- Propos recueillis par Julien Mazzoni | Crée le 17.02.2026 à 05h00 | Mis à jour le 17.02.2026 à 05h00ImprimerPour Mimsy Daly, son engagement politique est la continuité de son engagement auprès des entreprises. Photo Julien MazzoniAncienne présidente du Medef Nouvelle-Calédonie, Mimsy Daly tourne la page de cinq années à la tête de l’organisation patronale pour s’engager en politique. Nouméenne de toujours, elle rejoint la liste de la maire sortante Sonia Lagarde pour les municipales de mars. Une "évolution de l’engagement", dit-elle, motivée par les crises traversées et la nécessité de reconstruire au plus près du terrain.
Pourquoi quitter le Medef pour entrer en politique ?
Les deux sont liés. C’est une évolution de mon engagement, qui reste intact, mais qui évolue. Pendant cinq ans, je me suis engagée bénévolement pour les entreprises, dans un contexte de crises majeures. À un moment donné, on ne peut pas fermer les yeux sur les problématiques sociétales et sociales. Porter cet engagement plus loin, c’est aussi aller solliciter un mandat public.
Quel bilan tirez-vous de vos cinq années à la tête du Medef ?
Ça a été cinq années extrêmement marquantes. Il y a eu la Covid, la crise économique, celle du nickel, puis les émeutes de mai 2024. Une succession de chocs. Malgré cela, le Medef a résisté et même, paradoxalement, s’est renforcé. Beaucoup d’entrepreneurs nous ont rejoints : nous sommes passés d’environ 300 à 500 adhérents sous ma mandature. Je retiens surtout la cohésion des chefs d’entreprise dans la difficulté. Le tissu économique calédonien plie, mais ne casse pas.
Le Medef est souvent perçu comme un monde de patrons. Vous avez cherché à casser cette image ?
J’espère y avoir contribué. Je dirige moi-même une petite entreprise de moins de dix salariés. Or, 90 % des entreprises en Nouvelle-Calédonie sont des TPE [très petites entreprises, NDLR]. Le Medef, ce n’est pas le gros capital ou les multinationales, c’est d’abord une majorité de petites structures. Défendre l’entreprise, c’est aussi défendre l’emploi, donc la cohésion sociale. C’est pour ça que nous avons porté, par exemple, de manière assez nouvelle, la revalorisation des bas salaires avec une réduction des charges.
Les Calédoniens ont besoin de politiques de proximité.
Vous restez optimiste sur l’avenir économique du pays ?
Oui. La Nouvelle-Calédonie a énormément d’atouts et de potentiels inexploités : le tourisme, la transition énergétique, l’agriculture, le nickel. À partir du moment où il y aura un cap et de la stabilité, ça peut repartir vite et fort. Le tourisme, par exemple, peut devenir un relais de croissance majeur s’il est bien accompagné.
Pourquoi avoir choisi l’échelon communal pour vous lancer en politique, et Nouméa en particulier ?
La commune est un échelon fondamental pour le redressement de la Nouvelle-Calédonie. Les Calédoniens ont besoin de politiques de proximité. La cohésion sociale et l’attractivité des villes sont essentielles à la reconstruction. Et Nouméa, c’est ma ville : j’y ai grandi, mes enfants y sont nés, mes ancêtres y reposent. Cet engagement, c’est agir concrètement pour l’avenir du pays.
Pourquoi rejoindre la liste de Sonia Lagarde ?
Parce que je respecte énormément son éthique politique, sa capacité de travail et son parcours. Il y a aussi, dans ce choix, une part d’apprentissage. Gérer une ville comme Nouméa demande de l’expérience et un engagement total. Pour toutes ces raisons, m’engager à ses côtés m’est apparu comme une évidence.
On ne peut pas rester insensible à la souffrance des quartiers.
Votre passé de "patronne des patrons" peut-il être un frein en termes de proximité ?
Je ne le pense pas. J’ai grandi au 7e Kilomètre, travaillé dix ans à Montravel, été administratrice du Fonds social de l’habitat. J’ai touché de près aux problématiques sociales, notamment via le dialogue social. Les émeutes et la destruction de quartiers comme Rivière-Salée ou la Vallée-du-Tir m’ont profondément marquée. On ne peut pas rester insensible à la souffrance des quartiers.
Qu’apporterez-vous au conseil municipal ?
Un regard du secteur privé, une connaissance du tissu économique, mais pas seulement. Je veux aussi travailler sur la jeunesse et la cohésion sociale. La réinsertion des jeunes est un enjeu majeur. La sécurité est importante, bien sûr, mais sans cohésion sociale, on ne reconstruira rien durablement.
Avez-vous d’autres ambitions, comme celle de devenir maire un jour ?
C’est beaucoup trop tôt. C’est un univers nouveau pour moi. J’ai énormément à apprendre. Cette campagne, je la vois avant tout sur le terrain au contact des Nouméens. Le quotidien, les services de proximité, la vie des quartiers : c’est là que tout va se jouer.
Note
Dans le cadre de la campagne municipale, une réunion de quartier est prévue mardi 17 février à Rivière-Salée, à la salle de boxe Vincent-Kafoa, à partir de 18 heures. La rencontre se tiendra en présence de Sonia Lagarde et des membres de sa liste, dont Mimsy Daly.
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