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    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 27.10.2026 à 18h00 | Mis à jour le 27.10.2026 à 18h00
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    Le patrouilleur Outre-mer Jean-Tranape, à gauche, est spécialisé dans la police en mer. Photo Anne-Claire Pophillat
    Les 4 et 5 novembre, Nouméa va accueillir un séminaire régional de lutte contre le narcotrafic en mer, qui représente "une menace pour la sécurité de nos territoires", indique Jacques Billant, le haut-commissaire, lors d’une conférence de presse de présentation, ce mardi 27 octobre, alors que les saisies de drogue ont triplé cette année dans le Pacifique Sud.

    C’est parce que le narcotrafic constitue "une menace pour la sécurité de nos territoires", qu’a émergé la volonté d’organiser un séminaire régional de lutte contre ce phénomène, introduit le haut-commissaire, Jacques Billant, lors d’une conférence de presse de présentation ce mardi 27 octobre, à la base navale. L’étendue des espaces maritimes et l’existence de réseaux criminels qui agissent au-delà des frontières rendent "la coopération entre les États indispensable". "Nous devons construire dans le Pacifique une réponse collective, coordonnée et opérationnelle."

    Porté par le procureur général Camille Miansoni, l’événement, qui se tiendra les 4 et 5 novembre à Nouméa, s’adosse au séminaire des garde-côtes du Pacifique Sud, qui, lui, se tient chaque année, de manière alternée en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

    De nombreux pays seront représentés : Australie, États-Unis, Fidji, Îles Cook, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Salomon, Samoa, Tonga, Vanuatu, ainsi que les trois territoires français de la région. Le secrétaire général de la Mer, Xavier Ducept, placé sous l'autorité du Premier ministre, y participera également, "tant la thématique s’inscrit dans les priorités", indique Jacques Billant.


    De g. à dr., Olivier Roitel, chef du bureau de l’action de l’État en mer, Jacques Billant, haut-commissaire, Camille Miansoni, procureur général, et Véronique Roger-Lacan, ambassadrice pour le Pacifique. Photo Anne-Claire Pophillat

    Et pas seulement celles de la France, mais aussi celles des États insulaires, affirme Véronique Roger-Lacan, ambassadrice pour le Pacifique, rappelant que la question a été évoquée lors du 55e Forum des îles du Pacifique à Palaos début septembre, où il a été décidé de conforter le renseignement et la coopération maritime contre le narcotrafic. L’Australie a d’ailleurs annoncé un fort investissement en ce sens, à hauteur de 44 milliards de francs, afin d’aider les îles voisines à intercepter les "sous-marins de la drogue".

    La Nouvelle-Calédonie sur la route de la drogue

    Si le Caillou reste encore relativement épargné par le narcotrafic, l’archipel se trouve néanmoins sur la route de transport des stupéfiants dans le Pacifique. L’interception, en juin 2025, par les forces armées, de 2,5 tonnes de cocaïne à bord du SM Dante dans les eaux internationales, un navire en provenance du Panama qui se dirigeait vers l’Australie en vue d’y écouler la drogue, en est la preuve.

    Il existe un axe Est-Ouest vers les pays consommateurs, les marchés néo-zélandais et australiens, sur lequel transitent "plusieurs dizaines de tonnes" chaque année, développe Olivier Roitel, chef du bureau de l’action de l’État en mer. "Faire une traversée transocéanique quand on est un narcotrafiquant demande une organisation logistique assez importante. La traversée ne se fait plus d’une traite, il y a des relais, et on a besoin de savoir quels sont les points d’appui, quels renseignements peuvent récolter les différents pays qui sont concernés."

    D’autant que la physionomie du trafic évolue. "Jusqu’en 2017 environ, ce sont de petites embarcations qui étaient interceptées", retrace Olivier Roitel. Après une pause de plusieurs années, il y a eu une "résurgence à partir de 2024-2025", avec d’importantes saisies en Polynésie française, davantage touchée, et en Nouvelle-Calédonie, qui concernent des navires de commerce et de pêche. L’inquiétude est réelle, selon Jacques Billant, que le Caillou puisse "devenir une plaque tournante du narcotrafic". "La Polynésie, Fidji, au départ, n’étaient qu’un point de passage. Puis, comme on a vu à Fidji, les dépendances et la corruption s’installent. C’est le début d’un engrenage. C’est pour ça qu’il faut agir au plus tôt pour l’empêcher", prévient Olivier Roitel.

    L’importance du renseignement

    Une meilleure connaissance se révèle indispensable afin d’être plus efficace sur le terrain. "Il s’agit de mieux comprendre les routes, les méthodes des trafiquants, faciliter le partage du renseignement, renforcer la coordination entre l’intervention en mer et le traitement judiciaire des opérations en question, afin de mieux lutter contre ce fléau particulièrement prégnant dans le Pacifique", développe le haut-commissaire.

    De fait, la rencontre réunira magistrats, douaniers, policiers, gendarmes, responsables maritimes français et étrangers. En tout, une centaine de personnes. Car la mer n’est pas un espace comme un autre. "C’est un milieu qui est soumis à des règles spéciales, souligne Camille Miansoni. On n’intervient pas de la même façon, que ce soit sur le plan opérationnel, mais aussi en termes juridiques." Il s’agit donc de réfléchir aux moyens et aux compétences mis en œuvre, de déterminer qui agit et selon quelles modalités, mais aussi ce qui doit être fait de la cargaison et de l’équipage… "Tout cela doit être pensé ensemble." Le tout dans le respect des droits nationaux et international. Le procès du SM Dante doit d’ailleurs avoir lieu courant janvier à Nouméa.

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