France
  • | Crée le 02.03.2019 à 04h35 | Mis à jour le 02.03.2019 à 04h35
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    Le département annonce l’ouverture fin 2019 d’une centaine de places d’hébergement dédiées aux mineurs non accompagnés (MNA).Photo Boris Horvat/AFP

    Social. « Nous sommes des enfants normaux, on veut être protégés ! » : plusieurs dizaines de jeunes migrants ont crié leur détresse à Marseille jeudi, le jour même où la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la France pour le « traitement dégradant » d’un Afghan de 12 ans.

    En rangs serrés, ils ont marché à vive allure sur les cinq kilomètres qui séparent leur squat de Saint-Just, un ancien bâtiment religieux qu’ils occupent depuis plus de deux mois, des marches du palais de justice. « On est en colère, on n’en peut plus ! », s’écrie Jamie, repoussé par le bouclier d’un policier devant le tribunal.

    A ses côtés, Taori, 16 ans, ne se satisfait pas non plus du logement précaire que lui offre la grande bâtisse. Les yeux humides, le jeune Ivoirien aux cheveux courts s’indigne : « C’est pas normal, j’ai une ordonnance de placement (OPP) du juge et pourtant je ne vais pas à l’école, je n’ai pas de place en foyer ! ».


    139 mineurs dans le squat

    Une petite délégation parvient à remettre au secrétariat du procureur un courrier résumant leurs revendications. « Ça ne lui fait rien au juge pour enfants de voir que ses décisions ne sont pas respectées par le département ? », interroge Anne Gautier, porte-parole du collectif 59 Saint-Just qui leur vient en aide.

    En 2018, 532 mineurs ont été confiés par la justice au département des Bouches-du-Rhône. Cette même année, la collectivité a été condamnée à 186 reprises par la justice administrative pour avoir failli à son obligation de prise en charge des mineurs bénéficiant d’une OPP.

    « On a calculé, on fait économiser 21 000 euros par jour au conseil départemental en hébergeant les jeunes à Saint-Just ! », assure Anne Gautier. Selon elle, 139 mineurs, dont 20 avec une OPP, vivent actuellement dans le squat de Saint-Just. « Des chiffres très fantaisistes que nous ne pouvons pas vérifier », répond à l’AFP Brigitte Devesa, conseillère départementale en charge du dossier MNA (mineurs non accompagnés), le collectif refusant de lui transmettre la liste des mineurs du squat. « Si on leur donne la liste, ils vont les placer en priorité et c’est injuste pour tous ceux qui sont à la rue », défend Anne Gautier.

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