Grand Nouméa
  • Sophie Boltz | Crée le 11.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 11.04.2019 à 07h27
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    Le Port autonome insiste sur le fait que chaque propriétaire est responsable de son bateau et de son corps-mort. Photo Thierry Perron
    NOUVILLE. Plusieurs bateaux sont échoués en petite rade et à Numbo. Le Port autonome signale aux propriétaires que si ces épaves ne sont pas retirées, ils sont passibles d’amendes allant jusqu’à 180 000 francs.

    On les retrouve çà et là. Que ce soit en baie de l’Orphelinat, à la pointe de l’Artillerie, à la pointe Denouel, à Nouville, ou encore en baie de Numbo. Le Port autonome a récemment recensé quinze navires échoués, ce qui n’est pas sans risque. « Ils peuvent gêner ou obstruer la navigation », souligne Christophe Tendron, commandant de port.

    Pour rappel, selon la loi du pays 2001-017, l’échouement d’un navire peut être considéré comme une atteinte au domaine public maritime et sanctionné d’une amende allant jusqu’à 180 000 francs.

    Bientôt un mouillage organisé

    Gestionnaire de l’espace maritime, le Port autonome invite donc les propriétaires à évacuer leurs embarcations échouées d’ici la fin du mois. Pas facile pourtant de les identifier ou de les joindre.

    Si le phénomène d’échouement progresse à Nouméa ? Non, il est « récurrent », mais n’en demeure pas moins problématique.

    A l’origine, le passage de dépressions. « Quand il y a un coup de vent comme en février dernier, il y a des navires échoués », relève Christophe Tendron. Mais ce n’est pas tout. La négligence de certains plaisanciers joue aussi un rôle. « Il faut pourtant que les navires soient en état de naviguer et que leurs propriétaires assurent la sécurité au mouillage sur le plan d’eau », insiste-t-il. Sans compter le vieillissement de la flotte.

    « Plus les bateaux sont vieux, plus ils sont difficiles à entretenir. On peut arriver à des situations comme celles-ci », précise Justin Bellier, lieutenant de port. Un bateau décroche et échoue...

    Une nouvelle organisation devrait changer la donne. Alors que les plaisanciers n’ont pas de place attribuée, le Port autonome planche sur un projet de mouillage organisé qui devrait voir le jour à l’horizon 2020, à la Moselle. Le principe ? Cette organisation donnerait justement droit à une place. « Les corps-morts seraient identifiés. Les gens paieraient une taxe pour accéder à plusieurs services », explique Christophe Tendron. « Il pourrait y avoir des places de parking, des emplacements à terre pour les annexes, un ponton d’avitaillement et des services pour les poubelles et les sanitaires », détaille à son tour Justin Bellier. De quoi résoudre les éventuels conflits d’occupation entre plaisanciers. Tout en s’assurant que les bateaux restent bien dans la zone de mouillage et ne s’installent pas non plus jusque dans le chenal réservé aux paquebots.


    15

    C’est le nombre de navires échoués dans la petite rade de Nouméa ainsi qu’à Numbo. Sur ce nombre, douze sont des bateaux de plaisance. Sur ces douze, cinq se sont échoués en février dernier, à la suite du passage de la dépression Oma.

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