Grand Nouméa
  • Joanna Jullien / joanna.jullien@lnc.nc | Crée le 20.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 20.06.2019 à 10h27
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    Le Dr Nicolas Toga souhaite créer un nouveau type d’établissement. Photos J.J /Infographie Gaelle Henry Architecture et urbanisme.
    PAÏTA. Dessiné et porté par le Dr Nicolas Toga et sa femme, le premier Ehpad de la commune devrait pouvoir recevoir trente-deux pensionnaires, autonomes ou dépendants, dès cette fin d’année.

    « Ce qui manque souvent aux maisons de retraite, c’est d’avoir un projet. D’abord, il y a le projet d’établissement, c’est-à-dire ce qu’on veut faire. Puis, il y a le projet de vie que l’on établit avec chaque personne qui arrive, comment elle imagine son quotidien. Et enfin, il y a le projet de soins, qui s’imbrique dans le projet de vie. » Première maison de retraite de la commune, la Palmeraie sera dirigée par le Dr Nicolas Toga, médecin généraliste capacitaire en gérontologie, et titulaire d’un DU de directeur d’établissements médicosociaux. Cet Ehpad, il l’a imaginé dans les moindres détails avec sa femme il y a plus de quatre ans (lire par ailleurs).

    La Palmeraie est composée de trois ailes : une administrative, une pour les résidents autonomes et une unité spécialisée pour ceux atteints de « troubles cognitifs type Alzheimer ».

    Les personnes atteintes de troubles cognitifs bénéficieront de couloirs de déambulation protégés, à l’intérieur et à l’extérieur.

     

    « Là, il y aura la cuisine. Nous ferons appel à un prestataire. Ici, c’est l’aile administrative où je partagerai un bureau avec ma femme qui s’occupera de la comptabilité », dépeint le médecin, pièce après pièce, au milieu des gravats et des ouvriers, les yeux plissés par l’enthousiasme. Et par la fatigue aussi : le professionnel de santé partage son quotidien entre surveillance du chantier et journées de soin dans différentes maisons de retraite en attendant l’ouverture.

    Financés par le couple, les travaux ont enfin commencé en octobre sur la route de la Quarantaine, sous la direction de la société Autiero. L’ouverture de l’édifice, encore entouré par les brousses, est prévue pour la fin de l’année. Trente-deux résidents pourront y être accueillis, et huit de plus sur une seconde tranche, si La Palmeraie trouve son public.

    « Notre projet a été bien réfléchi »

    Toutes les chambres seront individuelles, avec une salle de bains, et un équipement électronique de sécurité informatisé.

     

    Être proche des patients, respecter les libertés individuelles, tout en assurant la sécurité, tel est le projet du médecin qui a pensé chaque détail au regard de son parcours en gériatrie, entamé il y a vingt ans. Chambre individuelle, avec salle de bain, fermant à clé magnétiquement pour plus d’intimité (même si les soignants auront un pass de sécurité), système informatisé permettant d’enregistrer les appels des patients, les rondes des soignants, etc., placards de rangements et de charge des appareils médicaux pour ne pas encombrer les couloirs, cloison amovible entre l’aile des autonomes et celle des dépendants, infirmerie transparente, etc. : autant de détails souhaités par le médecin, qui affirme que les tarifs seront alignés sur ce qui se fait actuellement. « C’est un grand paradoxe. Je vais accueillir des personnes qui ont des troubles cognitifs, je vais devoir à la fois conserver leur liberté d’aller et venir, et les protéger. Aujourd’hui, je souhaite mettre en pratique mon idée de la gériatrie et l’éthique médicale que j’estime obligatoire dans notre société. Ça n’est pas facile, mais c’est une philosophie pour moi. Je ne suis pas là par hasard ou par opportunité, comme beaucoup en ce moment. C’est ce que j’aime faire, c’est mon métier, et notre projet a été bien réfléchi. »

    Le deck permettra aux patients autonomes, à leur famille, et au personnel, de profiter du jardin arboré de palmiers.

     

    La Palmeraie devrait aussi s’inscrire dans le quartier par des échanges intergénérationnels avec les écoles environnantes et une ferme pédagogique, mais aussi par le recrutement d’une vingtaine de personnes, en priorité de la commune (lire par ailleurs), tout comme les artisans, qu’il démarchera en août, dès son retour de vacances.


    Savoir +

    La Palmeraie, route de la Quarantaine. Tél. : 52 97 99 - E-mail : lapalmeraie.paita@gmail.com

    Repères

    Un projet attendu

    Evoqué dès 2015, le premier Ehpad de la commune aura mis quatre ans à voir le jour. La structure est autofinancée par le Dr Nicolas Toga et sa femme, grâce à un prêt de 450 millions. « La BCI et le COS ont compris mon projet. Nous portons ça, seuls, avec mon épouse, on a pas mal de nuits blanches », confie le professionnel, en n’oubliant pas de mentionner la contribution de la mairie, via le bail d’un terrain communal, avec possibilité d’achat à terme.

    Trois maisons

    Si la Palmeraie doit ouvrir ses portes en fin d’année, elle sera suivie en 2021 par l’établissement pour personnes âgées, porté par Azur santé*, sur le terrain juste à côté, et avec le double de capacité. Les travaux de l’établissement du col de La Pirogue**, spécialisé dans « les psychotiques vieillis », seront également bientôt lancés. Annoncée en début de semaine, la formation de plusieurs habitants de Païta à la pratique du soin, grâce à une aide du gouvernement, devrait permettre à ces établissements de trouver du personnel à proximité.

    * et ** : « Deux maisons de retraite médicalisées à l’horizon », « Le sanatorium du col de la Pirogue aura droit à un second souffle ».

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