Lifou
  • | Crée le 17.12.2010 à 17h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 20h20
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    Depuis vendredi, les stations-service de Lifou sont désespérément vides. En cause, une panne de moteur du Laura III. Au-delà des désagréments pour les particuliers, la situation inquiète les autorités, qui ont mis en place une cellule de crise.

    Suite à une panne apparemment plus importante que prévue sur un moteur du Laura III, les rotations ne peuvent plus s'effectuer. Et les cuves d'essence et de gasoil de Lifou sont quasiment vides : une situation alarmante, qui a conduit les autorités à constituer, hier, une cellule de crise. L'État, la Province des Îles, la commune de Lifou, ainsi que les sociétés EEC, pour l'électricité, et Socometra, pour l'eau, ont dû établir des priorités, face à la crise imminente.

    Vital. La priorité absolue est de maintenir l'approvisionnement de la centrale électrique EEC. En effet, elle est le poumon vital de l'île. D'elle, dépend l'alimentation en eau (stations de pompage), mais aussi le fonctionnement des dispensaires, du centre de dialyse et des magasins, notamment pour la conservation des aliments.
    Le Laura III est le seul bateau habilité par la SSP (Société des services pétroliers) à approvisionner les îles en carburant. La Stîles (Société de transport des Îles) ne pouvant apparemment pas donner de garantie sur la reprise des rotations, un accord a été conclu, entre la SSP et la CMI (Compagnie maritime des Îles) pour une rotation exceptionnelle.
    Cette rotation est programmée lundi prochain pour approvisionner Maré, Lifou et Ouvéa. Une mesure d'urgence, qui permet, à quelques jours près, d'éviter une coupure générale d'électricité.

    Chacun est appelé à limiter ses déplacements et à prendre son mal en patience.

    La priorité, pour la cellule de crise, reste de « sauvegarder les parties vitales de l'île ». La mairie annonce d'ores et déjà qu'il n'y aura pas de ramassage des ordures ménagères, ni vendredi, ni lundi. Dans ce contexte, « chacun est appelé à limiter ses déplacements et à prendre son mal en patience. »
    Affichée mercredi matin à l'entrée des magasins, l'annonce d'une issue possible est accueillie avec soulagement, certes, mais sans grand enthousiasme. Dans le meilleur des cas, il faudra encore se débrouiller sans essence pendant presqu'une semaine.
    Et les commentaires vont bon train : « On nous prend en otage avec ces histoires de bateau. Et qui s'en préoccupe ? On dirait que les problèmes des îles ne sont pas une priorité ! »

    Approvisionnement. En raison de ces voyages exceptionnels effectués à la demande de la SSP, les rotations de fret et de passagers du Havanna sont reportées au mercredi 28 décembre. Un problème pour les magasins et les particuliers qui comptaient sur une rotation avant Noël.
    « Les deux compagnies pourraient se partager le marché, que ce soit pour le fret ou le carburant. Entre Lifou, Maré, Ouvéa, Tiga et l'île des Pins, il y a de quoi faire ! Au lieu de ça, on se retrouve à la merci de leurs rivalités. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose, parce que ce genre de situation va forcément se répéter », lance un habitant excédé.
    Cette crise, qui n'est pas encore résolue, rappelle encore une fois que la situation des îles est fragile, et que la continuité territoriale est un réel enjeu pour le gouvernement.

    Angélique Rouqié et Raymond Busnel

    Une solution et des problèmes

    La CMI (Compagnie maritime des îles) d'Arnold Lèques a donc été sollicitée par la SSP (Société des services pétroliers) pour effectuer une rotation exceptionnelle à destination des Loyauté.
    Une demande à laquelle a accédé le patron de la compagnie, non sans faire montre d'une colère contenue « Le Laura III est tombé en panne le lundi 6 décembre. J'ai téléphoné à la SSP le lendemain pour faire savoir que j'avais « une fenêtre de tir » le jeudi. Cela permettait à la fois de transporter tout le fret des îles pour Noël et de les ravitailler en carburant à hauteur d'environ 30 % de leurs besoins. Je n'ai pas eu de réponse », déplore Arnold Lèques.
    Et le patron de la CMI de poursuivre, évoquant le marché attribué à son concurrent : « Quant au gouvernement, il brille par son absence dans ce dossier. Pourtant, le 22 octobre dernier, Philippe Germain a déclaré qu'il provoquerait une réunion la semaine suivante sur le sujet… J'attends encore. »
    Toujours est-il que le Havanna, de retour du Vanuatu dimanche, remplira ses cuves pour prendre la mer à destination de Maré (lundi), Lifou (mardi) et Ouvéa (mercredi). De son côté, l'île des Pins sera ravitaillée vendredi matin.
    Pour autant, cette rotation inopinée n'est pas sans poser problème. En effet, la rotation habituelle fret-passagers du Havanna est repoussée au 28 décembre. Ce qui fait dire à Arnold Lèques, « nous nous occupons de rerouter les passagers sur les liaisons aériennes. Mais qui paiera le surcoût de cette opération ? Certainement pas nous ! »
    Enfin, jointe au téléphone pour connaître la nature exacte de la panne et la durée de l'indisponibilité du Laura III, la direction technique de la Stîles n'a pas souhaité s'exprimer.

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