France
  • | Crée le 12.07.2016 à 11h20 | Mis à jour le 12.07.2016 à 11h20
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    Si l’OCDE salue l’ambition de la France en matière de politique environnementale, elle lui reproche aussi de dépasser régulièrement les normes de protection pour la santé humaine. Photo AFP
    Étude. L’Organisation de coopération et de développement économique a présenté hier, à Paris, son bilan de la politique française en termes d’environnement.

    La France a mené une politique « ambitieuse » en matière d’environnement et de transition énergétique, mais les pratiques agricoles, de transports et de gestion de l’eau et des déchets continuent de causer de « nombreuses pressions » sur le milieu, estime l’OCDE dans un rapport publié hier. Onze ans après son précédent bilan, l'Organisation de coopération et de développement économique a présenté à Paris, le volet français de ses « examens environnementaux ».

    L’OCDE salue les objectifs fixés dans les lois Grenelle (2009 et 2010) et celle sur la transition énergétique (2015), ainsi que le « rôle moteur » de la France dans l’adoption de l’accord international sur le climat en décembre dernier.


    éco-innovation

    Grâce à ces différentes initiatives, « la France a progressé sur la voie du découplage en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et des principaux polluants atmosphériques, les prélèvements d’eau douce et en stabilisant la production de déchets municipaux », constate l’Organisation.

    L’OCDE salue notamment la promotion des investissements dans la croissance verte, notant que la France « est l’un des leaders européens » de l’éco-innovation et que la valeur ajoutée et l’emploi y « ont crû plus vite que dans l’ensemble de l’économie ». Mais elle constate aussi que des résultats ne sont « pas toujours aussi bons qu’escomptés ».


    Des carences

    « L’agriculture intensive, l’urbanisation, l’artificialisation des sols et l’expansion des infrastructures de transport continuent de produire des effets néfastes sur la pollution de l’eau, de l’air et sur les écosystèmes », note le rapport. Et d’égrener que la France est « l’un des plus gros consommateurs de produits phytosanitaires du monde », que les concentrations d’ozone, de dioxyde d’azote et de particules fines dans l’air « dépassent régulièrement » les normes de protection pour la santé humaine, ou encore que l’artificialisation des sols « s’est accélérée », appauvrissant la biodiversité.

    En cause, selon l’OCDE, un mélange de carences dans la gouvernance des questions environnementales et d’un manque de volontarisme sur la fiscalité écologique. « Il reste une marge de progression pour verdir plus largement la fiscalité française », et « la modernisation de l’organisation territoriale et la simplification des réglementations environnementales sont d’autres évolutions bienvenues qui devraient être poursuivies », juge le rapport.

    L’organisation formule 33 recommandations, dont certaines ont déjà fait polémique en France, notamment dans les transports, comme la promotion de péages urbains, l’expérimentation d’une taxe poids lourds régionale ou l’élimination des exonérations de taxes sur les carburants.

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