Lifou
  • | Crée le 08.01.2011 à 17h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 20h22
    Imprimer
    L'unité d'hémodialyse de proximité de Lifou permet à treize malades souffrant d'insuffisance rénale de vivre normalement, sans quitter leur île. Avec les chaleurs de l'été, leur maladie est encore plus lourde à porter.

    Lorsque les reins n'assurent plus leur fonction d'épuration, la médecine doit prendre le relais. À Lifou, et sur l'ensemble du pays, l'Association de prévention et de traitement de l'insuffisance rénale (Atir) assure le suivi des malades.
    L'unité d'hémodialyse de proximité (UHP) de Lifou a été ouverte en 2001. Elle permet aux malades de continuer à vivre chez eux malgré la maladie. Actuellement, treize patients sont suivis à l'unité d'hémodialyse située à Wé, à proximité du dispensaire. Pour fonctionner, le centre se repose sur une logistique bien rodée : entretien des machines, livraison des produits, hygiène des locaux, transport des patients et livraison de repas adaptés à leur maladie. Toutes les cinq semaines, un médecin néphrologue (spécialiste des reins) se déplace à Lifou pour le suivi des patients.

    Contrainte. Deux infirmiers spécialisés permettent à la structure de fonctionner six jours sur sept. « Chaque patient vient trois fois par semaine, selon un planning défini, pour des séances qui durent entre quatre heures et cinq heures et demie par jour, explique Gildas Le Bolloc'h, l'un des deux infirmiers. Le principe de l'hémodialyse est d'assurer les fonctions de filtration et d'excrétion à la place des reins défaillants. La machine filtre le sang et le restitue débarrassé de ce que les reins auraient évacué. »
    Cette contrainte de temps passé au centre d'hémodialyse s'accompagne d'un régime draconien. Première contrainte, la restriction hydrique, autrement dit la nécessité de limiter ses boissons. En cette période de fortes chaleurs, les dialysés doivent se contenter d'un demi-litre d'eau par jour. « Leurs reins n'évacuant plus l'eau, elle est stockée dans le corps, d'abord dans les tissus, puis dans les alvéoles pulmonaires, ce qui peut provoquer un œdème pulmonaire, précise l'infirmier. Mais généralement, avec les traitements qu'ils prennent, les patients ont de moins en moins soif. »

    Je fais attention à mon alimentation au quotidien, mais au moment des fêtes, on gère sur place.

    Antoine, dialysé depuis de nombreuses années, livre ses astuces : « Comme on n'évacue plus l'eau, il faut faire attention. Je bois souvent, mais de petites quantités. On peut aussi sucer un glaçon, se rafraîchir le visage, et surtout éviter de sortir en pleine chaleur. » Les malades sont également soumis à un régime sans sel, car ce dernier donne soif et retient l'eau.

    Complications. Pour tous les dialysés, la période des fêtes est un moment difficile à passer. Comme le corps n'évacue plus les déchets via les reins, il faut limiter les apports pour éviter les excès de phosphore, de calcium, de potassium ou de graisses.
    Des médicaments sont prescrits, mais ils doivent être associés à un régime particulier. Un excès de potassium, par exemple, provoque des contractions musculaires et des risques de blocage du cœur. Or, il est présent dans les bananes, le chou, le chocolat, le café lyophilisé et les légumes secs. Les graisses sont également à éviter en raison des complications cardio-vasculaires.
    Jean-Yves, dialysé depuis 2003, est réaliste mais reste philosophe : « Je fais attention à mon alimentation au quotidien, mais au moment des mariages et des fêtes de fin d'année, on gère sur place, on évite les abus : ça demande une attention constante. Les séances de dialyse prennent beaucoup de temps, et quand on en ressort, on est parfois épuisé, alors on ne peut pas vraiment prévoir nos activités. Il faut vivre avec. »

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS