- AFP | Crée le 26.09.2026 à 08h59 | Mis à jour le 26.09.2026 à 09h01ImprimerL’assemblée polynésienne a voté à une très large majorité en faveur d’une mission de l’ONU pour évaluer les aspirations de la population du Fenua. Photo Radio1 TahitiCette mission, réclamée par les indépendantistes et systématiquement rejetée par la France, a été de nouveau plébiscitée à une large majorité par l’assemblée polynésienne, jeudi 24 septembre. Elle doit permettre d’évaluer la situation et les aspirations de la population du Fenua.
L’Assemblée de la Polynésie française a voté jeudi 24 septembre une résolution, par 54 voix sur 57, pour une mission de l’ONU dans cette collectivité d’outre-mer afin d’obtenir une "appréciation directe et objective" de sa situation et des aspirations de sa population. Le principe de cette mission, réclamée de longue date par les indépendantistes, a toujours été rejeté par la France.
L’État estime que l’avenir statutaire de la Polynésie française — maintien de son autonomie dans la République ou accession à la souveraineté — doit se régler par un dialogue direct avec le territoire, sans intervention de l’ONU.
Dans un rare esprit de consensus, les trois principales formations politiques locales (autonomistes, indépendantistes modérés et indépendantistes radicaux) ont convenu de l’importance de cette mission, mais aussi du dialogue avec la France.
Le terme "autodétermination" retiré
Leurs objectifs divergent toutefois : les indépendantistes veulent prouver que la Polynésie doit être décolonisée, tandis que les autonomistes, proches de la France, assurent qu’elle se gouverne déjà librement. Pour garantir ce compromis, le terme "autodétermination" a été retiré du titre de la résolution qui se concentre sur la mission sollicitée auprès de l’ONU.
L’ancien président de la Polynésie française et leader autonomiste Edouard Fritch a ainsi affirmé que "signer cette résolution ne signifie" ni "choisir l’indépendance" ni "engager un processus d’autodétermination".
Indépendantiste modéré, le président polynésien Moetai Brotherson préfère prendre le temps de préparer la souveraineté : "L’avenir de notre pays doit être décidé par notre peuple au terme d’un processus démocratique […] reconnu internationalement."
"On veut dialoguer", a abondé le président de l’Assemblée locale Antony Géros. Cet indépendantiste radical a toutefois estimé qu’une mission onusienne constaterait les obstacles au développement économique de la Polynésie.
Oscar Temaru absent
Lors du vote, seuls deux élus autonomistes se sont abstenus, jugeant le Comité de l’ONU inapte à évaluer une démocratie. "Beaucoup de ces pays sont en guerre, il y a beaucoup de corruption, dans certains de ces pays les élections ne se tiennent pas normalement : imaginez qu’ils viennent en Polynésie dire ce qui est bien ou pas bien en matière d’éducation, de santé ou d’économie", s’est indigné Nuihau Laurey auprès de l’AFP.
Le leader indépendantiste Oscar Temaru était lui absent lors du vote et n’avait pas donné de procuration. En août, il avait annoncé vouloir déclarer "l’accession de la Polynésie française à sa pleine souveraineté" devant la quatrième commission de l’ONU chargée de la décolonisation début octobre.
Mais coup de théâtre, après le vote : de retour dans l’hémicycle, Oscar Temaru a fustigé cette "osmose" partisane. Le leader de 81 ans a mis en garde les élus : "Vous avez peut-être pensé que j’allais mourir, non ? Je ne suis pas encore mort, je suis là et je serai là."
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