- Baptiste Gouret | Crée le 28.10.2026 à 15h05 | Mis à jour le 28.10.2026 à 15h05ImprimerL’accord-cadre signé ce mercredi 28 octobre entre la PDG de l’IRD, Valérie Verdier, et le président de l’Université nationale du Vanuatu, Jean-Pierre Nirua, vise à fournir des moyens supplémentaires pour l’enseignement supérieur de l’archipel. Photo Baptiste GouretCe rapprochement, officialisé ce mercredi 28 octobre par la signature d’un accord-cadre, doit permettre à la jeune université du Vanuatu, ouverte en 2020, de profiter de l’expérience et des moyens de l’Institut de recherche pour le développement dans la formation de ses futurs scientifiques, en particulier sur les effets du changement climatique auxquels est confronté l’archipel voisin.
En 2020, l’Université nationale du Vanuatu (UNV) ouvrait ses portes à Port-Vila et actait la volonté de l’archipel de former ses propres générations d’étudiants et de chercheurs. Six ans plus tard, c’est cette même ambition qui a conduit son président, Jean-Pierre Nirua, a signé ce mercredi 28 octobre un accord-cadre avec Valérie Verdier, présidente-directrice générale de l’Institut de recherche pour le développement, à Nouméa.
Le document prévoit une "coopération scientifique et technique" entre les deux établissements, qui se traduira par la réalisation conjointe de programmes de recherche, la création d’unités et de laboratoires mixtes internationaux, et l’encadrement des étudiants en Master et des doctorants. Le partenariat portera essentiellement sur trois domaines scientifiques jugés prioritaires : les sciences de l’océan, de l’atmosphère et du changement climatique.
Programme de mobilité
"L’insularité de nos deux territoires appelle à de nombreuses questions sur les enjeux de climat, de biodiversité océanique mais aussi d’habitabilité", a souligné Valérie Verdier, en déplacement en Nouvelle-Calédonie à l’occasion des 80 ans de l’antenne calédonienne de l’IRD (lire plus loin). L’accord "traduit une ambition claire, celle de développer une recherche fiable et de qualité, de renforcer les compétences nationales et de mettre la connaissance au service des priorités de développement de notre pays et ensuite de l’ensemble du Pacifique", a exprimé Jean-Pierre Nirua. Cette collaboration confirme ainsi la volonté de l’UNV de devenir une institution de recherche émergente.

Valérie Verdier et Jean-Pierre Nirua lors de la signature d’un accord-cadre de coopération scientifique et technique. Photo Baptiste GouretCet accord-cadre ne part pas d’une feuille blanche. "Il existe un long historique entre nous", a fait remarquer la PDG de l’Institut de recherche pour le développement. "Je sais combien d’actions vous avez menées au profit du pays et de la recherche au Vanuatu", a également salué Jean-Pierre Nirua, évoquant de "grandes relations".
Ce partenariat déjà bien établi s’est illustré en juillet, avec la venue à l’IRD de 15 étudiants vanuatais, issus du programme "résilience climatique et actions humanitaires", dans le cadre de la première édition du Campus mobile Pacifique. "On discute actuellement d’une mobilité dans l’autre sens, afin que des gens de chez nous puissent venir poursuivre ces enseignements chez vous", a dévoilé Éric Vidal, directeur de l’IRD en Nouvelle-Calédonie.
"Grandes ambitions"
En décembre, l’IRD a également validé le financement d’un projet visant à identifier les risques sismiques qui pèsent sur le Vanuatu, près de deux ans après le séisme ayant fait 14 morts et plusieurs centaines de blessés. L’étude sera participative : des habitants de Port-Vila seront équipés de capteurs sismologiques. L’opération portera également sur les déplacements des populations à la suite de l’incident. Un étudiant en Master 2 sciences économiques et sociales à l’université du Vanuatu a déjà commencé à plancher sur le sujet et devrait bientôt s’envoler vers l’Hexagone pour suivre une formation proposée par l’IRD.
Un programme doit également voir le jour, l’an prochain, pour permettre à des étudiants vanuatais de mener des recherches sur le volcan Yasur, sur l’île de Tanna, aux côtés de chercheurs de l’IRD. "Nous avons de grandes ambitions", a insisté Jean-Pierre Nirua, soulignant la volonté du gouvernement vanuatais, seul financeur de l’université, de faire de l’établissement un acteur de la recherche internationale qui soit désormais capable de "produire des connaissances utiles" aux pays et à ses communautés. L’archipel pourra "s’appuyer sur toute l’expérience de l’IRD en Nouvelle-Calédonie" pour y parvenir, a promis Valérie Verdier.
L’IRD célèbre 80 ans au service de la recherche dans le Pacifique
De simple antenne à véritable campus scientifique pluridisciplinaire. Créé en 1946, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) célèbre cette année 80 ans de présence en Nouvelle-Calédonie, un territoire à la biodiversité terrestre et marine exceptionnelle, terrain de jeu idéal pour les chercheurs.
"L’ambition est et a toujours été de travailler sur des problématiques scientifiques qui répondent aux enjeux du territoire", dit Valérie Verdier, PDG de l’IRD, en déplacement sur le Caillou depuis une semaine à l’occasion de cet anniversaire. Les actions de l’institut ne se sont toutefois jamais limitées à la Nouvelle-Calédonie. "Il y a une projection vers les autres États du Pacifique", qui a participé à faire reconnaître le territoire comme un lieu "où se fait de l’excellente recherche".
Un outil pour les décideurs
Les travaux de l’IRD sur le fonctionnement "tant physique, chimique que biologique" de l’océan, qu’il s’agisse de recherches sur les grands fonds marins ou sur les écosystèmes du lagon menés, ont enrichi la connaissance scientifique mondiale ces huit dernières décennies. À l’image de l’herbier, constitué il y a 40 ans au sein du centre nouméen de l’IRD et qui rassemble aujourd’hui "plus de 100 000 espèces", fait remarquer la PDG de l’institut. "Chaque mois, une nouvelle espèce y voit le jour", ajoute Valérie Verdier. Cet herbier, comme d’autres sujets de recherche, représente "un outil formidable pour les décideurs et les acteurs du territoire, s’agissant des aménagements des espaces". "La science est là pour informer et pour conseiller du mieux possible à partir des données que nous produisons."
Pour Valérie Verdier, l’IRD dispose désormais d’une influence réelle dans la région, afin d’éclairer les choix et les politiques publiques adoptées pour faire face aux transformations environnementales. Mais le travail est loin d’être fini, tant les défis scientifiques dans le Pacifique s’annoncent considérables. Une cérémonie sera organisée, ce mercredi à partir de 18 heures, au centre IRD de Nouméa, suivie de l’inauguration de l’exposition intitulée "Des décennies de recherches au service de demain".
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