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  • Anthony Tejero | Crée le 07.07.2026 à 16h13 | Mis à jour le 07.07.2026 à 16h13
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    Philippe Bertoni, éleveur de Pouembout (à gauche), partage avec Thierry Goromido, co-organisateur de l’installation, ses souvenirs de "gamin" en tant que spectateur de ce premier rodé calédonien. Photo Anthony Tejero
    Jusqu’au 1er août, une exposition de photos inédites s’empare du château Grimini, à Pouembout. Cette plongée dans l’ambiance du premier rodéo organisé en 1976 dans le pays témoigne d'"une autre époque" que certains visiteurs ont connue. L’occasion de partager leurs souvenirs d’une pratique "sauvage" devenue, au fil des décennies, une véritable institution en Brousse.

    Gérard Vidoire, Patrick Ardimani, France Debien, René Marlier, Mario Metzdorf… Sur les grilles du château Grimini de Pouembout, la bibliothèque Bernheim rend hommage à ces figures et noms bien connus de la Brousse, le temps d’une exposition inédite qui replonge les visiteurs dans l’ambiance du premier rodéo de Nouvelle-Calédonie, organisé en septembre 1976 dans la commune.

    Un événement dont se rappelle très bien Philippe Bertoni, les yeux rivés sur ces clichés en noir et blanc. "On était encore des gamins. J’avais 16 ans, et revoir ces images, ça me donne des frissons. Ça rappelle tous nos vieux qui ont lancé le rodéo", raconte cet éleveur de la vallée de Cibou, qui a fait le déplacement dès le jour du lancement de cette installation, le 30 juin, pour partager et se remémorer les anecdotes d’antan avec d’autres mordus d’une discipline, qui a depuis, bien évolué. À l’époque, pas de casque, pas de gilet, et encore moins d’assurance.


    Au premier plan, le rodéoman Mario Metzdorf, sous le regard du cavalier Patrick Ardimani, à l’origine de ce premier rodéo organisé le 25 septembre 1976. Photo Anthony Tejero

    "C’était du rodéo sauvage on va dire, dans le sens où c’était du bétail attrapé dans les paddocks. Leurs cornes n’étaient même pas coupées et les gens sur ces images n’avaient encore jamais vraiment pratiqué le rodéo. Parmi tous ces vieux, beaucoup sont partis, mais pour ceux qui sont encore en vie, j’espère qu’ils pourront venir faire un tour à la bibliothèque et en parler", lance Philippe Bertoni, qui s’est lui-même essayé un temps à la discipline au début des années 1980, de retour de son service militaire.

    "C’était une autre époque"

    "Dans le temps, tu montais sur un taureau ou un bœuf et il fallait tenir 8 secondes. Quand j’ai essayé, je suis monté sur un petit bœuf, il m’a amené jusqu’au bout du carré, mais j’ai fait les 8 secondes. Les copains de l’époque, m’ont dit : c’est toi le champion de Pouembout. Sauf que quand je suis remonté, j’ai à peine tenu 2 secondes et je suis sorti à la porte. Mais bon, le soir, c’était le bal et on faisait la fête, sourit cet éleveur, un brin nostalgique. Toutes les familles de Pouembout ou presque faisaient du rodéo. C’était très convivial, même si au début, il y avait beaucoup de blessures : des bras et des jambes cassés, des chevaux piqués, etc. Avec tous les règlements aujourd’hui dans le pays, on ne verra plus ça. C’était une autre époque."

    Un temps révolu que les équipes de la bibliothèque Bernheim ont tenu à faire revivre en exhumant ces photos des archives de la Nouvelle-Calédonie, issues de coupures de presse du quotidien La France australe. "Cette exposition est née par hasard. C’est en faisant un travail de recherches de photos sur l’histoire de la commune, et plus particulièrement sur le thème du sport, que l’on s’est rendu que le premier rodéo avait été organisé à Pouembout et, en plus, avec cette date anniversaire symbolique", glissent Sophie Bosshard et Thierry Goromido, les chevilles ouvrières de cette exposition, qui suscite la "fierté" des habitants et témoigne d’un "bon vivre" en Brousse qui ne date pas d’hier.

    Ces dix-huit clichés seront ensuite voués à voyager notamment lors des différentes foires agricoles et événements du pays, à commencer par celle de Pouembout, prévue le 12 septembre.


    Un membre de la famille Djoparto, ici en "reconnaissance". Photo Anthony Tejero


    L’exposition proposée par la bibliothèque Bernheim a été financée par la mairie de Pouembout. Photo Anthony Tejero

    Note

    Exposition visible au château Grimini de Pouembout jusqu’au 1er août. Du mardi au vendredi, de 10 heures à 17 heures, et le samedi, de 8h30 à midi.

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