fbpx
    France
  • LNC avec AFP | Crée le 24.03.2026 à 07h33 | Mis à jour le 24.03.2026 à 07h34
    Imprimer
    En 1998, Lionel Jospin signait les accords de Nouméa avec Roch Wamytan (à gauche sur la photo), Jacques Lafleur (à droite) et Paul Néaoutyine. Photo Archives LNC
    Ancien Premier ministre de 1997 à 2002 et signataire de l'accord de Nouméa, Lionel Jospin est décédé dimanche 22 mars, à 88 ans. Des hommages officiels sont prévus dès mardi à l'Assemblée nationale et jeudi lors d'une cérémonie nationale.

    L'ancien Premier ministre socialiste français Lionel Jospin, chef du gouvernement de 1997 à 2002 et signataire en 1998 de l'accord de Nouméa, est décédé dimanche 22 mars, à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille.

    Un hommage national sera rendu jeudi matin à celui qui avait porté la "gauche plurielle" au gouvernement entre 1997 et 2002. C'est à ce moment qu'il avait signé l'accord de Numéa, avec Jacques Lafleur et Roch Wamytan.

    "Je veux avant toute chose dire ici l'émotion, le respect de la Nation tout entière et dire qu'un hommage national lui sera rendu jeudi", a déclaré le président Emmanuel Macron lundi soir, sans préciser si la cérémonie aurait lieu aux Invalides. Le chef de l'Etat avait plus tôt salué un "grand destin français".

    Un hommage est également prévu à l'Assemblée nationale mardi, selon l'agenda de sa présidente Yaël Braun-Pivet.

    "Une austère qui se marre"

    Premier secrétaire du parti socialiste de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 puis en 2002, un scrutin marqué par la qualification du leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen pour le second tour, contrairement à Lionel Jospin.

    Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait été ministre de l'Education de François Mitterrand entre 1988 et 1992 et premier secrétaire du Parti socialiste de 1981 à 1988, puis de 1995 à 1997.

    Celui qui se définissait lui-même comme un "austère qui se marre" a mené ce rassemblement à la victoire surprise des élections législatives de 1997, convoquées par le président Jacques Chirac après une dissolution censée au contraire conforter son pouvoir.

    Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile, le Pacs, précurseur du mariage pour tous.

    Il avait aussi tenu bon sur le principe selon lequel aucun ministre ne pouvait rester au gouvernement s'il était mis en examen, une jurisprudence qui a ensuite fait long feu.

    Echec aux présidentielles

    Mais il n'avait pas réussi à transformer l'essai. Et coup de tonnerre le 21 avril 2002, c'est Jean-Marie Le Pen qui s'était qualifié au second tour de la présidentielle, en duel contre Jacques Chirac.

    Le soir même, Lionel Jospin avait annoncé son retrait de la vie politique dans une séquence restée gravée dans les esprits.

    Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

    Pendant le quinquennat de François Hollande (2012-2017), il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique. Il a siégé au Conseil constitutionnel de 2014 à 2019.

    Il était ensuite intervenu ponctuellement dans la vie publique, en particulier pour dénoncer les alliances du Parti socialiste avec La France insoumise.

    Réactions de la classe politique

    Lionel Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse" et être en convalescence à son domicile, mais sans divulguer de détails.

    Les réactions ont afflué de toute la classe politique. Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de Lionel Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive".

    "C'était un homme d'Etat et je n'en vois pas beaucoup aujourd'hui, à droite comme à gauche, c'était un véritable homme de gauche, c'est-à-dire d'une gauche qui bien sûr a des valeurs", a souligné Martine Aubry.

    L'ancien président François Hollande a salué un "homme engagé" qui avait fait preuve de sa "conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité".

    "Monstre sacré de la gauche" pour Marine Tondelier, "dernière apparition d'un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures", pour Manuel Bompard: bien au-delà du PS, les personnalités de gauche saluent un homme qui a porté une génération de responsables politiques.

    Même à droite et au centre, la figure morale de Lionel Jospin a été saluée.

    "Il emmène avec lui une part de la gauche laïque, attachée à l'universalisme républicain", a réagi le président du Sénat Gérard Larcher. Reconnaissant "un adversaire politique", Marine Le Pen a également rendu hommage à "un homme de gauche intègre".

    Le sénateur Georges Naturel a rappelé qu'en "engageant la France dans la voie de l'Accord de Nouméa, il a non seulement contribué à apaiser notre caillou, mais il a également posé un acte politique majeur pour ouvrir un chemin fondé sur la dignité, le respect et la confiance."

    MERCI DE VOUS IDENTIFIER
    X

    Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

    J'AI DÉJA UN COMPTE
    Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
    Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
    JE N'AI PAS DE COMPTE

    Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
    Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement.
  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS