Grand Nouméa
  • Clémentine Guenot / clementine.guenot@lnc.nc | Crée le 14.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 14.06.2019 à 07h28
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    La réglementation générale impose de collecter tous les déchets produits. La charte chantier vert, de les trier. Photo C.G.
    6e KM. La construction du lotissement des Villas du 6e Km a débuté en janvier. C’est le premier chantier dit « vert » que mène le FSH. Une méthodologie qui se développe de plus en plus dans le bâtiment.

    Un panneau annonce la couleur à l’entrée du lotissement des Villas du 6e Km, actuellement en construction : les travaux répondent à la charte chantier vert. Il se situe au croisement des rues Dalmayrac et des Camélias.

    À l’origine, en 2014, le projet présenté par le Fonds social de l’habitat (FSH) n’avait pas le même visage. Avec une densité plus forte et des structures plus hautes, les constructions n’ont pas fait l’unanimité des institutions et des riverains. Il a donc été revu et corrigé. L’architecture des Villas du 6e a été entièrement transformée. Il s’agit désormais de 34 logements en duplex à côté desquels viendront s’ajouter 16 villas de plain-pied (qui ne font pas partie du chantier actuel). Par ailleurs, les méthodes de construction répondent désormais aux exigences environnementales du terrain. Celui-ci est situé sur une butte et bordé, au sud et à l’o^uest, par une portion de mangrove, fragile écosystème à préserver.

    La Direction de l’environnement de la province Sud a d’ailleurs imposé des contraintes au maître d’ouvrage sur ces différents aspects. « C’est à ce moment que l’on a réfléchi à réaliser un chantier vert », précise Gabrielle Demers, chargée de l’opération au FSH, une décision qui n’impliquait pas de changements techniques radicaux dans la manière d’exécuter le chantier. « La plus grande difficulté, c’est la gestion des humains », concède Gabrielle. « Nous avons des ouvriers qui sont dans l’entreprise depuis plus de vingt ans. Au début, ils étaient réticents, mais petit à petit, le message passe », s’enthousiasme Médéric Chevalier, responsable hygiène sécurité environnement (HSE) pour OCR, l’entreprise qui réalise le gros œuvre.

    « Quand on part, tout est propre »

    Le message, c’est Jocelyn Meschenmoser, directeur de l’antenne locale du Laboratoire d’écologie urbaine qui est chargé de le diffuser sur le site.

    Les règles sont simples. « Quand on arrive sur le terrain, tout est propre. Quand on en part, tout doit être propre aussi », lance Jocelyn Meschenmoser. Pour cela, des procédures particulières ont été mises en place. Deux zones de lavage du béton ont été installées sur le site. Elles doivent filtrer les résidus de béton et limiter l’acidité de la matière qui s’infiltre dans les sols.

    Il y a également un tri sélectif des déchets produits. « Nous avons plusieurs bennes sur le terrain. On sépare le bois, le métal, les déchets dangereux, comme les bombes aérosols et, plutôt que de les envoyer à la déchetterie, on les trie », précise le directeur de l’antenne locale du LEU. Enfin, le groupe électrogène, qui fait fonctionner la grue, est posé sur un bac de rétention. Cela évite que de l’huile ou de l’essence ne soient déversées dans la nature. Voilà ce qu’impose la charte pour un chantier vert.

    Cela dit, l’attention portée à l’environnement va au-delà. Jocelyn Meschenmoser doit notamment vérifier l’état de la mangrove, dont l’étude sur l’état initial montre « un milieu très fortement pollué ». Pour cela, un fossé périphérique a été créé autour du chantier pour récupérer les polluants. Les arbres ont également fait l’objet d’une attention particulière. Un certain nombre de végétaux ont ainsi été conservés sur le chantier et 400 m2 de forêt sèche doivent aussi être replantés à l’issue des travaux.

    Toutefois, pour que les bénéfices de ce chantier vert soient pérennes, il faut espérer que la construction des seize villas attenantes respecte aussi l’environnement et la mangrove, dont elles sont tout aussi près.


    Pas de révolution sur les chantiers verts

    À l’entrée du chantier, des panneaux indiquent le label « chantier vert » des travaux. Photo C.G.

     

    La charte chantier vert existe depuis 2009 sur le territoire. Elle est supervisée par la Chambre de commerce et d’industrie de Nouvelle-Calédonie. Une initiative « soutenue par l’ensemble de la profession », affirme la CCI.

    Respect de la réglementation

    Un chantier vert est un chantier qui respecte la charte, dans laquelle les signataires s’engagent à se conformer à un certain nombre de principes. Le premier, est le respect de la réglementation. Viennent ensuite la gestion des déchets puis la limitation des pollutions. Ils doivent aussi respecter la biodiversité et limiter l’érosion. Enfin, il s’agit de réduire les nuisances sonores au maximum. Pour veiller à ce que les conditions soient respectées, un chantier vert est inspecté par des personnels de la CCI, mais aussi de la Direction de l’environnement de la province Sud.

    Les chantiers verts ne sont pas à proprement parler une révolution dans le secteur du bâtiment. Il s’agit avant tout de suivre et de respecter les différentes réglementations en vigueur. Celles du code de l’environnement et du travail principalement.

    Cela dit, la charte impose un tri sélectif des déchets ainsi qu’un véritable contrôle des polluants rejetés dans le milieu. Des mesures qui « relèvent du bon sens », estime Jocelyn Meschenmoser, du Laboratoire d’écologie urbaine.


    1,189 milliard de francs

    C’est le coût total du chantier vert des Villas du 6e, soit les 34 logements en duplex. 

    Pour ce qui concerne les 16 villas de plain-pied attenantes, les travaux se chiffrent à 485 millions de francs.

    Repères

    Début 2014

    Présentation du projet de logement collectif les Hauts de la mangrove, largement critiqué par le Comité de défense du 6e km.

    26 mai 2014

    Refus du permis de construire par la ville qui demande que la densité du projet soit revue à la baisse.

    2016

    Mise en place du programme du nouveau projet en lieu et place des Hauts de la mangrove, moins dense. Et début des études préalables.

    3 juillet 2018

    Le FSH obtient le permis de construire pour le projet des Villas du 6e Km.

    Janvier 2019

    Début du premier chantier vert du FSH, concernant 34 logements.

    Août 2020

    Date prévue pour la livraison des 3 F3, 20 F4 et 11 F5 des Villas du 6e Km.

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