France
  • Katell Prigent et Sofia Bouderbala/AFP | Crée le 25.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.03.2019 à 09h09
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    Dans le défilé parisien, on s’en est pris au président, comme chaque samedi. Photo AFP
    SOCIÉTÉ. Entre 40 000 et 127 000 personnes ont défilé samedi, lors d’une journée marquée par des tensions dans plusieurs villes et par l’interdiction des Champs-Elysées aux manifestants.

    L’acte XIX du mouvement de contestation sociale a rassemblé 40 500 personnes en France, dont 5 000 à Paris, contre 32 000 la semaine précédente, selon les chiffres du ministre, contestés comme chaque samedi par les gilets jaunes. La page Facebook « Le nombre jaune » a fait état de 127 212 participants. Les scènes de violence de la semaine dernière n’ont pas eu lieu, mais des heurts ont éclaté dans plusieurs villes et plusieurs personnes ont été blessées, notamment à Nice où une militante septuagénaire a été grièvement touchée en tombant pendant une charge policière.

    A Paris, découragés par un imposant quadrillage policier sur les Champs-Elysées, jalonnés de fourgons bleus, les gilets jaunes ont préféré défiler dans le calme entre la place Denfert-Rochereau (sud) et la basilique du Sacré-Cœur (nord). « Ça aurait été de la provoc’ d’aller sur les Champs, vu la répression qu’ils ont annoncée », a estimé Jean-Paul Tonson, fonctionnaire de 57 ans. La situation s’est tendue en fin d’après-midi quand une partie du cortège a repris la direction du centre de la capitale. Les manifestants ont incendié des poubelles et vandalisé une devanture de banque, avant d’être dispersés à coup de lacrymogènes.

    A quelques encablures de là, place de la République, un policier d’une compagnie d’intervention a fait un malaise cardiaque et été conduit à l’hôpital, dans un « état très sérieux » selon la préfecture.

    Après avoir mené cette semaine une purge à la tête de la préfecture de police, l’exécutif avait promis la « fermeté » et annoncé le « renfort » de militaires, provoquant un tollé.

    Dans d’autres villes, la situation était plus tendue.

    Blacks blocs à Bordeaux

    À Montpellier, qui n’avait pas été soumis à des restrictions de manifester, des échauffourées ont éclaté et se sont poursuivies jusqu’au soir après le départ d’un cortège rassemblant 4 500 personnes selon la préfecture. Les forces de l’ordre ont procédé à des tirs nourris de grenades lacrymogènes, alors que des manifestants leur jetaient canettes et bouteilles de bière. Vingt personnes ont été interpellées. Des tensions étaient également palpables dans plusieurs villes où les manifestations avaient été interdites dans les lieux emblématiques et traditionnels points de rassemblement de gilets jaunes.

    A Nice, des heurts ont éclaté dans l’après-midi lorsque quelques centaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans le périmètre interdit aux rassemblements, déclenchant des tirs nourris de gaz lacrymogène. Au total 80 personnes ont été interpellées dans la ville où les présidents chinois et français sont attendus dimanche et lundi.

    A Bordeaux, place forte du mouvement, des tensions se sont fait sentir en centre-ville, là aussi interdit de manifestation, avec l’arrivée de militants des « blacks blocs » en milieu d’après-midi.

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