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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 05.05.2026 à 18h26 | Mis à jour le 05.05.2026 à 18h36
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    Une délégation du FLNKS, conduite par son président Christian Tein, a été reçue lundi 4 mai par le Premier ministre du Vanuatu, Jotham Napat, dans le cadre d’un forum économique organisé à Port-Vila. Photo Facebook ministère du Premier ministre du Vanuatu
    L’invitation d’une délégation du FLNKS, conduite par Christian Tein, à un forum organisé à Port-Vila pour renforcer la coopération économique avec la Nouvelle-Calédonie a suscité l’indignation d’une partie de la classe politique et de l’opinion publique. "Un manque de respect", selon Christopher Gygès, en charge du commerce extérieur, qui annonce suspendre tous les travaux relatifs à l'accord de coopération commerciale entre les deux territoires.

    Colliers de fleurs, pot de l’amitié, cadeaux diplomatiques… Les images de l’accueil en grande pompe de responsables du FLNKS à leur arrivée lundi 4 mai à Port-Vila, capitale du Vanuatu, ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué une véritable polémique.

    La délégation, composée de Christian Tein, président du Front, Mickaël Forrest, membre du bureau politique, Omayra Naisseline, vice-présidente du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès et Magalie Tingal, représentante du mouvement à l’international, a été invitée par le gouvernement vanuatais à participer au "Voice 2030". Acronyme de "Vanuatu Opportunities for Investment and Caledonian Enterprises", ce forum organisé à Port-Vila du 4 au 7 mai ambitionne de renforcer la coopération économique des deux territoires et d’identifier les possibilités d’investissements dans des secteurs clés. À l’image du Vanuatu Daily Post, les médias locaux estiment que les quatre responsables indépendantistes forment une "délégation commerciale néo-calédonienne", attribuant un rôle de représentation nationale à la mission du FLNKS.

    Boycott de l’ambassadeur français

    Problème : le mouvement de libération ne dispose d’aucune prérogative en matière de coopération économique régionale, à l’inverse du gouvernement calédonien, qui, lui, n’a reçu aucune invitation de la part des autorités vanuataises. "Un manque de respect", accuse Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie et du commerce extérieur, qui annonce par conséquent la suspension "de tous les travaux entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu relatifs à l’accord de coopération commerciale", entamés il y a plusieurs années.

    "Conformément à la loi organique, le président est la seule autorité compétente pour représenter la Nouvelle-Calédonie à l’extérieur", a également tenu à rappeler l’exécutif dans un communiqué, précisant que "la délégation actuellement présente à Port-Vila ne saurait être considérée comme une délégation officielle du gouvernement". "Les personnalités qui y participent, y compris celles exerçant par ailleurs des fonctions au sein du gouvernement calédonien, n’y interviennent pas en qualité officielle", ajoute-t-il, en référence à Mickaël Forrest, en charge de la jeunesse, des sports et de la culture au sein du 18e gouvernement.

    Même reproche du côté de l’État. Le haut-commissariat s’est, lui aussi, fendu d’un communiqué ce mardi 5 mai, pour rappeler que le gouvernement calédonien est la seule institution compétente "en matière de politique commerciale et de coopération bilatérale avec les États de la région". Il a également chargé l’ambassadeur de France au Vanuatu, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, d’indiquer aux autorités du Vanuatu "la nécessité de solliciter formellement l’exécutif calédonien pour permettre la constitution d’une délégation officielle". Aucune démarche en ce sens n’a, à ce jour, été entreprise par le gouvernement vanuatais. Par conséquent, le haut-commissariat annonce que Jean-Baptiste Jeangène Vilmer "ne participera à aucun des événements programmés" dans le cadre du forum.

    La colère de chefs d’entreprise

    L’incident diplomatique a suscité l’indignation d’une partie de la classe politique calédonienne. "Le Vanuatu se fout ouvertement de nous", a attaqué le député Nicolas Metzdorf, dans une publication Facebook. Le parlementaire voit, dans cette initiative de l’archipel voisin, une tentative d’ingérence et condamne l’invitation de Christian Tein, "leader de l’insurrection, qui a justement détruit le pays en question et qui est sous le coup d’une poursuite judiciaire".

    La venue du président du Front de libération a également déclenché la colère d’un certain nombre de chefs d’entreprise calédoniens, présents au forum. Conviés par le gouvernement vanuatais à la suite de la visite, il y a un mois en Nouvelle-Calédonie, d’une délégation emmenée par le ministre du commerce extérieur, ils n’étaient pas prévenus de sa participation. "La délégation FLNKS étant la seule présente, il n’est pas possible pour nous, à la suite des évènements qui ont détruit l’intégralité du tissu économique de notre pays, de poursuivre cette visite. Nous rentrons chez nous dans les plus brefs délais", a témoigné l’entrepreneur calédonien Xavier Cévaër, sur les réseaux sociaux.

    Le FLNKS s’est, pour l’heure, exprimé exclusivement sur la rencontre entre Christian Tein et le Premier ministre vanuatais, une "occasion pour les deux leaders de réaffirmer les liens qui unissent nos deux pays, sur le plan culturel, coutumier et politique, pour une Mélanésie libre de toute emprise coloniale". Élu en février 2025, Jotham Napat a parlé, quant à lui, d’un échange visant à réaffirmer "les liens profonds et historiques entre le Vanuatu et le peuple kanak de Nouvelle-Calédonie", ainsi que sa volonté de développer une "collaboration plus étroite à l’avenir" avec le mouvement de libération.

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