -, formait des champions localement – un double vainqueur de la Coupe du monde de vitesse, quatre titres européens et 17 en championnat de France en quinze ans. "Du sport et de l’éducation."

    Des sportifs du Pacifique venaient même s’entraîner à Magenta. "C’était le seul mur de l’hémisphère Sud aux normes internationales pour y faire des compétitions." Philippe Boquet évoque également les Jeux de Brisbane 2032 et l’intérêt de disposer d’équipements pour accueillir les équipes de France. "C’est un projet au bénéfice de tous sans exception. On a le savoir-faire, on sait comment construire, et on a l’expertise. Il ne manque plus que l’argent."

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