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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 29.05.2026 à 07h16 | Mis à jour le 29.05.2026 à 07h16
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    Le Conseil constitutionnel a validé jeudi 28 mai l’élargissement du corps électoral pour les provinciales. La réforme permettra notamment à environ 10 500 natifs, qui jusqu’ici n’étaient pas inscrits sur les listes provinciales, de participer au scrutin du 28 juin. Photo archives LNC Baptiste Gouret
    À un mois des provinciales du 28 juin, le Conseil constitutionnel a validé ce jeudi 28 mai l’élargissement du corps électoral aux natifs non inscrits sur les listes provinciales. Une décision très attendue, sur un sujet au cœur des tensions politiques et institutionnelles depuis les émeutes de 2024. 10 500 natifs qui n'étaient pas autorisés à participers aux provinciales pourront voter le 28 juin.

    Le Conseil constitutionnel a validé jeudi 28 mai l’élargissement du corps électoral aux élections provinciales, un sujet sensible à quelques semaines de ce scrutin crucial qui se tiendra le 28 juin, et à l’origine des émeutes de 2024.

    Le Conseil était saisi automatiquement de la proposition de loi organique du sénateur Georges Naturel (LR, non-indépendantiste), adopté le 20 mai au Parlement.

    Crucial pour le pays, où les trois provinces concentrent beaucoup de compétences, le scrutin provincial repose sur un corps électoral "gelé", réservé aux personnes justifiant de dix ans de résidence en 1998 ainsi que leurs descendants, un héritage de l’accord de Nouméa de 1998.

    La question du corps électoral reste l’un des principaux points de fracture entre indépendantistes et non-indépendantistes en Nouvelle-Calédonie, deux ans après les violences qui avaient fait quatorze morts dans l’archipel.

    Or le périmètre et les conditions de son élargissement sont particulièrement sensibles et divisent indépendantistes et non-indépendantistes : les premiers craignent une dilution du vote kanak, les seconds l’exigent au nom de l’égalité devant le suffrage.

    Exercice d’équilibriste

    Le gouvernement, désireux d’ouvrir ce corps électoral, s’est appuyé sur la proposition de loi sénatoriale. Elle ouvre à certains "natifs" calédoniens, aujourd’hui privés de droit de vote (quelque 10 500 personnes actuellement), le droit de voter aux élections provinciales. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait notamment invoqué "une distorsion grandissante" et un "nombre d’exclus du corps électoral" passé de "moins de 8 % des Calédoniens en 1998" à "17 %" aujourd’hui.

    Le Conseil constitutionnel était dès lors confronté à un exercice d’équilibriste, ce qui n’est pas une première pour les textes concernant la Nouvelle-Calédonie : concilier l’esprit de l’accord de Nouméa et le suffrage universel, à valeur constitutionnelle.

    Il a estimé dans sa décision que les dispositions de loi organique "ne méconnaissent pas les orientations de l’accord de Nouméa".

    Ce à la fois parce que le législateur a conservé le "caractère restreint" du corps électoral, et qu’il a choisi des critères qui "font présumer" que les nouveaux électeurs "sont établis durablement" en Nouvelle-Calédonie.

    Mais aussi parce qu’il a tenu "compte des évolutions de la situation démographique de la Nouvelle-Calédonie" en vue d'"atténuer ainsi l’ampleur" des "dérogations aux principes d’universalité et d’égalité du suffrage". Le Conseil a notamment souligné que certains électeurs peuvent aujourd’hui voter aux consultations référendaires en Nouvelle-Calédonie mais pas aux élections provinciales.

    Pas les conjoints

    "Celles et ceux qui se cachaient derrière le risque constitutionnel avaient tort", s’est félicité le député loyaliste Nicolas Metzdorf (groupe macroniste Ensemble pour la République), dans un message écrit. "Les conjoints et les parents de natifs auraient dû être inscrits au même titre que les natifs", a-t-il toutefois regretté.

    Lors des débats le gouvernement et des députés macronistes avaient tenté d’ouvrir un peu plus le corps électoral, en y intégrant les conjoints unis depuis au moins cinq ans à un électeur. Mais l’amendement avait été rejeté d’un cheveu, sur fond de désunion du camp gouvernemental.

    Après trois reports, les provinciales auront lieu le 28 juin.

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