- Julien Mazzoni | Crée le 13.02.2026 à 14h41 | Mis à jour le 13.02.2026 à 14h41ImprimerLa liste Dumbéa Collectif veut proposer "une autre façon de faire de la politique". Photo Julien MazzoniÀ Dumbéa, une liste citoyenne fait le choix d'une candidature collective pour les municipales de mars. Refusant la figure du "leader" et les "promesses toutes faites", Dumbéa Collectif défend une méthode fondée sur la participation des habitants, la coconstruction des décisions et une nouvelle façon de faire vivre la démocratie.
"Nous ne croyons plus à la figure providentielle." À treize jours de la date limite de dépôt des candidatures pour les municipales, Vaimu’a Muliava et Dumbéa Collectif font un pas de côté. Pas de tête de liste mise en avant, pas de programme figé, mais une candidature qui se veut "collective" et qui revendique une "autre façon de faire de la politique". "Il faut changer la méthode, et ça commence par s’oublier soi-même devant un collectif", résume l’élu Éveil océanien au Congrès, intronisé le week-end dernier par son parti pour soutenir une liste sur une des huit communes où l’EO sera présente.
La liste se présente donc comme un échantillon de la société dumbéenne : on y trouve des jeunes, des retraités, des artistes, des entrepreneurs, des agents publics, mais aussi des élus encartés ou non. "Des militants politiques et associatifs, des gens du terrain, de tout âge, à l’image de la société", insiste Vaimu’a Muliava.
Un choix revendiqué par tous les colistiers et qui émane d’un constat : lors des municipales de 2020, 56 % des électeurs dumbéens ne se sont pas rendus aux urnes. "Quand plus d’un électeur sur deux ne vote pas, il faut se demander pourquoi", glisse-t-il, faisant le lien avec les quartiers populaires et la défiance envers la politique exprimée ces dernières années, notamment par les plus jeunes citoyens.
Fracture démocratique
Pour réparer cette fracture démocratique, Dumbéa Collectif met en avant une démarche participative articulée autour de la création d’une assemblée citoyenne communale, ancrée dans des conseils de quartier complètement repensés. "Recueillir les doléances, les accompagner, les formaliser, puis les porter au sein de la commune", détaille Vaimu’a Muliava. Avec un slogan qui résume bien leur philosophie : "Les Dumbéens décident, la commune accompagne."
Une approche qui a séduit des profils très éloignés de l’appareil politique traditionnel. À 34 ans Lorick Uregei, agent de la fonction publique, explique son engagement sans détour : "J’étais dégoûté de la politique. J’avais l’impression que les jeunes n’étaient plus écoutés. Là, on les met en avant, et surtout, on les écoute." Un sentiment partagé par l’artiste Malaki, 30 ans, issu d’un quartier populaire : "Ici, j’ai l’impression d’être écouté et pas utilisé. Les élus deviennent des médiateurs, des facilitateurs de dialogue", estime-t-il.
Pas de promesse
À rebours des campagnes traditionnelles, la liste assume également ne pas faire de promesses. "On ne promet rien, explique Jacqueline Rémy, enseignante à la retraite. Mais avec la coconstruction, on augmente les chances que chacun se sente mieux dans sa commune." Quant au programme, il se construira au fil des échanges sur le terrain. "Les gens pensent qu’on arrive avec un programme tout fait. En réalité, on vient le tailler avec eux", ajoute Sialetaginoa Muliava, 26 ans.
Si les axes évoqués restent larges – sécurité, alimentation, cohésion sociale – un fil rouge se dégage. "La sécurité, ce n’est pas seulement l’affaire de la police, c’est aussi celle des habitants, des quartiers, des parents, de tous les habitants", plaide le collectif, qui mise sur le palabre, le dialogue et la prévention, sans exclure la sanction lorsque nécessaire.
Dépasser les étiquettes politiques
Si la présence sur la liste de personnes issues de différentes sensibilités politiques (Éveil océanien, Calédonie ensemble ou encore MNIS) suscite des interrogations, "avant d’être des militants, nous sommes des citoyens, répond Vaimu’a Muliava. La dichotomie entre l’élu et l’habitant doit cesser." Une volonté de dépasser les clivages pour se concentrer sur une politique de proximité. "Nous, la jeunesse, on ne veut plus de dirigeants, on veut des pacificateurs", lance une intervenante.
D’ici au dépôt des listes, le collectif entend poursuivre les réunions de quartier. Et même s’ils n’obtiennent pas la majorité lors du scrutin du 15 mars, ses membres assurent qu’ils feront vivre la méthode, même dans l’opposition. "Il faut changer la façon de décider, donner la parole à ceux qui ne parlent jamais. Si on ne le fait pas maintenant, on le fera quand ?", interroge Vaimu’a Muliava, convaincu de son pari d’un réveil citoyen.
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