France
  • | Crée le 20.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 20.07.2016 à 11h20
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    Dès vendredi, Nicolas Sarkozy avait jugé indispensable de maintenir l’état d’urgence. Photo AFP
    Attentat. Cinq jours après le choc, le gouvernement devait demander hier aux députés de prolonger l’état d’urgence, dans un climat politique très tendu.

    La France sort de trois jours de deuil national, avec pour point d’orgue une minute de silence lundi midi en hommage aux 84 personnes tuées et 300 blessées le soir du 14 juillet sur la célèbre Promenade des Anglais, fauchées par Mohamed Lahouaiej Bouhlel au volant d’un poids lourd.

    Sur le front de l’enquête, les dernières investigations ont permis de dessiner un profil déroutant du tueur : un homme, inconnu des services antiterroristes qui, jusqu’à sa radicalisation « récente », était éloigné de la religion, consommait alcool, drogue et avait une « vie sexuelle débridée ».


    Acte Prémédité

    Aucun élément de l’enquête ne démontre à ce stade l’allégeance du Tunisien à l’Etat islamique, qui a revendiqué l’attentat, selon le procureur de la République de Paris, François Molins. Les photos retrouvées dans le téléphone du tueur et les images de vidéosurveillance ont prouvé sa détermination. Le Tunisien de 31 ans avait prémédité son acte, effectuant des repérages sur la Promenade des Anglais dans les jours précédant la tuerie. L’exploitation de son ordinateur et des nombreux SMS envoyés à partir de son portable se poursuit. Six personnes étaient toujours en garde à vue mardi matin, soupçonnées d’avoir été en contact avec lui ou de l’avoir aidé à se procurer le pistolet utilisé pour tirer sur des policiers.

    Côté politique, il n’y a pas eu de trêve et les hostilités ont repris de plus belle dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

    Le projet de loi de prorogation de l’état d’urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre, devait être examiné hier matin (mardi) en Conseil des ministres, avant son examen dans la soirée au Palais Bourbon. C’est Manuel Valls, hué à Nice lundi, qui viendra lui-même défendre cette quatrième prolongation, pour l’heure programmée jusqu’au 26 octobre.

    Mais « le débat sur la durée aura lieu au Parlement », a déjà fait savoir le Premier ministre. De fait, des sources parlementaires et gouvernementales ont indiqué lundi soir que l’état d’urgence devrait finalement être maintenu jusqu’à début 2017. Un geste en direction de la droite, qui ne votera ce texte que sous conditions. Le projet de loi va rétablir les perquisitions administratives et permettre d’exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis. Appelant au « rassemblement », Manuel Valls s’est montré ouvert à toute proposition pour « accroître l’efficacité » de l’état d’urgence, dans les limites de « l’état de droit ».


    Au sénat aujourd’hui

    Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, avait jugé vendredi « indispensable » de prolonger cet état d’urgence. Mais comme d’autres responsables de droite, il a depuis reproché à l’exécutif de ne pas avoir fait tout le nécessaire pour protéger les Français.

    A neuf mois de la présidentielle, François Hollande a répliqué lundi à la droite en invoquant une « obligation de dignité et de vérité » pour « ceux qui ont une parole publique ».

    Mais l’affrontement est aussi interne à la droite, à quelques encablures de la primaire. Ainsi M. Sarkozy a sévèrement taclé Alain Juppé lundi, en affirmant que « ce n’est pas raisonnable de dire que si on avait fait ceci ou cela, l’attentat (de Nice) n’aurait pas eu lieu », comme l’a affirmé le maire de Bordeaux. Le Sénat, à majorité de droite et où le débat aura lieu aujourd'hui mercredi, pourrait jouer les prolongations des débats parlementaires s’il adopte un texte différent de celui de l’Assemblée.

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