- Julien Mazzoni | Crée le 23.09.2026 à 15h56 | Mis à jour le 23.09.2026 à 17h03ImprimerRéunis mercredi 23 septembre à la mairie de Nouméa, les élus de la province Sud ont notamment examiné le rapport de la Chambre territoriale des comptes sur la formation professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi. Photo Province SudL’assemblée de province Sud a examiné, ce mercredi 23 septembre, le rapport de la Chambre territoriale des comptes consacré à la formation professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi. Certes, les six recommandations de la Chambre s’adressent à la Nouvelle-Calédonie, mais les élus en ont profité pour interroger leurs propres dispositifs. Et ont reconnu que la province peine encore à mesurer ce que deviennent les jeunes après leur passage dans ses dispositifs.
Réunie ce mercredi 23 septembre à la mairie de Nouméa, l’assemblée de la province Sud a examiné, entre autres textes à l’ordre du jour, le rapport définitif de la Chambre territoriale des comptes (CTC) sur la formation professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi, publié le lundi 21 septembre. La délibération consistait surtout à prendre acte de ce contrôle portant sur la politique menée depuis 2020 par la Nouvelle-Calédonie. Mais la province a choisi de mettre ce rapport au menu du jour, pour confronter ses constats aux actions qu’elle mène elle-même en matière d’insertion et de placement des demandeurs d’emploi.
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Une fois n’est pas coutume, et Gil Brial, premier vice-président de la Maison Bleue, l’a précisé dès l’ouverture des débats : les rapports de la CTC ne sont habituellement pas examinés de cette manière en commission provinciale. L’exception du jour a été motivée par le besoin de présenter aux élus les actions conduites par les services de la province auprès des jeunes.
La collectivité intervient en effet dans l’accompagnement vers l’emploi et, par délégation de la Nouvelle-Calédonie, dans le placement des demandeurs d’emploi. Elle dispose également de ses propres outils d’insertion. Le Programme provincial d’insertion citoyenne (Ppic), destiné aux demandeurs d’emploi de moins de 30 ans, a par exemple permis cette année la mise à disposition de vingt jeunes auprès d’associations.
Si le sujet ne faisait pas partie des "gros morceaux" de l’ordre du jour, il n’est cependant pas anecdotique. Dans son rapport, la CTC estime qu’entre 7 000 et 12 000 jeunes âgés de 15 à 29 ans étaient réellement éloignés de l’emploi en 2023. Elle pointe également une gouvernance éclatée entre les différents acteurs, l’absence d’un suivi consolidé des parcours et un impact limité des formations sur l’insertion durable.
"On n’arrive pas à en suivre assez"
C’est précisément ce suivi qui a nourri les échanges au sein de l’assemblée. Sandra Hema (Éveil océanien) a notamment demandé si un outil partagé entre la Nouvelle-Calédonie et les provinces pouvait permettre de savoir ce que deviennent les jeunes lorsqu’ils passent d’un dispositif à un autre et, surtout, de mesurer leur taux d’insertion.
Toujours dans les rangs de l’EO, Vaimu’a Muliava a enfoncé le clou en proposant de ne pas attendre la création d’un outil à l’échelle du pays, estimant que la province Sud pourrait commencer par suivre de manière plus fine les jeunes qu’elle accompagne elle-même et ainsi "montrer l’exemple".
Une idée à laquelle Sonia Backès s’est dite favorable. "Je pense qu’on a effectivement besoin d’indicateurs", a concédé la présidente de l’institution, évoquant la possibilité de suivre les jeunes plusieurs mois après leur passage dans les dispositifs provinciaux. "On voit que nos dispositifs fonctionnent, mais on n’arrive pas à en suivre assez", a-t-elle reconnu.
Mais qui dit meilleur suivi dit moyens supplémentaires, et Sonia Backès a rapidement émis un bémol, en insistant sur la charge qui pèse déjà sur les conseillers à l’emploi et les assistants sociaux, confrontés à des situations humaines de plus en plus difficiles. "Certains de nos agents sont en souffrance", a-t-elle insisté, tout en confirmant vouloir faire évoluer les indicateurs.
Du dispositif à l’emploi durable
Du côté de l’opposition, on a surtout voulu, au cours de la discussion, ramener le débat à une autre réalité. Marie-Pierre Goyetche (Kanaky) a ainsi rappelé qu’entrer dans une formation ne suffisait pas toujours. Faiblesses du transport, de la mobilité, ou de l’hébergement peuvent entraver le parcours de certains jeunes dans leur parcours. "Combien entrent en formation, l’achèvent et accèdent à un emploi durable", a-t-elle interrogé ?
L’élue indépendantiste a ensuite demandé à l’exécutif provincial un calendrier de mise en œuvre des six recommandations de la CTC. Ce à quoi Sonia Backès lui a rappelé qu'"aucune de ces six recommandations ne concernait la province Sud, mais elles s’adressent à la Nouvelle-Calédonie", tout en assurant que la Maison Bleue participerait aux travaux communs que pourrait engager le gouvernement. La délibération a finalement été adoptée sans opposition ni abstention.
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