France
  • AFP | Crée le 18.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 18.06.2019 à 10h06
    Imprimer
    Christophe Castaner a réfuté le terme de violences policières lors des manifestations de « gilets jaunes ». Du 17 novembre 2018 au 8 juin, l’IGPN, la police des polices, a reçu 555 signalements sur sa plate-forme mise à disposition du public. 265 enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont 105 sont terminées. Photo AFP
    SÉCURITÉ. Christophe Castaner a lancé une réflexion sur l’actuel schéma national du maintien de l'ordre. Hier, une quinzaine d'experts étaient attendus au ministère de l'Intérieur.

    Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, organisait lundi un séminaire sur le schéma national du maintien de l’ordre après plusieurs mois de polémiques sur le sujet, notamment lors des manifestations de « gilets jaunes ».

    « La montée des violences et la multiplication des débordements en marge des manifestations observées ces dernières années rendent nécessaire une évolution en profondeur de notre doctrine et de nos méthodes », écrit le ministère dans un communiqué publié dimanche.

    « Depuis le mois de décembre, dans le contexte du mouvement des gilets jaunes, le ministère de l’Intérieur a engagé cette transformation en mettant l’accent sur la réactivité, la mobilité et l’autonomie des forces sur le terrain », est-il ajouté.

    Les six mois de protestations de « gilets jaunes » émaillées d’images de manifestants blessés, la main arrachée ou éborgnés, ont alimenté les polémiques sur le maintien de l’ordre et notamment sur l’usage des lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades de désencerclement, faisant ressurgir le terme de « violences policières ».

    « Tout est sur la table »

    « Je n’accepte pas l’expression de violences policières », a répété Christophe Castaner dans une interview au JDD parue dimanche.

    « C’est vrai qu’il y a des affrontements », reconnaît-il soulignant toutefois que « 1 900 policiers et gendarmes ont été blessés ». « Si certaines scènes m’ont surpris, c’est d’abord la violence à laquelle ont été exposées les forces de l’ordre », insiste-t-il.

    « Je soutiens nos policiers et nos gendarmes mais je ne m’interdis pas - je l’ai d’ailleurs fait - de demander des explications, des vérifications », ajoute-t-il.

    « Quel que soit le moyen de défense utilisé, il peut toujours y avoir des blessés. J’ai engagé une réflexion stratégique sur une révision de notre schéma national d’ordre public […] tout est sur la table, y compris la question des modalités d’usage des LBD. D’autres moyens peuvent être renforcés comme les lanceurs d’eau qui sont utilisés en Allemagne ou même les chevaux. »

    Une quinzaine d’experts étaient conviés au séminaire hier parmi lesquels le procureur de la République adjoint au parquet de Paris, Olivier Christen, l’ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue, le sociologue Patrick Bruneteau, l’ancien chef du groupement de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale, le général d’armée Jean-Régis Vechambre, ou encore les journalistes Guillaume Biet (Europe 1) et Georges Brenier (TF1).

    Des intervenants néerlandais, espagnols et allemands étaient également conviés à une table ronde intitulée « regards sur le maintien de l’ordre en Europe ».

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS