- Outremers360 | Crée le 15.07.2026 à 15h25 | Mis à jour le 15.07.2026 à 16h57ImprimerLa rade de Papeete, sa gare maritime et son terminal de croisière. Derrière, les quartiers résidentiels et en arrière plan, la pointe Vénus, à Mahina. Photo Tahiti Fly ShootNotre partenaire Outremers360 se penche, dans une série, sur les histoires des chefs-lieux d’Outre-mer, dont Papeete, en Polynésie française, qui prendra toute son influence dans l’histoire de Tahiti et ses îles au cours du XIXe siècle. Au point, aujourd’hui, de concentrer l’essentiel de la vie politique, institutionnelle et économique du territoire.
Aux temps anciens, avant l’arrivée des premiers européens, Papeete – littéralement "corbeille d’eau" – n’était pas une ville et n’avait pas tant d’importance. Ce lieu était lié à la chefferie de Te Porionu’u, qui s’étendait de Arue à l’est, à Faa’a à l’ouest. Cette chefferie n’était par ailleurs pas la plus influente de Tahiti. Dans cette corbeille d’eau, on y trouve notamment une source, dans l’actuel quartier de Tarahoi, baptisée plus tard "bain de la Reine".
Papeete commence à prendre de l’importance quand les navigateurs européens, à commencer par les missionnaires anglais, préfèrent son lagon protégé à la grande baie ouverte de Matavai, premier lieu de rencontre entre les Tahitiens et les navigateurs. Le pasteur anglais William Crook fait de Papeete son domicile en 1818, avec sa famille, construisant un temple, une école et un hospice. Plus tard, la reine Pomare IV décide d’y installer sa cour en 1827 et Papeete devient la capitale en 1842, lors du protectorat français.

Papeete est la première ville polynésienne dotée du statut de commune en 1890. Photo Outremers360Elle est la première ville polynésienne dotée du statut de commune en 1890, et devient un port incontournable du Pacifique sud, sous la houlette de son premier maire, François Cardella, un Français originaire de Corse, devenu conseiller de Pomare V, et parmi les grands propriétaires colons de l’époque, dont son ami Victor Raoulx, mais aussi les familles Malardé, Cadousteau ou Bambridge côté britannique.
Missions catholique et protestante
Papeete est aussi le siège de la Mission catholique. Une mission qui s’installera dans le quartier éponyme, où sera érigée une école, l’École des Frères, qui deviendra plus tard le collège-lycée La Mennais, et qui verra passer dans ses classes les plus éminentes personnalités. Papeete reflète la concurrence à laquelle se livrent les missionnaires catholiques français et leurs homonymes protestants anglais en Polynésie. De cette concurrence, elle en garde des emblèmes : le temple Paofai, la Cathédrale Notre-Dame ou encore la petite chapelle épiscopale du Sacré-Cœur, dans les jardins de l’Évêché.

La baie de Papeete en 1848. Peinture Shipley ConwayAu début du XXe siècle, la ville se développe et se peuple. Un recensement de juin 1902 révèle que Papeete compte précisément 3 720 habitants, soit la moitié de la population tahitienne. Un premier drame touche la ville en février 1906, quand un cyclone inonde ses rues et bâtisses.
Deuxième drame marquant lors de la Première Guerre mondiale : la ville est bombardée et incendiée par deux cuirassés allemands, le 22 septembre 1914, alors que les autorités de la ville et de la colonie refusent le ravitaillement des navires ennemis. Les immeubles en bois qui bordent la petite baie, devant la Cathédrale, sont détruits. Mais la même année, l’ouverture du Canal de Panama rend Papeete accessible aux premiers navires de croisière, lui donnant un nouvel élan économique.

Bombardement de Papeete le 22 septembre 1914 : les immeubles en bois devant la Cathédrale ont disparu. Photo Outremers360Pouvana’a a Oopa, premier gouvernement et autonomie interne
Au cours de son histoire, la capitale polynésienne a été le théâtre privilégié des grandes pages de la collectivité. C’est à Papeete que le "Metua", père du nationalisme tahitien, Pouvana’a a Oopa façonne l’héritage politique de la Polynésie. C’est aussi dans sa maison du Pont de l’Est, derrière la vieille menuiserie Ah Kiau, qu’il est arrêté manu militari, accusé à tort d’avoir voulu incendier Papeete, en 1958.
Dix ans plus tard, c’est dans cette même ville que les Polynésiens se réunissent en nombre pour accueillir leur Metua, de retour d’exil forcé dans l’Hexagone. Son décès, en 1977, rassemble une foule similaire du temple protestant de Paofai au cimetière de l’Uranie, aux portes ouest de la ville.

Le retour d'exil du Metua, Pouvanaa a Oopa, à Papeete, en 1968. Photo Outremers360La capitale a été témoin des grandes dates du visage politique du territoire : du protectorat de 1842 au statut d’autonomie de 2004, en passant par l’annexion de 1880, la constitution du premier gouvernement du territoire sous Pouvana’a a Oopa, l’autonomie de gestion en 1977 et l’autonomie interne de 1984. C’est aussi à Papeete, plus précisément à l’Assemblée territoriale place Tarahoi, que les yeux étaient rivés lors de l’arrivée des indépendantistes en 2004 et les années d’instabilités politiques jusqu’en 2013.
Émeutes antinucléaires
Papeete a aussi été le théâtre des émeutes antinucléaires de 1986 puis celles de 1995, durant lesquelles une partie du vieux centre part en fumée, en même temps que l’aéroport. Naturellement, le Centre d’expérimentation du Pacifique, qui bouleverse profondément la société polynésienne, n’est pas étranger à l’essor de Papeete qui s’urbanise en parallèle, parfois dans l’anarchie.

En 1995, Papeete est le théâtre de violentes émeutes, en raison de la reprise des essais nucléaires annoncée par Jacques Chirac. Photo Outremers360Poumon économique et politique de la Polynésie française, Papeete abrite le Port autonome, qui s’étend de son front de mer pour les croisières et les navettes vers Moorea et les îles, au quartier de Motu Uta, du nom de l’ancien îlot de la Reine Pomare, où se trouvent les ports de commerce international et interinsulaire. Entre ces deux parties du port sont accostés les navires militaires français et, plus loin, le port de pêche de la capitale.
Papeete est également la proche voisine de l’aéroport international de Tahiti-Faa’a, et c’est aussi dans cette ville que les institutions du territoire sont établies, voire concentrées, avec le haut-commissariat de la République française, la Présidence de la Polynésie, l’Assemblée territoriale, le Cesec ainsi que l’ensemble des ministères. Une concentration qui n’est pas sans conséquence, car en captant l’essentiel de l’activité économique, l’agglomération doit composer avec un trafic quotidien intense et des prix de l’immobilier élevés.

Le port de Papeete. Photo Outremers360Paradoxalement, la capitale n’est pas la ville la plus peuplée de Polynésie, titre décerné à sa proche voisine Faa’a, puis vient Punaauia, plus à l’ouest. La population de la capitale se concentre sur ses hauteurs et vallées, dans les quartiers de Titioro, Mamao, la Mission, Orovini, Sainte-Amélie, Paofai et Tipaerui. Du côté littoral, les quartiers résidentiels s’étendent au nord-nord-est, vers la commune de Pirae, avec Manuhoe, Patutoa, Paraita, Vaininiore, Fariipiti ou encore, Taunoa.
Rendre la capitale plus attractive
Le centre-ville, lui, est peu peuplé. Et s’il est vivant en journée et dans la semaine, grâce aux nombreuses entreprises présentes dans la capitale, l’ambiance y est bien plus calme, voire morose, en soirée et les week-ends. L’activité y est plus attrayante sur le front de mer, où s’étend vers l’ouest un grand parc arboré, une marina et le terminal international dédié aux croisiéristes, entrecroisés de restaurants, bars et hôtels.

L’hôtel de ville est inauguré en 1989, en présence de François Mitterrand. Il s’inspire du palais de la Reine. Photo Outremers360Le gouvernement, sous la houlette de son président Moetai Brotherson et son ministre des Grands travaux Jordy Chan, tente toutefois d’inverser la vapeur : déconcentrer la capitale tout en la rendant attractive. Pour ce faire, l’exécutif polynésien a décidé de mettre son foncier à disposition des investisseurs privés pour faire sortir de terre des centres commerciaux, des logements, des bureaux, des lieux culturels en lieu et place des vieux immeubles administratifs.
Ces mêmes administrations, elles, sont poussées de l’autre côté de l’île, à Taravao, avec l’espoir d’un rééquilibrage, à la fois de la densité démographique, de l’attractivité économique, des prix de l’immobilier ou encore du trafic routier. Papeete reste tout de même la première porte d’entrée maritime et aérienne de la Polynésie française, sa principale vitrine, et sa carte de visite, en plus du lieu de vie incontournable des Polynésiens, qu’ils soient de Tahiti ou des îles.

Le marché de Papeete : un incontournable où se croisent les odeurs, les saveurs et les savoir-faire de la Polynésie française. Photo Outremers360
La vallée de la Fautaua, du bain Loti à la cascade (et au-delàs) : une belle randonnée au cœur de Papeete, pour les aventuriers, sur un sentier sur lequel on pourra croiser un ancien « marae », jusqu’aux ruines du fort de Fachoda -vestiges des guerres franco-tahitiennes- et aux jardins du gouverneur. Le tout au pieds du Diadème, montagne emblématique de Papeete. Photo Outremers360MERCI DE VOUS IDENTIFIER
Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.X
J'AI DÉJA UN COMPTEJE N'AI PAS DE COMPTE- Vous n'avez pas encore de compte ?
- Créer un nouveau compte
Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement. -
-
DANS LA MÊME RUBRIQUE
-
VOS RÉACTIONS




Les transports aériensà consulter ici











