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    France
  • AFP | Crée le 08.06.2026 à 12h08 | Mis à jour le 08.06.2026 à 12h09
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    La n° 10, Suzanne Wajoka, ailière gauche de l’équipe de Metz, qui vient de remporter le titre de championne d’Europe. Photo AFP / Attila Kisbenedek
    Metz, toujours placé mais jamais gagnant ces dernières saisons, a apporté à la France la première Ligue des champions féminine de handball de son histoire, en battant en finale le double tenant du titre Györ (31-29), dimanche 7 juin à Budapest, en Hongrie. La Calédonienne Suzanne Wajoka, après une médaille de bronze au Mondial en décembre, une place de vice-championne de France et une victoire en Coupe de France, gagne le titre de championne d’Europe.

    Après avoir brisé le plafond de verre du dernier carré, en effaçant samedi 6 juin contre le CSM Bucarest (32-27) quatre échecs aux portes de la finale, les Lorraines ont décroché les étoiles devant leur quelque 700 supporters, tout de jaune vêtus. "Ça fait 60 ans que le club existe, et ça fait 60 ans qu’on attend ce moment", leur avait lancé au micro, 45 minutes avant le coup d’envoi, Emmanuel Mayonnade, rajeunissant d’un an un club créé il y a 61 ans.

    Une victoire à laquelle a participé la Calédonienne Suzanne Wajoka, arrivée à Metz en 2025. L’ailière gauche enchaîne les beaux résultats.

    Ce succès récompense la pugnacité européenne de Metz : 38e campagne d’affilée depuis la première en 1989-1990, dans la foulée du premier des 27 titres de champion de France. Auxquels il convient d’ajouter 14 Coupes de France, ce qui est en fait l’un des clubs de l’Hexagone les plus titrés tous sports confondus.

    "Metz est un club à part. Ai-je le droit de dire que c’est légitime que le plus grand club de handball français féminin soit le premier à gagner la Ligue des champions féminine ? Ce n’est peut-être pas offensant pour les autres", a poursuivi Emmanuel Mayonnade, faisant part de son "sentiment du devoir accompli". Sportivement, cette ascension doit beaucoup à celui qui est arrivé sur le banc en 2015.

    Budget en deçà de la concurrence

    Le Girondin, qui fêtera ses 43 ans le 12 juin, est parvenu à accomplir des prouesses quasiment chaque année en Ligue des champions malgré un budget bien en deçà de la concurrence. Laquelle vient en conséquence, quasiment chaque été, se servir en Lorraine, comme Györ qui accueillera cet été la capitaine messine et pivot des Bleues Sarah Bouktit.

    Mais le savoir-faire éprouvé de Metz Handball et de Mayonnade lui permet d’accueillir, pour pallier ces départs, des talents en devenir, étrangers ou français comme Lylou Borg, dont le but, le premier après six minutes sans marquer, a soulagé toute une équipe (31-28, 57e).

    La réputation des Lorrains les conduit aussi à réaliser quelques gros coups, comme l’été dernier avec la signature de Johanna Bundsen. La gardienne internationale suédoise, alors libre après le dépôt de bilan de Ludwigsbourg (Allemagne) a été moins décisive dimanche qu’en demi-finale la veille. Mais elle a réalisé un arrêt déterminant devant Anna Lagerquist à trois minutes de la fin (31-28).

    Passage en force à 50 secondes de la fin

    Les Messines ont été admirables de cohésion et de courage en défense pour enrayer le jeu des Hongroises et trouver des espaces dans leur rugueuse défense (un carton rouge et quatre exclusions temporaires). Puis, après avoir creusé l’écart (28-22, 45e), notamment grâce à la partie une nouvelle fois phénoménale de Sarah Bouktit, élue meilleure joueuse du Final Four, elles ont su résister à leur retour dans le vacarme assourdissant. Qui a cessé quand Lucie Granier a provoqué un passage en force à 50 secondes de la fin, synonyme de victoire.

    Metz repart enfin de Budapest en vainqueur, après avoir effectué quelques changements en amont du Final Four. Dans l’approche mentale, pour dépassionner l’évènement et l’aborder "comme un déplacement comme un autre", expliquait Bouktit vendredi. "On dit souvent (qu’il faut avoir) le cœur chaud et la tête froide. C’est un peu ce qu’a eu l’équipe (dimanche), c’est ce qu’on a essayé de travailler cette saison avec Manu, qui a fait énormément d’efforts pour gérer son stress", a souligné Lucie Granier.

    L’entraîneur a également davantage fait tourner son effectif pendant la saison pour préserver la fraîcheur des troupes, à tel point que Bouktit n’a jamais été aussi en forme en fin de saison. Et heureuse, probablement.

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