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    Pacifique
  • Julien Mazzoni avec AFP | Crée le 01.09.2026 à 11h19 | Mis à jour le 01.09.2026 à 12h53
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    Alcide Ponga représente le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie au 55e Forum des îles du Pacifique, organisé cette semaine aux Palaos. Photo DR
    Membre à part entière du Forum des îles du Pacifique depuis 2016, la Nouvelle-Calédonie y est représentée cette semaine aux Palaos par Alcide Ponga. Climat, sécurité, océan, financements internationaux… Le membre du gouvernement veut mettre en avant les enjeux concrets de cette coopération régionale.

    "Nos partenaires sont les bienvenus pour naviguer avec nous, mais ils ne choisissent pas notre destination." À l’ouverture du 55e Forum des îles du Pacifique, le lundi 31 août, aux Palaos, le président de l’archipel, Surangel Whipps a appelé les dix-huit membres à préserver leur unité face aux rivalités extérieures. Le ministre des Affaires étrangères des îles Salomon, Rick Houenipwela, a lui aussi défendu un espace dans lequel les Océaniens doivent rester maîtres de leurs positions.

    C’est dans ce contexte que la Nouvelle-Calédonie prend part au sommet. Le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, qui aurait normalement conduit la délégation calédonienne, participe au même moment à la mission transpartisane organisée à Paris. Il a donc confié la représentation du pays à Alcide Ponga. Ce choix permet aussi d’assurer une continuité : alors président de l’exécutif, ce dernier avait déjà participé au précédent Forum, organisé en 2025 aux Îles Salomon. "Il m’a demandé de continuer sur la lancée de ce qui avait été fait", explique Alcide Ponga, qui affirme avoir noué à cette occasion plusieurs contacts dans la région. Il est accompagné de Petelo Sao, chargé des relations extérieures et régionales au cabinet du président, et de Gaston Wadrawane, chef du service de la coopération régionale.

    Le président du FLNKS, Christian Tein, participe également au sommet au titre du Groupe mélanésien Fer de lance, le Front de libération étant membre de cette alliance qui regroupe les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Vanuatu, les Fidji et l'Indonésie (membre associé).

    "La Nouvelle-Calédonie est bien présente", insiste Alcide Ponga. Si l’AFP a relevé l’absence de cinq dirigeants, elle ne signifie pas que leurs pays et territoires ont boudé le rendez-vous. Les îles Salomon sont ainsi représentées par leur ministre des Affaires étrangères et les Samoa par leur vice-Premier ministre. "Le Vanuatu est aussi représenté, tout comme l’ensemble des pays, précise Alcide Ponga. Il y a simplement des Premiers ministres qui ne sont pas là."

    "Des questions qui touchent toute la société"

    Depuis son admission comme membre à part entière, en septembre 2016, la Nouvelle-Calédonie siège en son nom propre au FIP. Une place encore trop souvent regardée depuis Nouméa sous le seul angle institutionnel. "On a toujours tendance à voir le Forum comme une question politique, mais il est là pour traiter des problématiques de société qui concernent l’ensemble des îles du Pacifique", défend Alcide Ponga.

    Les thèmes abordés vont du changement climatique à la transition énergétique en passant par l’éducation, l’égalité entre les hommes et les femmes, la protection de l’océan et l’exploitation minière des grands fonds. "L’idée, c’est que chaque population du Pacifique puisse bénéficier de l’expérience des autres pour avancer", résume-t-il.

    La sécurité régionale occupe également une place croissante dans les débats, sur fond de narcotrafic, de tensions entre Pékin et Taïpei et du récent tir de missile chinois dans la région. Les dirigeants doivent notamment discuter d’une réponse policière et maritime commune. La Nouvelle-Calédonie ne disposant pas de la compétence en matière de sécurité, sa délégation doit coordonner sa position avec l’État. "On intervient, mais on est obligés d’ajuster nos éléments de langage", explique Alcide Ponga, qui estime néanmoins que le Forum dispose d'"une manière très pacifique et très océanienne de traiter ces questions".

    Accéder aux financements régionaux

    Le déplacement doit également permettre d’ouvrir des portes. Après une rencontre lundi avec la délégation japonaise, Alcide Ponga souhaite que la Nouvelle-Calédonie puisse mieux accéder aux programmes internationaux destinés au Pacifique. Il avait déjà proposé la création d’un fonds capable de centraliser les financements extérieurs destinés au pays. "Il faut qu’on se coordonne avec la France pour voir comment y parvenir", indique-t-il.

    Malgré les tensions géopolitiques, le représentant calédonien refuse de laisser le climat passer au second plan. "La lutte contre le changement climatique, c’est la priorité numéro un dans le Pacifique", martèle-t-il. Un effort qui doit également être mené localement. "On ne peut pas parler de changement climatique et continuer à être dépendant au fuel, au charbon et aux énergies fossiles", souligne-t-il.

    Après de premiers échanges avec les délégations française et japonaise, la délégation calédonienne doit rencontrer ce mardi 1er septembre Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Elle participera ensuite aux discussions sur le climat, la transition énergétique, l’océan et la lutte contre le narcotrafic tout en poursuivant ses rencontres bilatérales pour identifier de nouveaux financements.

    Le Forum des îles du Pacifique, principale enceinte politique de la région


    Les représentants des pays et territoires membres sont réunis cette semaine aux Palaos pour le 55e Forum des îles du Pacifique. AFP - Saeed Khan

    Créé en 1971, le Forum des îles du Pacifique est la principale organisation politique de la région. Il réunit dix-huit membres : quatorze États insulaires (Îles Cook, États fédérés de Micronésie, Fidji, Kiribati, Nauru, Niue, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Marshall, Samoa, Îles Salomon, Tonga, Tuvalu, Vanuatu), l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Les deux territoires français ont obtenu le statut de membre à part entière le 10 septembre 2016.

    Les dirigeants se réunissent chaque année pour définir des positions communes sur les grands enjeux régionaux : climat, sécurité, économie, océan, transports ou encore santé. Les décisions sont recherchées par consensus, selon une méthode souvent désignée comme "The Pacific way", "la voie du Pacifique".

    Le Forum dispose d’un secrétariat permanent installé à Suva, à Fidji. Son action s’inscrit notamment dans la "Stratégie pour le continent du Pacifique bleu à l’horizon 2050", adoptée en 2022. Cette feuille de route fixe les priorités communes de la région.

    De grandes puissances et des organisations extérieures, parmi lesquelles la France, les États-Unis, la Chine, le Japon ou l’Union européenne, participent comme partenaires de dialogue. Le Groupe mélanésien Fer de lance (GMFL), organisation régionale réunissant les États mélanésiens ainsi que le FLNKS, participe également au rendez-vous. Christian Tein est présent aux Palaos au sein de sa délégation.

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