- Baptiste Gouret | Crée le 12.03.2026 à 13h58 | Mis à jour le 12.03.2026 à 13h58ImprimerLe tribunal a rejeté la requête visant à suspendre le regroupement des bureaux de vote pour le premier tour des élections municipales, formulée par Muneiko Haocas. Photo Archives LNC/Nicolas PetitSaisi par la liste "Nouméa, cœur battant" portée par Muneiko Haocas, le juge des référés a estimé que la requête, visant à suspendre le regroupement des bureaux de vote, a été formulée trop tard. Le recours a été déposé le 10 mars, à cinq jours du premier tour, concernant un arrêté du haut-commissariat publié dès le 27 février. "La procédure est loin d'être terminée", a réagi le MNIS, qui annonce le dépôt de deux autres référés.
Le tribunal administratif a rejeté le recours déposé par Muneiko Haocas, à la tête de la liste "Nouméa, cœur battant", contre l’arrêté du haut-commissariat fixant la liste des bureaux de vote, qui seront regroupés en huit sites pour le premier tour des élections municipales à Nouméa, dimanche 15 mars. La présidente du MNIS fait partie des candidats qui dénoncent, depuis plusieurs jours, ce regroupement décidé par la municipalité. Il s’apparente, selon elle, à une atteinte à la démocratie et une menace pour le droit de vote des électeurs des quartiers populaires, qui rencontrent davantage de difficultés pour se déplacer.
Elle a saisi le tribunal administratif le 10 mars afin de suspendre l’exécution de l’arrêté du haut-commissariat et rétablir les anciens lieux de vote ou, à défaut, organiser un système de transports en commun le jour du scrutin. L’audience s’est tenue dès le lendemain, mercredi 11 mars. Le juge des référés a rendu sa décision ce jeudi 12 mars, rejetant la requête de la candidate.
Dans son ordonnance, ce dernier considère en effet que le recours a été déposé tardivement, onze jours après la publication de l’arrêté du haut-commissariat, le 27 février. Par conséquent, la requérante "doit être regardée comme s’étant placée elle-même dans la situation d’urgence dont elle se prévaut". La condition d’urgence, exigée dans le cadre de cette procédure, ne peut dès lors pas "être regardée comme remplie".
"Sécurisation plus aisée"
Le juge n’a donc pas eu à se prononcer sur les autres motifs exposés. Muneiko Haocas invoquait notamment l’atteinte "grave et manifestement illégale" à la libre expression du suffrage que constitue, à ses yeux, ce regroupement. De son côté, le haut-commissariat s’est défendu en indiquant que la concentration des bureaux de vote, déjà mis en place lors des élections européennes et législatives de juin 2024, n’avait pas nui à la participation. Cette répartition, fixée sur demande de la ville de Nouméa, serait par ailleurs la conséquence de la destruction durant les émeutes de certains lieux qui accueillaient auparavant les bureaux de vote, notamment des écoles. Ce nombre réduit de sites permet également, selon les autorités, "une sécurisation plus aisée" du scrutin.
Le MNIS a réagi, indiquant "prendre acte" de l’ordonnance du juge des référés. "Cette décision ne tranche pas la légalité de l’arrêté du haut-commissaire", estime le mouvement, qui souligne que le juge s’est prononcé exclusivement sur la forme. Ainsi, "le problème demeure entier", pour le MNIS, qui affirme que " la procédure est loin d’être terminée". "Deux autres référés sont en cours devant le tribunal administratif", tandis qu’un recours "pour excès de pouvoir" aurait également été engagé contre l’arrêté organisant les opérations électorales. "Le MNIS ira jusqu’au bout pour faire respecter l’égalité devant le suffrage, la sincérité du scrutin et le droit pour chaque citoyen de voter dans des conditions normales."
La contestation ne devrait pas se limiter au cadre judicaire. La liste du FLNKS, "Unité pays, la voie des quartiers populaires", également opposée à cette organisation électorale, a appelé à la mobilisation et prévoit un mouvement de protestation devant l’hôtel de ville de Nouméa, vendredi 13 mars à 8 heures.
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