Lifou
  • | Crée le 25.12.2010 à 17h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 20h21
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    Ignace Milie est le premier père mariste kanak. Il a été ordonné le 11 décembre. Dimanche dernier, il célébrait sa première messe en l'église Saint Jean-Baptiste de Nathalo, où il a été baptisé il y a une trentaine d'années.

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    Lundi 13 décembre : Prêtre à l'emploi

    Ordonné prêtre le 11 décembre en la cathédrale Saint-Joseph de Nouméa, Ignace Milie, 34 ans, est le premier père mariste kanak. Dimanche 19 décembre, il a célébré sa première messe en l'église Saint Jean-Baptiste de Nathalo, là même où il avait été baptisé. Malgré la pénurie d'essence, les fidèles sont venus nombreux à cette célébration qui s'est prolongée par des baptêmes d'enfants. Tout le monde s'est ensuite retrouvé autour d'un copieux repas.

    Vocation. Après les célébrations de Noël, il rejoindra sa paroisse, à Pouébo-Balade. Tous les diacres et catéchistes de Lifou étaient présents, ainsi que deux séminaristes, Jean-Patrick Callega (côte Est) et Cyriaque Bong (Ambrym, Vanutau), invités par la famille Milie. Il y avait aussi des délégations du Nord, de Canala, de Nouméa et du Grand Nouméa. Sa vocation, Ignace Milie la doit à des rencontres, à sa famille et aux épreuves de la vie. Comme il aime à le raconter, « c'est à travers la maladie que j'ai forgé ma relation avec Dieu. Une première opération à 14 ans, une autre à 16 ans, m'ont amené à faire une promesse devant le bloc opératoire : si je m'en sors, je deviendrais un serviteur de Dieu. »
    À 17 ans, une nouvelle fois confronté à la maladie et à la douleur, pensant ne jamais se réveiller d'une anesthésie générale, le jeune homme réitère sa promesse une troisième fois et s'engage à la tenir. Il est alors en seconde au lycée Blaise-Pascal. « Je suis allé voir le père Georges Sao qui m'a dit que j'étais trop jeune pour m'engager. Il m'a conseillé de finir mes études, d'effectuer mon service militaire et de travailler une année. » En somme, quatre ans de réflexion.

    C'est à travers la maladie que j'ai forgé ma relation avec Dieu.

    Ignace Milie boucle ses études et effectue ensuite son service militaire à Nouméa. Une année rythmée par les sorties et les fêtes, jusqu'au jour où il écope de « quarante jours de trou » : quarante jours d'isolement pendant lesquels il va lire le Nouveau Testament offert par le père Jacob et se rappeler ses trois promesses.
    C'est là qu'il renoue avec sa vocation. « Comme on me l'avait demandé, j'ai travaillé une année à  Lifou, tout en m'impliquant dans la catéchèse et dans la vie de la paroisse de Nathalo. »

    Médiateur. En 2000, à 24 ans, le futur prêtre entre en préséminaire à Saint-Léon de Païta. Puis, de 2001 à 2008, il fait son séminaire à Suva (Fidji). De cette période, le père Ignace Milie garde un souvenir fort, de grande richesse culturelle. « On a appris à travailler ensemble, à se comprendre et à dépasser les difficultés, malgré nos cultures différentes. Les Calédoniens s'intègrent bien car ils ont déjà l'expérience du destin commun. »
    Dans la paroisse de Pouébo-Balade où il officie depuis un an déjà, il poursuivra son engagement. Souvent médiateur, il aime à rappeler à ses paroissiens qu'il faut « avancer avec ses convictions, sans se préoccuper des critiques ».

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