- AFP | Crée le 02.07.2026 à 10h05 | Mis à jour le 02.07.2026 à 10h05ImprimerLes dates des présidentielles de 2027 ont été entérinées lors du Conseil des ministres du mercredi 1er juillet. Le scrutin se tiendra les 18 avril et 2 mai. Photo AFP / Kenzo TribouillardLa prochaine élection présidentielle en France aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027, a indiqué mardi 30 juin une source au sein de l’exécutif. À peine connues, ces dates suscitent déjà une polémique, le second tour devant se tenir au lendemain de la Fête du travail, qui sera donc soumise à la règle du silence politique.
Ce calendrier a été préféré à l’autre option, qui plaçait le scrutin une semaine plus tôt, les 11 et 25 avril, précise le quotidien Ouest-France. En vertu de la Constitution française, le scrutin doit se tenir de 20 à 35 jours avant la fin du quinquennat actuel, le président Emmanuel Macron ayant entamé sa seconde présidence le 14 mai 2022. Il aura donc lieu durant les vacances de printemps et pour le second tour au lendemain de la fête du Travail.
Ces dates ont été "entérinées" mercredi 1er juillet par l’exécutif en Conseil des ministres, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, devant la presse.
Aucune solution n’est idéale, les vacances scolaires de printemps s’étalant, selon les zones, du 3 avril au 2 mai. L’option retenue permet de placer le tour décisif, entre les deux candidats finalistes, un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où "la troisième reviendra de vacances", justifie un proche d’Emmanuel Macron, estimant qu’il s’agit du "moment où on peut espérer le plus de participation".
Cela permet aussi de raccourcir au maximum le temps qui s’écoulera entre ce vote et la prise de fonctions du vainqueur, autour du 13-14 mai, plaide-t-il.
Le corollaire, c’est que le choix du futur président se fera le lendemain du 1er-Mai, journée de mobilisation syndicale aux accents souvent politiques. Or, la veille d’un scrutin, le code électoral prévoit une pause de la campagne et interdit donc "toute propagande officielle", "toute réunion électorale", "toute distribution de tracts", ou tout entretien d’un candidat dans les médias.
Plus largement, les camps politiques doivent s’abstenir de poursuivre les débats qui auront animé la campagne.
"Stratégie du chaos"
Candidat Les Républicains à l’Élysée, Bruno Retailleau s’est dit "en colère" face à ce choix. "Qu’on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position" du 1er-Mai "il n’y aura aucun écho politique", a-t-il lancé sur Europe 1 et Cnews. "Ce choix n’est pas neutre" et "pas normal sur le plan démocratique", a-t-il insisté.
Il a estimé que les manifestations syndicales de la Fête du travail étaient parfois marquées par des "débordements", soupçonnant l’exécutif d’adopter une "stratégie du chaos" et de faire "le choix de la gauche" qui "pense qu’un second tour après le 1er-Mai, ça l’avantagera". "Intuitivement j’aurais dit le contraire : s’il y a de la casse la veille du vote, ça peut favoriser les partisans de l’ordre", répond un conseiller de l’exécutif.
Le baron du Rassemblement national Sébastien Chenu a lui aussi déploré un choix "pas particulièrement judicieux". Devant l’Association des journalistes parlementaires, il a évoqué une "petite manœuvre" pour "voir le 1er-Mai les habituels opposants du RN bras dessus bras dessous" contre le candidat du parti lepéniste, s’il est qualifié pour le second tour comme le prédisent tous les sondages à ce jour. D’autant que ce jour-là, la formation d’extrême droite tient traditionnellement son propre meeting, ce qui ne sera "probablement pas" possible en 2027 en raison du "silence électoral", reconnaît Sébastien Chenu. Mais il a aussi prédit que "les Français sauront se placer au-dessus" de cette "vision politicienne".
"Une campagne plus longue"
À gauche, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bombard a expliqué à l’AFP que son mouvement avait "défendu" les dates les plus tardives, car elles "permettent d’avoir une campagne plus longue". Il a convenu que le camp de son candidat, Jean-Luc Mélenchon, "ne pourra évidemment pas prendre la parole le 1er-Mai".
La porte-parole du gouvernement a tenté de balayer la controverse. Les règles de silence politique la veille de la présidentielle "seront les mêmes que d’habitude", a martelé Maud Bregeon. "Faisons confiance à nos forces de l’ordre, faisons confiance, je l’espère, en la responsabilité aussi des forces politiques, qui appliqueront cette règle qui me semble évidente et importante du silence républicain qui précède les jours électoraux. Et ensuite, encore une fois, faisons confiance à l’intelligence des Français", a-t-elle dit.
Elle a rappelé que les dates avaient été choisies "en agrégeant l’ensemble des contraintes" et à la suite de "consultations" menées avec l’ensemble des partis politiques par le ministère de l’Intérieur.
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