- Julien Mazzoni | Crée le 23.07.2026 à 18h00 | Mis à jour le 23.07.2026 à 18h00ImprimerLes huit candidates à l’élection de Miss Nouvelle-Calédonie ont été présentées au public en mai. L’une d’elles succédera le samedi 25 juillet à Juliette Collet. Photo Archives LNC / Baptiste GouretHuit candidates tenteront, le samedi 25 juillet, de devenir Miss Nouvelle-Calédonie 2026. Personnalité, culture générale, engagement… Le concours assure ne plus élire seulement une beauté. La taille minimum requise et le passage en maillot rappellent pourtant que l’apparence reste au centre de l’événement. Que demande encore ce titre aux femmes et que peut-il leur apporter ?
Juliette Collet n’avait jamais regardé Miss France ni Miss Nouvelle-Calédonie lorsque le comité lui a proposé de se présenter. L’idée de "catégoriser et de classer les femmes" lui déplaisait même franchement. Quelques mois et une place de première dauphine de Miss France plus tard, la Miss Nouvelle-Calédonie 2025 assure que si c’était à refaire, elle recommencerait "clairement".
Sa couronne lui a donné une voix, de la visibilité et des opportunités qu’elle n’aurait sans doute pas obtenues aussi vite. Mais, il n’a pas levé toutes ses réserves. À ses yeux, par exemple, le passage en maillot de bain est aujourd’hui "complètement désuet". Son parcours résume assez bien le paradoxe qui planera au-dessus de l’élection de sa successeure, samedi soir.
Huit candidates âgées de 17 à 27 ans monteront sur la scène installée dans les jardins du Nouméa Resort & Spa (ex-Méridien). Le spectacle, retransmis en direct sur NC La 1ère, débutera à 20 heures avec un couronnement attendu vers 22h30. Le public comptera pour moitié dans le résultat, grâce aux votes envoyés par SMS depuis le 1er juin. Le jury accueillera notamment Maëva Coucke, Miss France 2018. Stella Le Van Hao, présidente du comité, précise que c’est l’ancienne reine de beauté qui posera la couronne sur la tête de la gagnante, comme l’avait fait Indira Ampiot, Miss France 2023, sur celle de Juliette Collet l’année dernière.
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Bien plus qu’un défilé
Placée sous le thème "Voyage en beauté", la soirée mettra en scène plusieurs destinations desservies par Aircalin, marraine de l’élection. Le concours de créateurs, lui, sera consacré à la tenue des hôtesses de l’air de la compagnie.
La préparation des candidates ne s’est pas limitée à leur apprendre à défiler. Elles ont travaillé leur prise de parole et leur culture générale, participé à plusieurs événements publics et choisi chacune une association à soutenir. Samedi, elles devront également répondre à une question sur scène.
Car Stella Le Van Hao insiste : la future Miss doit savoir représenter la Nouvelle-Calédonie bien au-delà des podiums. "Ce qu’on recherche chez une Miss, c’est une femme avec une personnalité, une forme de caractère", explique-t-elle. La présidente du comité cite le charisme, la bienveillance et "l’intelligence émotionnelle", c’est-à-dire la capacité à maîtriser ses émotions et à aller vers les autres.
À ces qualités s’ajoute, selon elle, une curiosité pour les cultures du pays. "Les candidates sont Polynésiennes, métissées, Européennes, Asiatiques… C’est ça la Nouvelle-Calédonie", souligne-t-elle. La gagnante doit être capable d’écouter, de comprendre et de valoriser cette diversité.
Juliette Collet le dit, elle a été sensible à cette question de représentation. Lorsqu’elle hésitait encore à se présenter, elle regrettait de ne pas voir davantage de jeunes femmes métisses lui ressemblant. "Au lieu de répéter que ce serait bien, je me suis dit vas-y, fais-le !" Après les émeutes de 2024, elle voulait aussi apporter un peu d’insouciance, "des sourires, sur un sujet qui ne divise pas. Les petits y voient une princesse, pour les grands c’est un sujet plus léger", estime-t-elle.
Le physique n’a pas disparu
Le dossier de présentation du concours le mentionne : "Il ne suffit pas d’avoir un potentiel physique et esthétique." Mais certains critères demeurent. La taille de chaque candidate figure toujours sous son portrait officiel, toutes mesurent au moins 1,70 mètre et le passage en maillot de bain reste au programme. Les jeunes femmes ont aussi suivi des ateliers de maquillage, de coiffure et de marche avec des talons de 10 à 12 centimètres.
Cette place accordée au physique, Stella Le Van Hao ne la nie pas. "On se voit d’abord, on se juge par le physique", observe-t-elle, tout en rappelant que la beauté reste subjective. Elle défend aussi le courage des candidates, qui acceptent de s’exposer au regard et parfois aux critiques du public. "La plupart ne sont pas des personnes qui ont envie de montrer leur corps. Elles ont envie de montrer l’élégance de la femme d’ici."
Selon la présidente, les réseaux sociaux ont également fait évoluer le concours. Les candidates n’y apparaissent plus seulement sur des photographies soigneusement préparées, elles y parlent de leurs goûts, de leurs activités et de leurs engagements, répondent au public et dévoilent leur personnalité.
Mais cette exposition reste encadrée. Stella Le Van Hao assure que rien n’est imposé à la gagnante concernant sa façon de s’habiller ou son image. "C’est un échange entre nous", affirme-t-elle. Juliette Collet nuance cependant. Pendant la préparation, explique la jeune femme, les publications étaient étroitement surveillées afin d’éviter un faux pas susceptible de compromettre la participation à Miss France. Elle ajoute avoir retrouvé une plus grande liberté une fois élue, tout en respectant les engagements pris par le comité auprès de ses partenaires.
"La beauté reste la porte d’entrée"
Pour Maud Le Bar, formatrice à l’égalité entre les femmes et les hommes et présidente de l’association La Tresse NC, la place accordée à la personnalité et aux engagements constitue une avancée, mais ne change pas complètement la nature du concours.
"Les hommes peuvent accéder à des positions de représentation sans que leur apparence physique soit le critère central. Pour les femmes, la beauté reste encore très souvent la porte d’entrée vers la visibilité", estime-t-elle. Les candidates ont des compétences, des convictions et des parcours personnels, insiste-t-elle, mais doivent d’abord correspondre à un certain idéal physique pour les faire valoir dans ce cadre.
Cette critique n’efface pas ce que les participantes retirent de l’expérience. Juliette Collet parle d’un "tremplin" qui lui a apporté de la visibilité, mais aussi une certaine crédibilité. "Les gens me connaissent maintenant. J’ai la possibilité de mener des projets et d’être reconnue et soutenue." Tout en mesurant le risque d’être enfermée derrière sa couronne. "Ceux qui ne connaissent pas Juliette Collet, pour eux, c’est la Miss", même si, pour le moment, affirme-t-elle, cette image ne lui pèse pas.
Maud Le Bar estime que l’on peut soutenir les candidates tout en portant un regard critique sur le concours. "Il est important de distinguer les femmes du système dans lequel elles évoluent." Confiance, aisance à l’oral, réseau et possibilités professionnelles sont de véritables acquis. Mais, "le fait qu’une expérience soit enrichissante individuellement ne signifie pas que le cadre dans lequel elle se déroule échappe à toute critique. Les deux peuvent être vrais en même temps."
C’est bien là tout le paradoxe de ce genre de concours, qui donne à ces jeunes femmes une voix tout en faisant de leur apparence la première condition pour pouvoir la faire entendre.
Les huit candidates

Melody Tisserand Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-Calédonie
Alizé Clemenceau Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieAlizé Clemenceau, 19 ans, 1,70 m

Luna Lopes Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieLuna Lopes, 21 ans, 1,70 m

Estelle Talatini Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieEstelle Talatini, 27 ans, 1,72 m

Vaea Mercier Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieVaea Mercier, 19 ans, 1,74 m

Lana Prost Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieLana Prost, 17 ans, 1,75 m

Havaiki Berteau Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieHavaïki Berteau, 23 ans, 1,71 m
Mélody Tisserand, 25 ans, 1,70 m

Eileen Fichter Youll Photo/Comité Miss Nouvelle-CalédonieEileen Fichter, 18 ans, 1,71 m
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