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    Pacifique
  • AFP | Crée le 24.06.2026 à 07h41 | Mis à jour le 24.06.2026 à 07h41
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    Les Tuvalu, archipel situé entre l’Australie et Hawaï, sont particulièrement exposés aux effets du changement climatique. Photo DR
    Trois semaines après des révélations concernant les investissements dans des énergies fossiles réalisés par un fonds censé protéger les Tuvalu du changement climatique, l’Australie a refusé de rendre public certains documents par crainte d’un "précédent" diplomatique.

    L’Australie a refusé de divulguer des documents concernant un fonds fiduciaire destiné à aider l’archipel des Tuvalu face aux risques climatiques, par crainte de provoquer un "préjudice" diplomatique, selon des documents obtenus par l’AFP. Situées dans le Pacifique à mi-distance entre l’Australie et Hawaï, les Tuvalu sont composés d’atolls de faible altitude, particulièrement vulnérables au changement climatique et confrontés notamment à l’acidification des océans, aux maladies tropicales et à la montée des eaux.

    Pour couvrir les coûts exponentiels liés à la crise climatique, l’archipel s’appuie sur un fonds fiduciaire gouvernemental de 200 millions de dollars (175 millions d’euros). Or, selon une enquête de l’AFP, des sommes ont été investies dans des mines de charbon, l’exploration gazière et la plus grande raffinerie de pétrole au monde.

    L’Australie, principal contributeur de Tuvalu Trust Fund, joue un rôle clé, notamment dans le contrôle de l’utilisation des fonds. S’appuyant sur la législation australienne sur la liberté d’information, l’AFP a demandé au gouvernement australien de publier une série de rapports internes éclairant les décisions d’investissements prises par ce fonds.

    "Greenwashing"

    Le ministère australien des Affaires étrangères a transmis des documents accessibles au public mais pas les documents internes invoquant une exception diplomatique et le risque que cela "n’endommage les relations internationales" de l’Australie. Un manque de transparence fustigé par Ivan Diaz-Rainey, professeur de finance à l’université Griffith en Australie.

    "Ma principale inquiétude est que, contrairement à des pays comme l’Australie, les îles du Pacifique ne disposent probablement pas de régulateurs ni de protections juridiques robustes pour se prémunir contre un possible 'greenwashing'", a-t-il déclaré à l’AFP.

    "Il est tout à fait incongru que le Tuvalu Trust Fund […] investisse dans des activités contribuant à la destruction des Tuvalu", estime l’expert australien sur les politiques climatiques Wes Morgan.

    Cette année, cet archipel va bénéficier d’une rare visibilité internationale en organisant un sommet spécial en amont de la COP31, une occasion de montrer les effets du changement climatique sur la région. Le Tuvalu Trust Fund, créé en 1987 avec l’aide de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni, fournit des revenus essentiels au pays, qui dépend de l’aide extérieure.

    L’Américain Mercer en a pris la gestion en 2022, investissant notamment dans le conglomérat indien Reliance Industries, propriétaire de la plus grande raffinerie de pétrole au monde, et The Southern Company, deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre aux États-Unis.

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