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    Grand Nouméa
  • Julien Mazzoni | Crée le 27.02.2026 à 15h00 | Mis à jour le 17.03.2026 à 15h16
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    La mairie a bâti un budget 2026 contraint par une chute conséquente des recettes. Photo archives LNC Niko Vincent
    Adopté lors du conseil municipal du mercredi 25 février, le budget primitif de la ville de Nouméa repose sur les excédents de 2025 pour pouvoir absorber la chute des recettes, financer la reconstruction post-émeutes et maintenir les services de proximité, sans recourir à l’emprunt. Décryptage.

    Un budget de 25,1 milliards de francs

    Le conseil municipal de Nouméa a adopté mercredi 25 février son budget principal primitif 2026, arrêté à 25,14 milliards de francs en recettes et 23,77 milliards de francs en dépenses. Un écart qui s’explique par la réutilisation d’une partie de l’excédent dégagé en 2025 pour financer son budget 2026. Ce mécanisme permet à la ville de ne pas recourir à l’emprunt cette année.

    Dans le détail, la section de fonctionnement, qui finance les dépenses du quotidien, s’élève à 17,19 milliards de francs, tandis que la section d’investissement représente 6,58 milliards en dépenses, consacrées notamment aux travaux, aux équipements publics et à la reconstruction.

    Recettes fiscales en chute libre

    Mais si l’on exclut les excédents reportés, les recettes réellement attendues en 2026 tombent à 13,8 milliards, contre 21 milliards en 2025. Depuis 2023, la ville a ainsi perdu 4,3 milliards de recettes cumulées, soit près d’un quart de ses ressources, dont 2,8 milliards de francs de recettes fiscales.

    Cette chute est particulièrement visible du côté des impôts communaux. Les recettes fiscales sont estimées à 5 milliards de francs, en baisse de 1,15 milliard par rapport à l’an dernier. La note budgétaire précise que cette diminution est principalement liée à l’érosion des centimes additionnels, qui reculent de 1,1 milliard de francs en un an, tandis que les autres taxes communales évoluent peu.

    Les dotations, première ressource de la ville

    Autre pilier du budget, les dotations versées par l’État, la Nouvelle-Calédonie et la province Sud atteignent 7,06 milliards de francs. Elles restent la première source de financement de la commune, mais reculent elles aussi, avec 312 millions de francs de moins qu’en 2025. Le Fonds intercommunal de péréquation (FIP) est évalué à 3,5 milliards de francs, sur la base d’une hypothèse prudente retenue par la commune.

    Lors du débat, plusieurs élus ont insisté sur le caractère trompeur que pourrait avoir une lecture brute des chiffres. Emmanuel Bérart, de la liste Générations Nouméa, un nouvel horizon, a ainsi souligné que le budget 2026 "peut sembler confortable, mais c’est un épiphénomène. Si l’on enlève les recettes exceptionnelles, la situation est très différente à celle de l’an dernier." En 2025, la mairie avait en effet perçu 5 milliards de francs d’indemnisations d’assurance après les émeutes de 2024, ainsi qu’une aide exceptionnelle de l’État, des recettes qui ne se retrouvent pas en 2026.

    "Exercice de funambulisme"

    Côté dépenses, le budget prévoit 14,33 milliards de francs en fonctionnement, en hausse de 7 %. Cette augmentation correspond principalement au rétablissement progressif des services municipaux, avec 750 millions consacrés à la propreté urbaine et 1,18 milliard à l’entretien des bâtiments, des voiries et des espaces verts, auxquels s’ajoutent les charges courantes comme l’eau, l’électricité ou les assurances.

    La masse salariale est, elle, inscrite à 7,59 milliards de francs, en légère baisse par rapport à 2025. Malgré les revalorisations décidées au niveau national, la mairie met en avant une réduction des effectifs sur la durée de la mandature, permise par des réorganisations internes.

    Pour Patrick Guillon, troisième adjoint au maire chargé du budget et des finances, l’exercice 2026 reste placé sous le signe de la prudence. Il a résumé la situation devant le conseil en rappelant que "le nœud du problème, ce sont les recettes", qualifiant la construction du budget d'"exercice de funambulisme".

    Plus de 2 milliards de grands chantiers

    Les investissements, eux, s’élèvent à 6,28 milliards de francs, sans emprunt donc. Ils se concentrent sur les priorités déjà engagées : 2,22 milliards pour les grands chantiers (voiries, écoles, éclairage public, sécurité) et 882 millions pour la reconstruction des équipements détruits lors des émeutes de 2024.

    Malgré les contraintes, la mairie de Nouméa maintient également son soutien au tissu associatif. Les subventions et contributions atteignent 1,92 milliard de francs, dont 1,36 milliard de subventions aux associations, soutenues par la dotation de solidarité républicaine (448,7 millions), destinée notamment aux actions sociales, à la jeunesse, à la culture et à la restauration scolaire.

    Comment lire un budget de mairie

    Le fonctionnement : faire tourner la ville au quotidien

    La section de fonctionnement regroupe toutes les dépenses nécessaires au fonctionnement courant de la commune.
    On y trouve notamment :

    • les salaires des agents municipaux
    • la propreté urbaine
    • l’entretien des écoles, des routes, des bâtiments et des espaces verts
    • les subventions aux associations
    • les factures courantes (eau, électricité, assurances)

    Ces dépenses sont financées par :

    • les impôts locaux (dont les centimes additionnels)
    • les dotations versées par l’État, la Nouvelle-Calédonie et la province Sud
    • les recettes des services municipaux (stationnement, locations, redevances…)

    En 2026, les recettes de fonctionnement réellement attendues s’élèvent à 13,8 milliards de francs, un niveau nettement inférieur à celui des années précédentes.

    L’investissement : préparer et réparer sur le long terme

    La section d’investissement concerne les dépenses qui engagent la commune sur plusieurs années :

    • travaux de voirie
    • écoles et équipements sportifs
    • éclairage public
    • bâtiments municipaux
    • reconstruction des équipements détruits lors des émeutes de 2024.

    Ces dépenses peuvent être financées par :

    • des subventions
    • des emprunts
    • ou les excédents dégagés les années précédentes.

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